Albert Cossery, la liberté avant tout

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Albert Cossery a vécu dans le quartier de Saint-Germain-des-Prés, dans une chambre de l’hôtel La Louisiane, jusqu’à son décès (photo K-films Amérique)

Transports en commun blindés, temps froid et venteux, formation passionnante mais parfois éreintante, cascade de nouvelles désolantes dans la presse… Pour rester à peu près sereine face à toutes ces épreuves, rien de tel que de replonger dans les œuvres de l’écrivain nihiliste et hédoniste Albert Cossery !

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Fainéants et mendiants

J’ai découvert l’auteur égyptien et francophone Albert Cossery ( 1913-2008) à l’adolescence avec le roman Les Fainéants dans la vallée fertile, qui décrit une famille de fainéants notoires traumatisée par les ambitions du petit dernier (il veut trouver du travail, rien ne va plus !). J’ai retrouvé l’écrivain il y a deux ans avec Mendiants et orgueilleux, formidable fresque cairote où les mendiants, naturellement philosophes, se jouent de tous les malheurs avec la grâce de funambules.

La singularité, l’humour mordant et la délicieuse irrévérence de ces deux livres m’ont indubitablement marquée. Albert Cossery expliquait aux journalistes qu’il écrivait « pour que quelqu’un qui le lise n’aille pas travailler le lendemain ». Rétif à toute idéologie, il refusa la Légion d’honneur quelques mois avant de mourir.

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Pas d’ambition, pas de complications !

La semaine dernière, grâce aux éditions de L’Échappée et à la librairie anarchiste Quilombo, j’ai découvert Le Désert des ambitions, dans lequel l’essayiste Rodolphe Christin rend hommage à l’écrivain libertaire.

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Cette lecture m’a replongée dans de savoureux extraits des romans de Cossery. Voici par exemple comment il décrit, dans Mendiants et orgueilleux, la société de consommation qu’un de ses personnages principaux, Gohar, exècre :

En aucun cas il n’aimait s’aventurer dans cette citadelle du lucre et de l’ennui. La fausse beauté de ces grandes artères, grouillantes d’une foule mécanisée – d’où toute vie véritable était exclue – lui était un spectacle particulièrement odieux. Il détestait ces immeubles modernes, froids et prétentieux, semblables à de gigantesques sépultures. Et ces vitrines violemment éclairées, remplies d’objets invraisemblables, dont nul l’avait besoin pour vivre. 

Dans Les Couleurs de l’infamie comme dans ses sept autres bouquins, Albert Cossery livre sans fioritures sa conception de la vie :

Le seul temps précieux est celui que l’homme consacre à la réflexion. C’est une de ces vérités indécentes qu’abominent les marchands d’esclaves.

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Scène surréaliste et cocasse

Et je viens d’apprendre que Mendiants et orgueilleux avait été adapté en 1991 en bande dessinée par l’artiste Golo (éditions Futuropolis). La couverture est très jolie et j’ai hâte de voir ça de plus près 🙂 

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La planche suivante correspond à un de mes épisodes préférés du roman, surréaliste et cocasse, où Yéghen découvre, au beau milieu de la nuit, que l’hôtelier lui a retiré sa couverture pour la prêter à un autre client : 

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Un froid intense régnait dans la chambre. Il fit un geste pour ramener à lui l’édredon, mais à sa grande surprise il découvrit que celui-ci avait disparu. La stupéfaction lui coupa le souffle : il n’arrivait pas à comprendre ce qu’était devenu l’édredon. De toutes ses forces, il se mit à appeler l’hôtelier.
Un temps infini passa, mais personne ne répondit. Yéghen haletait, assis dans le lit, les bras croisés sur la poitrine pour se préserver du froid. Il allait appeler de nouveau, lorsque la porte s’ouvrit et que l’hôtelier apparut dans l’embrasure, tenant à la main une lampe à pétrole. Il s’avança d’un pas prudent, un doigt sur la bouche.
– Où est l’édredon ? s’écria Yéghen. Qu’est-ce que c’est que cette histoire ?
– Ce n’est rien, chuchota l’hôtelier. Je suis en train d’endormir un client avec. Dès qu’il sera endormi, je te le rapporterai, sur mon honneur ! Seulement, je t’en conjure, ne fais pas de scandale.
Yéghen réalisa alors que c’était arrivé pendant son sommeil. L’hôtelier était venu dans sa chambre, l’avait débarrassé de l’édredon, pour le donner à un nouveau client. Il était complètement ahuri par ces procédés fantastiques.
– Vous n’avez qu’un seul édredon pour tout l’hôtel, demanda-t-il ?
– Oh non ! dit l’hôtelier toujours à voix basse. C’est un hôtel de premier ordre ; nous avons trois édredons. Mais nous avons aussi beaucoup de clients.
– Je comprends, dit Yéghen. Qu’allons-nous faire ? J’ai froid, moi. Et je tiens à dormir. Je veux l’édredon.
– C’est l’affaire d’un instant, dit l’hôtelier. Sur mon honneur, je te le rapporte tout de suite. Le client à qui je l’ai donné était très fatigué ; il dormait debout. Il doit être tout à fait endormi maintenant. Ne bouge pas ! Je vais voir. Et ne crie pas surtout.

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Pour aller plus loin :

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A la rencontre des oiseaux de Guyane

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(couverture du livre, photo d’un guit guit émeraude)

C’est grâce au magazine Espèces que j’ai eu écho de ce livre, Les Oiseaux de Guyane, paru il y a quelques mois aux éditions Biotope. L’auteur de l’ouvrage, Tanguy Deville, nous ouvre les portes d’un monde merveilleux (730 espèces d’oiseaux sont répertoriés en Guyane française) grâce à ses photographies et à ses textes instructifs. Pour ne rien gâcher, les éditions Biotope ont réalisé une maquette parfaitement sobre et élégante. 324 pages de plaisir et de découvertes, donc !

Pour une raison que j’ignore, le livre n’est à ce jour disponible dans aucune librairie parisienne (je suis allée vérifier sur le site très pratique de Paris Librairies), pas même à la librairie Eyrolles qui a pourtant l’habitude de proposer des bouquins des éditions Biotope. Cet ouvrage n’a pourtant rien de trop technique ni de trop spécialisé. Si quelqu’un a une explication, je suis tout ouïe ! Heureusement, on peut le commander dans n’importe quelle librairie.

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(un touquanet koulik pendant son repas)

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Tanguy Deville, voyageur contemplatif

L’auteur de l’ouvrage, épris de nature et de voyages, multiplie les compétences : photographe, il aime aussi dessiner et peindre, et travaille également en tant que naturaliste. Pour la réalisation de ce bouquin, le globe-trotter a utilisé ses talents de photographe et de rédaction. Ses textes, pédagogiques et très accessibles, abordent de nombreux sujets tels que la pollinisation des fleurs, le chants des oiseaux, la prédation, la reproduction, les nids ou encore la biodiversité guyanaise…

Pour évoluer dans les arbres avec aisance et rapidité, Tanguy Deville utilise les techniques de grimpe des élagueurs :

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Escapades en forêt

Malgré les averses à répétition et les nombreux insectes qui lui attaquent la peau, la forêt tropicale n’a rien d’un enfer vert pour Tanguy Deville. Quand il part en vadrouille, il n’a qu’une chose en tête : rencontrer des oiseaux, les approcher autant que possible, les observer dans leurs habitudes et les magnifier grâce à son appareil photo.

Pour optimiser les « rencontres », il s’installe à proximité de branches qui attirent les animaux : celles qui sont en fruits ou en fleurs. Sur cette photo, voici un guit guit céruléen :

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Du sous-bois à la canopée, Tanguy Deville rencontre des oiseaux à tous les étages. Certaines espèces se montrent très craintives, d’autres étonnamment confiantes. Ainsi observe-t-il les oiseaux en train de faire leur toilette, de nourrir leurs petits… Au fil de ses excursions, le photographe a eu l’occasion d’assister à de nombreuses scènes émouvantes, comme celle de ces deux gobe-moucherons venus s’installer sur une branche, au crépuscule, pour y passer la nuit serrés l’un contre l’autre.

Entre lianes et plantes épiphytes, le naturaliste rencontre aussi des lézards, des paresseux, des écureuils ou encore des singes hurleurs, comme celui-ci, en pleine cueillette :

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Les Oiseaux de Guyane
par Tanguy Deville
Éditions Biotope
324 pages, format 26 x 26 cm
Prix : 49 euros

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Pour aller plus loin :

(un guit guit saï qui consomme la pulpe d’un fruit)

tanguy deville oiseaux guyane guit guit sai

Splendeurs et misères de la mangrove

Ondřej Prosický ibis rouge mangrove

(ibis rouge, photo de Ondrej Prosicky)

La mangrove couvre entre 130 et 150 000 km² de surface sur la terre (1% des forêts tropicales). Longtemps considérée comme un lieu hostile et inutile, parfois tristement reléguée à la fonction de décharge sauvage, la mangrove est dorénavant mieux protégée grâce à son potentiel écologique.

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Une biodiversité spécifique 

Interface entre terre et mer, la mangrove est une forêt principalement composée de palétuviers. Ces derniers, inféodés au littoral, ont la particularité de bien supporter les marées hautes et le sel. Qui n’a pas déjà entendu parler de leurs inextricables et fantasmagoriques racines échasses ? Ces dernières offrent aux arbres un maintien efficace dans un sol plus ou moins vaseux, tout en abritant de nombreuses petites bêtes 🙂

En effet, si la végétation de la mangrove est relativement monotone (le palétuvier y règne en maître), sa faune est riche : crabes, poissons, mollusques, insectes, reptiles, amphibiens, mammifères, oiseaux. Ces animaux y trouvent abri (par exemple pour se reproduire) et nourriture.

(la constitution des poissons du genre Periophthalmus leur permet de rester en surface en attendant la marée haute)

periophthalmus gobie poisson mangrove

(le nasique, endémique de l’île de Bornéo, fréquente allègrement la mangrove)

Nasique / Proboscis monkey

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Les vertus de la mangrove

La mangrove a de nombreuses vertus. Tout d’abord, de par sa situation spécifique entre terre et mer, elle permet de protéger les humains des tsunamis et des cyclones, limitant ainsi les dégâts causés par ces catastrophes « naturelles » (quand elles ne sont pas trop violentes).

La mangrove a une autre qualité : elle retient les polluants issus des activités humaines, empêchant ainsi les eaux usées domestiques, les résidus de produits phytosanitaires et les déchets industriels toxiques, de se répandre dans la mer. Elle pourrait d’ailleurs visiblement supporter des doses élevées de pollution (et parfois en partie les absorber), épargnant ainsi la faune et la flore environnantes.

Enfin, la mangrove et ses palétuviers figurent en première place des écosystèmes les plus productifs et les plus riches en carbone. Cette capacité de stockage permet aux scientifiques d’affirmer que la disparition des mangroves accentuerait encore le réchauffement climatique.

(les racines échasses offrent aux palétuviers un bon maintien en dépit du sol instable)

racines echasses mangrove

L’anthropocentrisme est un vilain défaut 

Mais une fois qu’on a dressé la liste des bénéfices environnementaux que la mangrove apporte aux humains, comment ne pas se demander si ce raisonnement utilitariste est décent ? Comment peut-on accepter de considérer les mangroves comme de simples stations d’épuration, ou les réduire à des barrages contre les catastrophes dues au réchauffement climatique ? Elle a bon dos, la mangrove !

L’être humain est la pire espèce que la planète Terre ait jamais porté. Pour son seul profit, il exploite sans limite chaque richesse naturelle à laquelle il a accès, détruisant tout sur son passage. Quand il a tout salopé, il sollicite encore la nature pour réparer les dégâts au lieu de se remettre sérieusement en question. Consternant 😦

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Zone à aimer, zone à défendre 

La mangrove est belle, innocente et fragile. Si elle protège les humains des catastrophes « naturelles » qu’ils ont engendrées, elle ne résiste pourtant pas à la destruction des tsunamis et des cyclones les plus violents. Si elle a une importante capacité à encaisser les déchets toxiques, la pollution finit tout de même par tuer les animaux et les arbres de la mangrove au-delà d’une certaine limite.

A l’arrivée de l’être humain sur terre, la mangrove et ses habitants faisaient resplendir le littoral tropical depuis déjà bien longtemps. Ils avaient tant à nous apprendre… Parce que nous la mettons en danger depuis plusieurs décennies, la mangrove a dorénavant besoin de nous. Défendons-la furieusement, pas seulement pour nous protéger de notre bêtise mais aussi pour elle-même !

(un varan pensif)

varan mangrove

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Pour aller plus loin :

  • l’ouvrage Mangrove, une forêt dans la mer, édité en 2018 aux éditions du Cherche midi avec le CNRS, fait un point sur ce que les scientifiques savent aujourd’hui de la mangrove
  • avec les marécages forestiers, les forêts de plaine tropicale et les forêts de montagnes tropicales, la mangrove fait partie des variantes de ce qu’on appelle la forêt tropicale, à laquelle Francis Hallé a consacré le très bel ouvrage Plaidoyer pour la forêt tropicale, aux éditions Actes Sud en 2014
  • le livre Mangrove des Antilles, rédigé par Pierre Courtinaud aux Editions PCP en 2004, offre une immersion dans l’univers mystérieux de la mangrove grâce à de nombreuses photos de faune et de flore

(aigrette ardoisée perchée sur un palétuvier)

aigrette ardoisee mangrove

Qi Baishi, pour l’amour des fleurs et des oiseaux

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(peinture sur éventail, représentant une sauterelle et une renouée en fleurs)

Qi Baishi (1864-1957) est considéré comme l’un des grands maîtres de la peinture chinoise du début du 20e siècle. Il fait dorénavant partie des artistes les plus cotés du monde, à l’instar de son contemporain Zhang Daqian (1899-1983).

Aîné de sa fratrie mais également enfant à la santé fragile, Qi Baishi a été profondément aimé par ses parents et grands-parents. D’origine paysanne, issu d’une famille pauvre, il restera toute sa vie très attaché à ses racines et à sa région natale.

Tout petit, il prend déjà un plaisir fou à reproduire sur papier ce qui l’entoure : il se passionne pour le dessin. A l’adolescence, pour subvenir aux besoins de sa famille, il apprend et pratique plusieurs métiers : charpentier, menuisier, puis graveur de sceaux et peu à peu, peintre. A 20 ans, il découvre avec ivresse le fameux Traité de peinture du jardin grand comme un grain de moutarde (une méthode encyclopédique d’apprentissage de la peinture), une révélation dont il dira plus tard :

Tomber sur ce traité de peinture, c’était comme trouver par hasard un trésor, j’avais envie de l’étudier à fond, de le copier et le recopier des dizaines de fois.

C’est ainsi qu’il devient progressivement peintre. Mais ce n’est qu’à partir de l’âge de 40 ans qu’il va se spécialiser dans la représentation des fleurs, oiseaux, insectes. En outre, Qi Baishi deviendra célèbre sur le tard.

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(l’univers studieux et apaisant de Qi Baishi)

Amoureux de la nature et foncièrement épris de solitude, Qi Baishi s’attribue plusieurs surnoms qui décrivent sa personnalité, parmi lesquels : Ermite du bois (parce qu’il a appris à travailler le bois), Vieil Habitant de la vallée des abricots, Vieille Lentille d’eau ou encore Vieillard qui profite de la montagne…

Son intérêt pour les beautés de la faune et de la flore le conduira à peindre de nombreuses espèces végétales (chrysanthème, magnolia, lotus, volubilis, bégonia, palmier, saule, glycine…), beaucoup de fruits et de légumes (courge, piment, chou, aubergine, prune, grenade, pêche, litchi…) mais également de nombreux animaux. Il se passionne pour l’observation des oiseaux (martin-pêcheur, moineau, hirondelle, aigle, poussin, canard…), des insectes (guêpe, abeille, libellule, vers à soie, papillon, cigale, mante, criquet, sauterelle, punaise…) et prend d’une façon générale beaucoup de plaisir à représenter le règne animal (araignée, crevette, crabe, poisson, grenouille, têtard, buffle, tortue, écureuil…). Voici un buffle sous un saule :

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Esthète et contemplatif

Au cours de sa vie, Qi Baishi a beaucoup voyagé et déménagé. C’est ce qui explique l’un de ses surnoms, Vieille Lentille d’eau : la lentille d’eau n’étant pas arrimée, elle vit au gré du courant.

La manière dont il décrit l’une de ses habitations souligne son tempérament contemplatif :

Autour du temple Meigong, en plus des pruniers, il y avait beaucoup d’hibiscus et quand les fleurs étaient écloses, on aurait dit que l’on avait déployé une immense pièce de brocart brodé, c’était magnifique. A l’intérieur du temple, il y avait un espace laissé vide, où j’aménageai un cabinet de travail que j’appelai « Logis poétique emprunté à la montagne ». Devant cette pièce, à l’arrière de l’habitation, je plantai plusieurs bananiers. En été, ils étendaient leur ombre verte rafraîchissante ; en automne, par les nuits pluvieuses et venteuses, le bruissement de l’eau sur leurs feuilles était particulièrement propice à la composition de poèmes.

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Des œuvres variées

Qi Baishi a beaucoup peint les détails de la nature, mais également réalisé des portraits et de somptueux paysages. Voici à gauche une feuille de lotus et à droite, une humble embarcation naviguant entre d’immenses rochers :

budding lotus       saling through the gorges

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Observateur de la nature

En esthète, Qi Baishi percevait la beauté dans chaque fruit, chaque légume. Voici comment est né son intérêt pour les litchis :

Quand nous retournâmes à Qinzhou, c’était la saison des litchis. Les arbres dans les champs que j’apercevais de la route portaient abondance de fruits, c’était très beau. A partir de ce jour-là, je me mis à peindre des litchis. Une fois, quelqu’un vint m’apporter tout un chargement de litchis que j’échangeai contre une peinture, c’était un troc élégant.

Ici, Qi Baishi décrit le moment qui lui a donné envie de peindre des volubilis  :

Mei Lanfang était très affable, extrêmement poli, et d’une rare élégance. A l’époque il habitait à Beilucaoyuan, dans le quartier de Qianmenwai, son cabinet de travail s’appelait le « Pavillon aux jades rassemblés » et était arrangé avec beaucoup de goût. Il cultivait beaucoup de fleurs et de plantes chez lui ; des volubilis par exemple, il en avait une centaine de variétés différentes dont certaines avaient des fleurs de la taille d’un bol, je n’avais jamais vu cela. A partir de ce moment-là, je me mis à peindre des volubilis et des liserons.

(ci-dessous, peinture représentant une cigale et un feuillage d’automne)

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Pour aller plus loin :

  • à Xiangtan, à proximité de son village natal, un musée mémorial est consacré à Qi Baishi
  • Qi Baishi, le peintre habitant temporaire des mirages est un magnifique ouvrage paru aux éditions Picquier : il comprend plus de 100 peintures, mais aussi le récit autobiographique de l’artiste (qui s’était confié à son élève Zhang Cixi quelques années avant sa mort)
  • la librairie parisienne Le Phénix (72, bd de Sébastopol, 75003), spécialiste de l’Asie, propose de nombreux livres sur la Chine, la Corée, le Japon, la Mongolie ou encore le Tibet, avec un rayon de bouquins sur les beaux-arts asiatiques !

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Animaux cryptiques : camouflage et mimétisme

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(papillon-feuille morte ou Kalima inachus, photo de Saandip Nandagudi)

Camouflage, mimétisme, couleurs cryptiques… il n’est pas forcément évident de s’y retrouver. Dans le but d’y voir plus clair, j’ai fait quelques recherches sur internet. Mais plus je lisais d’informations sur le sujet, moins j’étais sûre d’y comprendre quoi que ce soit (et de pouvoir me fier à ce que je lisais). Finalement, fidèle à mon amour des livres, j’ai décidé de me procurer un vieux bouquin repéré sur internet : Camouflage et mimétisme chez les animaux, par Michael et Patricia Fogden, paru en 1974 aux éditions Nathan.

On a beau dire, dans de nombreux domaines, les livres font la différence ! Probablement parce qu’un projet éditorial demande, par définition, un investissement important (de la matière grise, du temps, une vérification assidue des informations, une équipe, un budget…) que bon nombre de sites internet n’exigent pas…

Camouflage et mimétisme chez les animaux n’est évidemment pas exempt de petites lacunes. Dans les années 70, on ne faisait par exemple pas d’aussi belles photos qu’au XXIe siècle. Et puis, visiblement, les noms attribués aux espèces observées ont, depuis, évolué (ou se sont précisés)… Mais Michael et Patricia Fogden ont réalisé pour cet ouvrage un travail considérable, sans jamais oublier d’injecter dans leur texte une bonne dose de pédagogie. Voici comment ils font le distinguo entre camouflage et mimétisme (déguisement) :

Il est usuel de distinguer camouflage et déguisement, bien que les deux catégories diffèrent si imperceptiblement qu’il est parfois difficile d’affecter un animal cryptique à l’une ou à l’autre. Néanmoins la distinction est utile : le camouflage brise les lignes de contour d’un animal, le confondant avec l’arrière-plan, tandis que le déguisement fait un animal qui ressemble à une partie bien définie, mais inanimée de son environnement, qui n’intéresse pas les prédateurs et qui ne déclenche pas l’alarme des proies. Autrement dit, le camouflage efface l’animal du paysage, tandis que le déguisement l’empêche d’être reconnu pour ce qu’il est, même s’il est facile à voir.

Précision : les deux auteurs ne parlent pas de mimétisme mais de déguisement car le mimétisme est une notion plus vaste, qui comprend également par exemple l’imitation d’un autre animal (queue d’une chenille qui imite la tête d’un serpent, serpent inoffensif qui imite un serpent venimeux, ocelles d’un papillon qui imite des yeux impressionnants pour les prédateurs, etc).

Ce bouquin qui sent bon le vieux grenier m’a donc aidée à mieux appréhender le très large éventail des stratégies adaptatives utilisées chez les animaux pour se planquer !

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Le camouflage

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(l’engoulevent d’Europe se camoufle grâce à une combinaison de techniques : couleurs cryptiques, immobilité, déplacement selon la position du soleil pour réduire son ombre, yeux fermés)

Exemples de techniques de camouflage (souvent combinées) :

  • évoluer dans un milieu où l’on passe inaperçu : le fennec qui arbore les couleurs du désert, le papillon de nuit qui passe ses journées incognito sur un tronc d’arbre, la panthère des neiges qui évolue dans un paysage rocailleux en toute discrétion, la vipère Atheris chlorechis qui disparaît dans le feuillage  tropical…
  • posséder une livrée qui change de couleur selon les saisons et devient blanche en hiver (hermine, lagopède alpin… j’en parlais dans un article précédent)
  • changer de couleur très rapidement : pieuvres, seiches
  • changer de couleur en quelques minutes : le caméléon
  • changer de couleur en quelques jours ou quelques semaines : certaines araignées, certains poissons…
  • arborer un pelage moucheté qui imite les trouées du soleil dans le feuillage : le faon du chevreuil
  • s’aplatir ou se plaquer à son support pour éviter l’ombre portée, qui est une source de repérage : geckos, papillons de nuit le jour…
  • se tourner graduellement vers le soleil pour limiter l’ombre portée
  • fermer ou plisser les yeux (car les cercles concentriques et la brillance des yeux sont des sources de repérage)
  • suivre le mouvement des éléments environnants (en cas de danger, le butor étoilé berce son cou au rythme des roseaux agités par le vent)

En outre, certains oiseaux qui nichent au sol pondent des œufs quasiment invisibles dans leur environnement. C’est le cas du pluvier gravelot ou de l’huîtrier. En cas de danger, les parents s’éloignent d’ailleurs du nid pour ne pas attirer l’attention du prédateur sur les œufs.

Le camouflage va de pair avec l’immobilité, et s’accommode éventuellement de mouvements lents, furtifs.

(on ne présente plus le charismatique poisson-pierre, qui sait pourtant se faire oublier parmi les rochers)

poisson-pierre

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Le mimétisme

Comme pour le camouflage, le mimétisme permet aux animaux de ne pas se faire repérer par leurs prédateurs et parfois d’approcher leurs proies avec la plus grande discrétion.

Le mimétisme donne à l’animal l’apparence d’un objet inanimé spécifique de son environnement : feuille morte, amas de feuilles, tige, fleur, bourgeon, épine, fiente d’oiseau, morceau de bois, algue…

Phyllium giganteum

(Phyllium giganteum, photo Andrea & Antonella Ferrari)

Tout le monde connaît le Phyllium giganteum. Cette créature ressemble à un amas de feuilles, par endroits grignotées par les insectes. Citons entre autres exemples : le serpent-liane, la grenouille cornue de Malaisie qui ressemble à s’y méprendre à une feuille morte, les papillons Kalima, les phasmes, la mante-orchidée, l’hippocampe-algue ou encore l’ibijau, un oiseau qui se fait passer avec un talent stupéfiant pour un morceau de bois (j’en parlais ici il y a quelques mois).

(Uroplatus phantasticus, un gecko arboricole endémique de Madagascar)

Uroplatus phantasticus

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Pour aller plus loin :

L’être humain dans l’esthétique chinoise

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(peinture contemporaine de Hu Yongkai)

Quelles que soient les époques, l’esthétique chinoise a toujours décrit ou chanté la beauté de la nature, la solitude bienfaitrice ou mélancolique de l’anachorète, le plaisir des sens, le dépouillement heureux ou encore la vacuité de l’existence humaine. Et il est frappant de constater à quel point ces sujets sont encore évoqués par les artistes chinois du XXe siècle avec une fraîcheur intacte…

Dans de très nombreuses œuvres chinoises, la nature occupe toute la scène et l’humain y est quasiment absent (si ce n’est dans la description du sentiment de l’artiste face à une nature souveraine). J’ai voulu, au contraire, illustrer cet article avec quelques poèmes et peintures qui incluent la présence humaine et chantent la joie de vivre !

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Le gynécée langoureux de Hu Yongkai 

Ci-dessus et ci-dessous, deux ravissantes peintures de Hu Yongkai. L’artiste est né à Pékin en 1945 et vit actuellement aux États-Unis. Il représente principalement des femmes coquettes ou oisives, souvent dans leur intérieur. Mais la nature reste toujours présente dans les œuvres de Hu Yongkai, grâce à un paravent fleuri, un bouquet de fleurs éclatantes ou encore une fenêtre qui donne sur des éléments végétaux.

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Shitao, amoureux de la beauté 

Shitao naquit en 1642 (fin de la dynastie Ming) et fut élevé par des moines bouddhistes. Il était surnommé le moine Citrouille-Amère. Il a excellé dans tous les genres picturaux : paysages, végétaux, portraits…

La peinture ci-dessous m’émerveille littéralement. La brume y fait une apparition théâtrale et la présence humaine y est à la fois minuscule et évidente. Cette oeuvre n’aurait évidemment pas du tout la même portée si on n’y décelait aucune présence humaine. C’est la silhouette de l’ermite qui donne toute sa beauté à ce paysage onirique, car c’est grâce à elle qu’on éprouve, d’instinct, en admirant cette scène de promenade, l’émotion d’évoluer dans un tel paysage…

shitao

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La douce folie de Han Shan

Han shan est un poète et ermite chinois du IXe siècle. C’est sur des bambous, des arbres, des rochers et sur les murs des maisons que cet artiste au cœur « pur comme un lotus blanc » a écrit ses poèmes. Les villageois se moquaient de lui et le prenaient pour un dingue. Il était considéré comme un marginal ou un illuminé. Voici deux de ses textes :

une chaumière de paysan, ma demeure d’homme sauvage
devant la porte, carrosses et chevaux se font rares
dans les bois sombres, les oiseaux se rassemblent
dans le torrent profond, les poissons abondent –
accompagné de mon fils, je cueille les fruits de la montagne
avec ma femme je laboure les champs inondés –
dans la maison, qu’y a-t-il ?
juste un lit encombré de livres…

~

mes livres regorgent de poèmes de lettrés savants
ma cruche déborde du vin des sages
en balade j’aime contempler les vaches et leurs veaux
assis, le vin et les livres sont disposés à mes côtés –
le givre et la rosée imprègnent le toit de chaume
la lumière de la lune éclaire la fenêtre ronde –
après avoir bu deux coupes, je déclame deux ou trois poèmes

*

Le monde « simple et tranquille » de Lao Shu

Voici maintenant une peinture et deux poèmes de l’artiste chinois contemporain Lao Shu (« vieil arbre »), de son vrai nom Liu Shuyong. Peintre-poète, Lao Shu est également critique d’art et il donne des cours à l’Institut des médias et de la culture de Pékin.

lao

Théiers dans les champs,
Luxuriance des jeunes feuilles.
Vient le temps où les fleurs tombent
Quand arrivent brumes et bruines.
Théiers dans les champs,
On cueille en chuchotant.
Le chant des oiseaux
Résonne au fond de la vallée,
Tout est poème.

~

Je songe fortement à m’évader
Pour vivre dans les montagnes désertes
Bâtir une cahute en forêt devant les fleurs.
Enfermé, j’y lirai des livres érotiques,
Dehors, je cultiverai mon potager.
Souvent, je me livrerai à des jeux amoureux,
Par hasard, des amis viendront me voir.
Je n’aurai qu’un désir : m’éloigner de la vie mondaine,
Ne pas jouer au prétentieux ou au mystificateur.
Car, en fin de compte, mes cendres
Finiront au fond d’un ravin, emportées par le flot.

*

Pour aller plus loin :

  • les éditions Moundarren proposent un sublime recueil des poèmes de Han Shan, intitulé Merveilleux le chemin de Han Shan
  • depuis 2011, le peintre-poète contemporain Lao Shu tient un blog en chinois, sur lequel il édite régulièrement ses textes et ses peintures
  • les éditions Philippe Picquier, spécialisées dans l’Asie, ont édité en octobre 2017 un très bel ouvrage consacré aux peintures et poèmes de Lao Shu : Un monde simple et tranquille (cliquer sur « extrait » pour découvrir une vingtaine de ses petits chefs d’oeuvre)

Biodiversité : renouons avec la France sauvage

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(renard curieux)

Ré-ensauvageons la France : voici le titre enthousiasmant du dernier ouvrage de Stéphane Durand et Gilbert Cochet, deux spécialistes de la biodiversité. Le livre vient de paraître aux éditions Actes Sud, dans une collection prometteuse intitulée Mondes sauvages, pour une nouvelle alliance. La collection Mondes sauvages a pour magnifique ambition de repenser notre rapport au sauvage. Elle a déjà quatre titres à son actif.

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Les deux amoureux de la nature ont travaillé sur différents films de Jacques Perrin (Le Peuple migrateur, Océans, Les Saisons) et ont chacun écrit plusieurs livres. Ils sont tous les deux administrateurs de l’Association pour la Protection des Animaux Sauvages (ASPAS). Gilbert Cochet, président de l’association Forêts sauvages, travaille également avec le Muséum national d’histoire naturelle.

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L’extraordinaire potentiel de biodiversité de la France

Le but de cet ouvrage : faire prendre conscience, aux citoyens autant qu’aux politiques (les décideurs), que la France a un potentiel extraordinaire de biodiversité et qu’avec des efforts sincères, nous pouvons lui redonner son vrai visage : celui d’un pays à la nature immensément sauvage et libre, que ce soit en termes de paysages, de faune ou de flore !

Il s’agit d’un livre résolument optimiste (parce qu’il prend la peine de récapituler tout ce qui a déjà été fait dans le bon sens, et parce qu’il imagine un avenir toujours plus encourageant), très bien renseigné et pragmatique, qui n’oublie pas de faire rêver le lecteur. Ce bouquin déconstruit également bon nombre de clichés. Exemples : les vertus prétendument régulatrices de la chasse, du pâturage ou des barrages… Haro sur la chasse, les  aménagements territoriaux, l’urbanisation ! Il nous faut apprendre à ne plus percevoir la nature comme hostile, à ne plus considérer les animaux sauvages comme nuisibles !

En évoquant tour à tour les grands milieux qu’offre le territoire français (montagnes, falaises, forêts, marais, côtes, océans), Stéphane Durand et Gilbert Cochet nous emmènent en randonnée et nous montrent tout ce qu’un ré-ensauvagement du pays (moins de déboisement, moins de pâturages, moins de barrages et de digues, moins de drainages, moins de chasse et de pêche, moins d’agriculture intensive, moins de fractionnement des espaces naturels…) apporterait en termes de diversité et de richesses naturelles 🙂

(en 40 ans, le hibou grand duc a multiplié ses effectifs par dix en France)

hibou grand duc

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Voici quelques extraits qui donnent une idée de la variété des sujets abordés au cours des 176 pages de cet ouvrage.

Le formidable potentiel économique du tourisme vert 

Aux quatre coins du monde, on remarque que l’écotourisme est très rentable.

A l’heure où l’on ne sait plus à quel saint se vouer pour faire revenir la croissance et ses richesses, nous allons démontrer que favoriser le retour à la nature sauvage dans notre pays est un excellent moyen de créer des emplois et des opportunités économiques. (…) Nous sommes persuadés que la biodiversité est l’enjeu économique de demain. Et la France a le potentiel pour devenir le leader européen. C’est un cadeau de la nature. Profitons-en !

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L’exemple du bison, déjà réintroduit en Allemagne 

A priori, le bison ne reviendra pas de lui-mêle en France, il est trop casanier pour cela. Une réintroduction par l’humain sera donc nécessaire…

Le bison, réintroduit en Allemagne à proximité de nos frontières, pourrait atteindre nos territoires, largement propices à son retour. (…) Il pourrait être réintroduit en forêt de Chaux, d’Orléans et dans les Ardennes. Les Allemands ont relâché des bisons dans le massif de Rothaargebirge, en Rhénanie-Westphalie, et se sont rendu compte qu’ils étaient très casaniers et s’accommodaient fort bien de la proximité d’une forte densité humaine.

(à quand le retour du bison dans le Vercors, les Vosges, le Jura, les Pyrénées ?)

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Comment le saumon retrouve-t-il la rivière dans laquelle il est né ?

Chaque année, les saumons remontent la rivière dans laquelle ils sont nés, pour y frayer (pondre leurs œufs). Malheureusement, les barrages interrompent leur trajet, et de fait, de nombreuses structures n’ont pas encore été adaptées aux poissons migrateurs.

Comment y parviennent-ils ? En captant le goût unique de la rivière de leur naissance, un savant cocktail chimique fait de la décomposition de telles espèces de feuilles mélangées à tels et tels minéraux issus de l’érosion de la roche environnante dans des proportions uniques qui signent à coup sûr (si l’on est aussi sensibles qu’un saumon) ce ruisseau.

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Cassons les préjugés sur la répartition territoriale de notre biodiversité

De nombreuses espèces animales se limitent aux montagnes à cause de la chasse et de la destruction de leurs habitats.

Une autre belle surprise est celle de constater que les animaux que l’on pensait inféodés aux milieux rupestres sont tout à fait capables de vivre loin des rochers et des falaises. Le chamois descend des montagnes jusqu’à la Méditerranée, le grand corbeau niche en forêt de Haguenau et le hibou grand duc dans les forêts de la Dombes. Ce sont tous de « faux rupestres » qui ne le sont devenus que contraints et forcés par une traque continue exercée pendant des siècles. De même, les phoques veaux marins, désormais protégés, viennent explorer fleuves et rivières. Aujourd’hui, laissées enfin tranquilles, ces espèces se réapproprient tout simplement leurs aires de répartition normales.

(le chamois est revenu de lui-même dans les Maures)

chamois

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Un espace protégé bien trop réduit en France

On lit parfois que la France protège 20 à 30 % de son territoire, mais c’est en comptant les parcs naturels régionaux, qui n’établissent que des chartes de bonne conduite sans protection concrète sur le terrain. Les surfaces sont donc encore très faibles. A peine 1 % du territoire bénéficie d’une protection : ce sont les cœurs des parcs nationaux, les réserves naturelles, les réserves biologiques intégrales.

(une tortue caouanne est venue pondre ses œufs à Fréjus en 2016)

tortue caouanne

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Le problème typiquement français de la chasse

Les études scientifiques démontrent que la régulation de la nature par la chasse est un argument fallacieux. Les espèces s’auto-régulent, selon leur densité.

Concernant la faune forestière, le point crucial serait de parvenir enfin à réduire drastiquement le prélèvement. Nos voisins européens qui ont des territoires plus petits et des densités humaines plus grandes accueillent paradoxalement des populations animales plus importantes (2 millions de chevreuils en France et 8 millions en Allemagne). L’intense pression de chasse est un problème typiquement français, lié en partie à la crainte d’être envahis par des hordes d’animaux sauvages hors de tout contrôle.

(en 2018, les Français ont encore le droit de chasser le lagopède)

lagopede

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La moule perlière, sentinelle de la pollution des eaux douces

L’agriculture non-bio pollue énormément les rivières.

Les bio-indicateurs les plus intéressants de la santé des rivières sont les moules perlières car elles sont les plus exigeantes. Elles ne supportent pas la moindre trace de nitrate. Quand les conditions sont réunies, les moules perlières peuvent être très nombreuses. Sa population en France n’est plus que de 100 000 individus dispersés dans une centaine de rivières. (…) La moule perlière est si sensible, si exigeante quant à la qualité des eaux qu’il suffit d’une seule ferme en agriculture conventionnelle pour polluer tout un bassin versant.

(la moule perlière est en déclin)

moule-perliere-kregen-dour-dous-riviere

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Pour aller plus loin :

  • l’association Aspas (Association de Protection des Animaux sauvages) rachète des forêts pour créer des réserves sous le label « Réserve de Vie Sauvage ». Seule activité humaine autorisée sur ces zones : la promenade !
  • l’association Aspas parle très bien du bouquin ici
  • voici une page de ConsoGlobe sur l’écotourisme en France
  • la biodiversité en France résumée par l’INPN (Inventaire National du Patrimoine Naturel)