Chasse à courre : stop à la barbarie !

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(photo de Justin Holding)

Ce samedi 31 mars, grâce au collectif AVA (Abolissons la Vénerie Aujourd’hui), près de 1000 personnes se sont réunies sur Compiègne, haut lieu de la vénerie, pour fêter la fin de la saison de la chasse à courre (octobre-mars) : il s’agissait d’habitants de la région mais aussi de gens venus de Lille, de Bretagne ou encore de la région parisienne, comme moi. Dans le cortège, plusieurs Compiégnois m’ont expliqué que beaucoup de gens du coin, qui partageaient nos convictions, ne rejoindraient pourtant pas la manifestation, par peur des conséquences que cela engendrerait sur leurs relations sociales à Compiègne 😦

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10 heures : manifestation pacifiste dans les rues de Compiègne

Pendant deux heures, nous avons manifesté dans la ville en brandissant des banderoles et des pancartes aux messages chaleureux (« cerf-moi fort »), endeuillés (« je suis l’animal supplicié ») ou volontaristes (« ils ont les armes, on a les arguments », « vénerie abolition », « le moyen-Âge c’est fini ! », « chassons la cruauté »).

Dans le cortège se trouvaient des femmes aux cheveux ornés de fleurs, des enfants, des personnes âgées, des punks, des amoureux de la nature, des anarchistes, des écologistes, des végétariens et des vegans, des associations (Ligue de Protection des Oiseaux, One Voice…). Si les forêts n’étaient traversées et explorées que par ce genre d’humains, l’existence des animaux sauvages serait idyllique ou presque… 🙂

Notre marche sur Compiègne s’est terminée par un sympathique rassemblement sur la place de l’Hôtel de Ville, avec un stand de restauration végane et un petit concert de musique.

(ci-dessous, trois photos de Justin Holding, les autres photos qu’il a prises sont réunies ici)

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14 heures : expédition en forêt pour sauver le cerf de la mort

En début d’après-midi, lorsque nous avons appris que la dernière chasse à courre de la saison avait justement lieu ce jour, 150 d’entre nous ont rejoint la forêt avec AVA pour tenter de sauver le cerf tristement désigné. Avec pour seules armes notre empathie et notre sang-froid, nous avons investi les bois et perturbé, toute l’après-midi, les équipages (chasseurs à cheval et meutes de chien) pour empêcher le massacre.

Quoi qu’il en soit, ne l’oublions pas, le cerf aura été traqué et terrorisé par les chasseurs pendant de longues heures… 😦

Vers 17 heures, les bourreaux sont parvenus à coincer le cerf au bord d’un tout petit lac, dans lequel l’animal s’est lancé pour échapper à la torture. La préfecture a fait déplacer en urgence des dizaines de CRS qui nous ont formellement et physiquement interdit l’accès à la propriété privée et au point d’eau concerné. Finalement, en fin d’après-midi, la confrontation tenace entre les militants et les CRS, ainsi qu’une longue négociation entre l’Office National des Forêts et les chasseurs, ont débouché sur une très bonne nouvelle : vers 18 ou 19 heures, la préfecture a officiellement annoncé que le cerf était gracié.

VICTOIRE ! 

Un résumé vidéo de la journée en 9 minutes (merci Lucie Htlin) :


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Foutons la paix aux animaux de la forêt !

Le cerf est parfois appelé le « roi de la forêt ». Malheureusement, à Compiègne, les cerfs ont toujours connu l’extrême angoisse de la chasse à courre, cette tradition barbare pratiquée par des humains orgueilleux, avides de puissance et de violence.

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La chasse à courre consiste à acculer l’animal innocent pendant des heures avant de le tuer brutalement à l’arme blanche ou de laisser les chiens le dévorer vivant. Les chevreuils, les sangliers, les renards et les lièvres connaissent parfois le même sort que les cerfs…

Si elle est interdite en Allemagne depuis 1936, en Belgique depuis 1995 et en Grande-Bretagne en 2005, la chasse à courre est toujours autorisée et allègrement pratiquée en France. Elle démarre en octobre et se poursuit jusqu’en mars. Les chasseurs terrorisent et massacrent donc les animaux pendant six mois de l’année, deux fois par semaine, pour leur bon plaisir !

Les Français ne sont pourtant pas tous des pervers. 85 % d’entre eux sont clairement opposés à cette tradition cruelle.

En octobre 2017, un cerf a été acculé et sacrifié au beau milieu d’un village de la zone de Compiègne, sous l’œil effaré d’habitants qui n’ont pas pu le supporter. Leur colère a rapidement atteint, grâce aux réseaux sociaux, un grand nombre de cœurs tendres. C’est ainsi qu’un honorable mouvement de désobéissance civile est né pour veiller sur les animaux de la forêt : Abolissons la Vénerie Aujourd’hui.

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Tous les animaux souffrent de la chasse à courre 

Les aristocrates qui pratiquent la chasse à courre ne se contentent pas de terroriser les animaux sauvages. Ils dénigrent ou maltraitent également les animaux dont ils ont la charge. Ainsi, leurs chiens de meute sont entassés dans des chenils toute l’année ; ils subissent les coups de fouet, sont souvent blessés et percutent parfois mortellement des voitures lors des chasses ; ils sont finalement euthanasiés quand ils ne sont plus efficaces. Les chasseurs ne se sentent pas plus concernés par le bien-être de leurs chevaux : ces derniers sont épuisés par les courses et finissent à l’abattoir quand ils ne font plus l’affaire. Les adeptes de la chasse à courre ne considèrent leurs chiens et leurs chevaux que comme des instruments, des outils.

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Pour aller plus loin :

Pour un réensauvagement de notre belle et vieille Terre

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(un Tabebuia impetiginosa – ou « arbre sacré des Incas » – en fleurs, photographie de Yann Arthus Bertrand, Guyane Française)

Les scientifiques sont formels : notre belle et vieille Terre vient d’entrer dans la sixième crise d’extinction des espèces. Le nombre d’animaux sauvages a diminué de moitié au cours des 40 dernières années. Notre planète n’avait pas connu une telle situation depuis la disparition des dinosaures…

Tandis que les cinq précédentes crises d’extinction des espèces étaient dues à des catastrophes naturelles (chutes de météores, éruptions volcaniques…), l’actuelle crise d’extinction des espèces a pour cause l’activité humaine.

L’Homme a littéralement vandalisé la planète en un temps record : surpopulation, pollution, déforestation, fragmentation des habitats des espèces, exploitation des espèces (chasse, pêche…), épuisement des ressources, réchauffement climatique, ou encore introduction artificielle d’espèces invasives qui entravent le développement d’autres espèces.

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Et ce n’est pas fini : nous sommes 7,5 milliards d’humains sur Terre en 2018 et ce chiffre devrait dépasser la barre des 11 milliards d’ici 2100. Les scientifiques sont clairs : si on ne fait rien, l’espèce humaine sera prochainement quasiment seule sur Terre… Glauque !

Seule solution : créer rapidement de nombreuses réserves et zones protégées pour limiter les dégâts. Plusieurs espaces ont ainsi été créés depuis 2010 (exemples : la réserve naturelle Termit Tin Toumma au Niger, le parc national de Yaguas au Pérou). Mais selon les écologistes, ce qui est mis en place manque cruellement d’ambition : on se borne à définir quelles espèces protéger en priorité au lieu de s’organiser pour sauver au moins la moitié des espèces sauvages…

Depuis quelques années, le célèbre biologiste et naturaliste américain Edward Osborne Wilson prône ainsi un plan de grande ampleur pour stopper l’affreux processus : réserver la moitié de notre planète à la vie sauvage. En somme, il s’agit clairement et simplement de réensauvager la Terre. Il a consacré un ouvrage à ce projet, publié en anglais en 2016 : Half-Earth, Our planet Fight for Life (ce qui signifie : « la moitié de la Terre, le combat de notre planète pour la vie »).

Edward Osborne Wilson

Si, dans le passé, E. O. Wilson a parfois suscité la controverse en raison de sa vision anthropocentrée de la nature (grosso modo, il a longtemps considéré qu’il fallait protéger la nature en tant que puits de ressources nécessaires à l’être humain), il a dorénavant évolué vers une dimension qui prend en compte la valeur intrinsèque des animaux et de la nature.

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L’exemple inspirant du Costa Rica

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(le Dynastes hercules – le plus gros scarabée rhinocéros du monde – fait partie des nombreux insectes qui s’épanouissent au Costa Rica)

Depuis 1948, le Costa Rica, situé en Amérique centrale, est un pays neutre (sans armée) qui a choisi de donner la priorité à l’éducation, à la santé et à l’environnement. Pays de forêts pluviales, de volcans et de mangroves, le Costa Rica pratique une politique active de développement des énergies durables et de protection de ses ressources naturelles. 30 % du territoire sont occupés par des parcs nationaux et des réserves. En outre, 50 % de la surface du pays sont recouverts de forêts (contre 20 % il y a 20 ans). Les grands propriétaires qui ne coupent pas leurs arbres sont récompensés financièrement par l’État.

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On trouve ainsi au Costa Rica une diversité exceptionnelle (largement favorisée par le fait que le Costa Rica est un corridor naturel pour les animaux qui se déplacent entre l’Amérique du Sud et l’Amérique du Nord). Le pays abrite énormément d’espèces de papillons, d’araignées, d’oiseaux, de reptiles et de mammifères. L’éco-tourisme s’y est ainsi énormément développé.

Tout n’est toutefois pas rose au Costa Rica. Voici quelques exemples qui font grincer des dents :

  • déforestations illégales
  • braconnage (de requins par exemple)
  • centres touristiques qui remplacent la faune et la flore par le béton
  • utilisation de pesticides
  • système de traitement des eaux usées pas du tout au point (75 % des eaux usées sont déversées dans les rivières et dans la mer)
  • recyclage des déchets peu pratiqué par les chaînes hôtelières

On sait néanmoins que le pays, en adoptant le programme « Paix avec la nature » en 2007, s’est fixé comme objectif de devenir une nation neutre en CO² en 2021 (la Norvège et les Maldives ont le même objectif). En outre, les jeunes costaricains se montrent très sensibles à l’environnement et militent avec ferveur pour une protection maximale de la biodiversité dans leur pays.

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(vipère de Schlegal ou Bothriechis schlegelii, présente au Costa Rica)

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Pour aller plus loin :

  • pour en savoir plus sur la zone de conservation de Guanacaste au Costa Rica, ça se passe ici
  • un article du Monde sur la sixième crise d’extinction des espèces est disponible en lecture libre ici
  • vous trouverez les magnifiques photos de Matthieu Berroneau sur son site internet
  • de même, vous trouverez une galerie des photos de Gerardo Colaleo ici
  • voici l’avis mitigé sur la politique écologiste du Costa Rica d’une blogueuse qui a investigué sur place

Désarmée et désarmante, Hermien, tu as gagné la bataille

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(à gauche, Hermien dans son nouvel abri)

Il y a 2 mois, Hermien, adorable limousine de 3 ans et demi, était amenée à la mort. Avec sa camarade Zus, elles réussissent à s’enfuir de l’abattoir et Hermien se cache en forêt. Rapidement, l’information circule et traverse les frontières. Une ample vague d’empathie et de solidarité naît chez les Néerlandais, qui demandent à cor et à cri à ce qu’Hermien soit épargnée et recueillie dans un lieu de repos. Pendant ce temps, Hermien reste planquée dans les bois…

L’affaire fait le tour de la toile. Le Parti pour les animaux des Pays-Bas lance une campagne de financement participatif, récoltant 50 000 euros pour offrir à Hermien une douce retraite dans un refuge. Même la famille royale a apporté son soutien à la douce créature : « nous devons sauver la vache Hermien », « achetons-la ensemble pour lui offrir la liberté ».

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Apeurée, se sentant traquée, Hermien refuse longtemps de se laisser approcher par les vétérinaires et les gens de la région. Elle restera ainsi 8 semaines dans les bois, ne quittant la forêt que la nuit, pour se nourrir près des habitations, dans les étables. Voici quelques images :

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Mais le dimanche 11 février, le vétérinaire parvient à la capturer. Hermien est artificiellement endormie et emmenée jusqu’au refuge De Leemweg, au nord des Pays-Bas, où elle a retrouvé sa compagne de cavale, Zus, et pu se faire de nouvelles camarades. Voici les images de son arrivée à bon port :

Le sanctuaire s’est ainsi exprimé : « Hermien, qui s’est battue pour sa vie, est enfin à la maison, après un chemin long, solitaire et stressant vers la liberté ».

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Ne l’oublions pas, les animaux ont une vie, et aiment la vie : ils aiment jouer, aiment construire leur habitat, aiment prendre soin de leurs petits, aiment vivre en famille, aiment faire des rencontres, aiment se promener dans la nature, aiment profiter de la caresse du soleil, aiment utiliser leurs talents, aiment faire des expériences, aiment apprendre. Ce sont des INDIVIDUS, et pas de simples représentants de leur espèce. L’exploitation dont ils sont victimes, parfois dans la violence, toujours dans l’inconfort, et toujours à des fins égoïstes et lucratives (élevages, cirques, delphinariums…), les rendent malheureux, et parfois fous (stéréotypies). Ils s’enfuient dès qu’ils le peuvent. Malheureusement, cela se termine parfois très mal. Dernier cas français médiatisé en date : en novembre 2017, la tigresse Mevy a été abattue avec un fusil à pompe en plein Paris par son propriétaire Eric Bormann, alors qu’elle avait eu le cran, malgré l’inconnu, malgré le stress, de fuir le cirque dont elle était prisonnière.

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Pour aller plus loin :

  • Eric Baratay est un historien spécialisé dans l’Histoire des animaux. Il fait un travail remarquable, nécessaire et bouleversant. Son intelligence tient à sa capacité à se mettre à la place des animaux et à raconter l’Histoire en empruntant leur « point de vue » : en décrivant leurs habitudes, leurs inquiétudes, leur détresse et leurs drames, intimement liés à ceux des humains. Il a écrit plusieurs bouquins, dont Bêtes des tranchées, des vécus oubliés en 2013 et Biographies animales en 2017

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  • On compte 3 millions d’animaux tués chaque jour en France, et 160 millions dans le monde (sans compter les 3 milliards de poissons…). Fermons les abattoirs est un événement important. Il s’agit d’une marche internationale (dans de nombreux pays, plus nombreux chaque année) qui a lieu tous les ans. Cette année, elle aura lieu le samedi 9 juin.

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La sagesse animiste des Palawans

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(enfant palawan, photo de Pierre de Vallombreuse)

Si vous aimez la photographie et que vous vous intéressez aux populations autochtones et/ou animistes, n’hésitez pas à aller découvrir, au musée de l’Homme et jusqu’au 02 juillet 2018, la magnifique exposition du photographe Pierre de Vallombreuse consacrée aux Palawans !

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En bourlinguant aux quatre coins du monde, Pierre de Vallombreuse s’est spécialisé dans la rencontre des peuples autochtones (il en a rencontré plus de 40). Depuis de longues années, il rend régulièrement visite aux Palawans, une population de chasseurs-cueilleurs qui vit sur l’île du même nom, au sud-ouest des Philippines. Il explique : « J’ai été submergé, ébloui par cette société vraiment passionnante et très poétique ».

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Grâce aux superbes photographies en noir et blanc de l’artiste, on découvre le mode de vie fascinant d’une ethnie qui a tissé une relation tout à fait privilégiée avec la nature. Ils savent imiter de nombreux chants d’oiseaux (l’île de Palawan abrite plus de 400 espèces d’oiseaux, dont certaines sont endémiques de ce lieu) et invoquent par exemple, lors de leurs rituels chamaniques, des entités telles que le « maître des fleurs », le « maître du riz » ou la « dame de la mousson ». Leur vision du monde, totalement respectueuse des ressources naturelles et de la biodiversité, devrait servir de leçon aux sociétés modernes…

La société des Palawans, sans hiérarchie, est fondée sur l’échange, le partage et l’empathie. Les Palawans se réfèrent quotidiennement à un droit coutumier.

Ce qu’il faut savoir : les Palawans ne sont pas propriétaires et sont donc très vulnérables, régulièrement menacés de perdre leurs terres. Des entreprises rachètent par exemple les zones sur lesquelles ils vivent, pour y développer la culture d’huile de palme ou de cacao. Quelques associations, comme Art of Change 21, travaillent à une meilleure protection du mode de vie palawan.

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Pour aller plus loin :

  • une conférence autour de l’exposition aura lieu au musée de l’Homme le 24 mars à 15h, les informations pratiques de cette conférence se trouvent ici
  • Pierre de Vallombreuse a un site officiel : ici
  • Pierre de Vallombreuse a également une page Facebook : ici
  • « Le Monde » a consacré un beau portrait à l’artiste en 2008 : ici
  • quelques mots sur l’île de Palawan : ici

Les animaux dans l’art : chanter leur beauté sans les tuer, les brimer ou les avilir

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(insecte en bambou, patiemment et amoureusement confectionné par Noriyuki Saitoh)

Dans le rapport que l’espèce humaine entretient avec l’animal sauvage, amour rime souvent avec instinct de possession et instinct de destruction. Les animaux ont toujours été physiquement exploités, emprisonnés, voire massacrés, au service de l’Art et du Beau, ou encore du divertissement. La fascination qu’ils suscitent chez les humains, de part leur magnificence et les mystères infinis qu’ils recèlent, ne les a pas épargnés, bien au contraire, et cela jusqu’à l’extinction de certaines espèces…

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Quelques exemples affligeants parmi tant d’autres : natures mortes sanguinolentes réalisées d’après modèle, animaux tués et empaillés pour les cabinets de curiosités, trophées de chasse, art de la plumasserie,  animaux de cirque, performances d’art contemporain avec exploitation d’animaux vivants, fourrure et cuir dans la mode et la décoration…

Pourquoi l’être humain continue-t-il d’humilier et de détruire les créatures sauvages dont la beauté, la souveraineté et la liberté l’émerveillent ? éprouvera-t-il encore longtemps ce besoin ? a-t-il ainsi l’impression de s’approprier leurs pouvoirs (beauté, puissance, courage), et dans tous les cas, pourquoi ce désir pèse-t-il plus lourd dans la balance que l’éthique, la douceur, l’enchantement ? viendra-t-il une ère où violenter ainsi le règne animal sera considéré comme sacrilège ?

Chanter le règne animal

Loin de ces pulsions archaïques et mortifères, certains artistes transforment pourtant, avec bienveillance et brio, leur fascination pour le règne animal en une véritable ode à la beauté du monde et de la vie : ils parviennent, sans porter atteinte à la liberté et au bien-être des animaux, à en louer les splendeurs.

Leurs matériaux : le papier, le bambou, la peinture, les objets de récupération, le métal… Leurs atouts : la curiosité, l’étude, l’observation, l’imagination, la dextérité, la bricole, le sens des proportions… Leur état d’esprit :  l’empathie, le respect, la délicatesse et l’humilité. Leurs œuvres d’art sont plus ou moins éphémères, toujours poétiques. Voici 5 de ces artistes contemporains. On en trouve beaucoup d’autres sur internet.

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Edouard Martinet

L’artiste français Edouard Martinet, également enseignant de design graphique à la LISAA de Rennes, récupère des objets abandonnés ou usés (chaînes de vélo, ressorts, ustensiles de cuisine, poignées variées, éléments de machines à écrire, lampes de poche, porte-monnaie, compas…) pour réaliser son majestueux bestiaire de métal : fourmis, sauterelles, poissons, papillons… Il fouille dans les vide-greniers et les débarras. Il commence par dessiner de nombreux croquis, avant de s’atteler à l’étape de la sculpture. Il travaille alors sans soudure et n’utilise que l’emboîtement et la visserie. Certaines de ses réalisations lui prennent quelques semaines, tandis que d’autres exigeront plusieurs années.

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Ci-dessus : un papillon de 60 cm de hauteur, un scarabée rhinocéros de 30 cm de long, une épinoche de 80 cm de long, ou encore un magnifique crapaud avec une bouche en porte-monnaie (je crois bien que c’est mon préféré).

Cliquez ici pour lire l’interview qu’il a donnée à Unidivers en 2016. Son site internet permet de découvrir une galerie de ses sculptures : ici.

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Dzia

L’artiste belge Dzia exprime sa créativité sur les murs d’Anvers (où il a fait les beaux-arts de l’Académie Royale) et dans plusieurs capitales européennes. Il peint principalement des animaux sauvages, apportant ainsi de la couleur et une joyeuse énergie à des lieux tristounets : chauves-souris, grues, aigles, famille de renards, cerfs, poissons, flamands roses, libellules, écureuils, sont au rendez-vous… Le site officiel de Dzia se trouve ici.

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Diana Beltran Herrera

Avec ses créations colorées, la jeune artiste colombienne Diana Beltran Herrera nous offre un merveilleux voyage dans l’univers du papier. Pour ce qui est du règne animal, elle s’intéresse tout particulièrement aux oiseaux. Elle confectionne également des papillons. Chaque animal confectionné par Diana Beltran Herrera est immédiatement identifiable : colibri, perruche, toucan, ibis, flamand rose, quetzal, guêpier, mésange, et beaucoup d’autres !

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Diana Beltran Herrera s’aventure également dans le monde végétal : fruits, fleurs, ou encore champignons… Pour en voir davantage, son site officiel se trouve ici.

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Noriyuki Saitoh

Les Japonais sont connus pour l’intérêt qu’ils ont toujours voué aux insectes. Les écoliers nippons étudient par exemple les textes de l’entomologiste français Jean-Henri Fabre, tandis qu’en France, les enfants ne savent pas qui c’est !

Pour réaliser ses œuvres, Noriyuki Saitoh utilise un des matériaux japonais par excellence : le bambou. Son travail est saisissant de finesse et de poésie. On reconnaît sur ces photos une demoiselle, un criquet, une libellule, une cigale, et sur la photo qui chapeaute cet article, un capricorne.

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L’artiste Noriyuki Saitoh a une page Facebook (ici) sur laquelle on découvre l’avancée de ses travaux et un joli site internet avec une galerie de ses créations (ici).

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Artur Bordalo

Artur Bordalo (qui se fait appeler Bordalo II par égard pour son grand-père, également artiste) est portugais. Passionné de graffiti et inspiré par la récupération, il combine ces deux méthodes pour réaliser de grandes sculptures animalières, qu’il fixe ensuite sur les murs des villes. Son thème de prédilection : l’animal sauvage. Il explique : Je choisis toujours un animal qui a une relation forte avec l’endroit où je vais l’accrocher.

A la mi-novembre 2017, l’artiste lisboète a réalisé un castor de 8 mètres dans le 13e arrondissement de Paris (voir 4e photo), dans le quartier de la bibliothèque François Mitterrand, en référence à la Bièvre, rivière de la région parisienne qui se jetait autrefois dans la Seine, au niveau de la gare d’Austerlitz.

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Pour aller plus loin :

  • Pour chanter la beauté du règne animal, il y a évidemment aussi l’écriture ou encore la photographie. Le photographe Ludovic Sueur, vegan et antispéciste, pratique une photographie ultra-éthique : on ne dérange pas la faune, on évite d’empiéter sur le territoire des animaux, on se débrouille surtout pour ne pas provoquer la peur ou la fuite de l’animal. Ne pas porter atteinte au quotidien des animaux, à leur habitudes, à leur progéniture ni à leur environnement, voilà l’idée. Il explique sur son site internet (ici) : « La liberté des individus photographiés et la préservation de leur environnement sont prioritaires dans ma démarche photographique et font partie de ma philosophie de vie. » Ci-dessous, une huppe fasciée photographiée par Ludovic Sueur.

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  • Le président des États-Unis Donald Trump est un amateur de chasse à l’éléphant. A  la mi-novembre 2017, sous la pression des associations pour la protection animale et de son propre parti, il a toutefois dû se résigner à geler une mesure qui consistait à ré-autoriser (après que Barack Obama l’ait interdite) l’importation de trophées d’éléphants provenant d’Afrique sur le territoire américain. Ouf ! Le quotidien « Le Monde » en a parlé : ici.

Mes burgers vegan préférés sur Paris

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(miam miam, chez Hank Burger)

Pour ceux qui se poseraient encore la question, non, les termes « junk food » et « vegan » ne sont pas antinomiques. Car oui, on peut aimer les animaux et avoir envie, de temps en temps, de manger absolument n’importe quoi. Et quand c’est délicieux, c’est encore mieux !

J’ai enfin mis les pieds chez Super Vegan, le fast-food qui n’oublie pas d’être éthique ET de proposer des plats délicieux. Concrètement, les deux meilleurs burgers vegan que j’ai consommés jusque là sont ceux de Hank (55, rue des Archives, 75003) et de Super Vegan (118, rue des Moines, 75017), deux restaurants cruelty free tenus par des vegans. Super Vegan propose également le burrito et le kekab (à la même adresse). Quant à Hank, l’enseigne propose également des pizzas (rue de Gravilliers cette fois).

Dans les deux cas :

  • consommation sur place ou à emporter au choix
  • accueil sympathique
  • ambiance bon enfant
  • animaux admis 🙂
  • attention : très gros risque d’addiction car franchement, on s’en lèche les babines 🙂

Ci-dessous, des photos de Super Vegan 

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Et ci-dessous, des photos de Hank Burger

Le burger en version béarnaise, en bas à droite, est tout simplement à tomber par terre…

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Pour aller plus loin :

  • le site Vegoresto recense tous les établissements en France qui proposent des plats végétariens ou végétariens, c’est très pratique : ici
  • Super Vegan a un site et une page Facebook
  • Hank également a un site et une page Facebook

La vie est un terrain de jeux

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Malgré mes tests d’évaluation qui approchent à grands pas (je postule pour une formation de 8 mois à l’Ecole des Métiers de l’Information), je reste à peu près zen.

Mes petits et grands plaisirs du moment :

  • me jeter à corps perdu dans un roman : La Terre de Zola
  • bientôt lire Pot-Bouille du même auteur
  • découvrir plusieurs restaurants végétaliens (et en particulier le fast food Super Vegan, voir article suivant)
  • boire des tisanes à longueur de journée
  • donner mon sang à l’Etablissement Français du Sang
  • observer des animaux
  • aller voir A beautiful day au cinéma, en particulier pour Joachim Phoenix
  • cuisiner (100% vegan évidemment)
  • découvrir le chou kale et ses vertus (voir ci-dessous)
  • transformer mon studio de 18m² en nid, trouver le fauteuil parfait, changer les posters
  • faire la marmotte

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Le chou kale : un super-aliment pour les vegans

Le chou kale connaît en ce moment une poussée de popularité (d’abord aux Etats-Unis, maintenant en Europe). On l’utilise beaucoup dans les smoothies. Chez les végétaliens, il est particulièrement apprécié pour sa haute teneur en calcium. Pour préserver ses nombreuses vertus nutritives, il est préférable de le consommer cuit à la vapeur ou idéalement, cru.

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En ce qui me concerne, je l’émiette (cru) dans une poêlée de riz et de légumes, à feu doux, 2-3 minutes avant consommation (juste pour l’attendrir). Ci-dessous : poêlée avec huile d’olives, branches de brocolis, champignons émincés, riz blanc, chou kale émietté, sel et poivre. C’était super bon 🙂

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Pour aller plus loin :

  • découvrez les vertus du chou kale : ici
  • tout un tas de conseils et de recettes vegan : ici