Nouvelle-Guinée : un paradis pour les plus beaux oiseaux du monde

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(paradisier bleu ou Paradisaea rudolphi, mon préféré)

Avez-vous déjà entendu parler des oiseaux de paradis ? Contrairement à ce qu’on pourrait imaginer, « paradisiers » ou « oiseaux de paradis » ne sont pas des termes qui définissent l’ensemble des oiseaux d’allure exotique. Il s’agit en réalité d’un taxon (scientifique) regroupant précisément 39 oiseaux de Nouvelle-Guinée (la troisième plus grande île du monde).

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Si le mot de « paradis » a naturellement été choisi pour nommer le taxon des Paradisaeidae, c’est parce qu’ils sont tellement beaux qu’on les croirait venus d’un monde rêvé, fabuleux. Le naturaliste Alfred Russel Wallace, qui les a observés au XIXe siècle, les a décrits comme « les plus belles et les plus merveilleuses des créatures vivantes ».

Ce qui fascine les biologistes et les ornithologues chez les paradisiers :

  • leurs caractéristiques physiques (queue en ruban, plumes qui jaillissent de la tête, explosion de couleurs, teintes métalliques, etc.)
  • leurs comportements extraordinaires lors des parades nuptiales (certains se suspendent la tête en bas comme le paradisier bleu ci-dessus, d’autres rebondissent sur leurs pattes, étendent les ailes, font des éventails, etc.)
  • … mais également l’incroyable diversité des espèces de ce taxon : 39 oiseaux de paradis et tout autant de silhouettes !

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Ci-dessous, en voici quelques-uns.

Voici le paradisier gorge-d’acier (Ptiloris magnificus), à la poitrine bleu métallique, en pleine parade nuptiale. Les parades amoureuses des paradisiers se font souvent dans les hauteurs de la canopée, mais parfois aussi dans les sous-bois, comme ici.

ptiloris magnificus

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Le paradisier royal (Cicinnurus regius), rouge vif et blanc, fait partie des plus petits paradisiers connus. Lors de la parade nuptiale, il agite au-dessus de sa tête les deux disques vert émeraude situés à l’extrémité de son corps. Voici à quoi il ressemble. Quelle petite merveille !

cicinnurus regius

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Le paradisier grand émeraude (Paradisaea apoda) fut intensément chassé à la fin du XIXe siècle pour la beauté de son plumage flamboyant. Les paradisiers sont dorénavant protégés par une loi qui en interdit la chasse. Mais ils souffrent malgré tout du braconnage et de la déforestation. Ils ont tout de même plusieurs points pour eux : pas de prédateurs (félins), pas de concurrence dans la recherche de nourriture (pas de primates, pas d’écureuils). En outre, la profusion de fruits que leur offre leur environnement leur permet de mettre peu d’énergie dans la recherche de nourriture, et de consacrer beaucoup de temps à la séduction et à la reproduction.

paradisiergrand emeraude

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Le paradisier de Victoria (Ptiloris victoriae), grâce à ses plumes aux extrémités arrondies, déploie un magnifique éventail lors de la parade amoureuse. L’aérodynamisme de ses ailes est altéré par la rondeur de ses plumes, mais cela ne lui pose pas de problème majeur : dans l’environnement qui est le leur, les paradisiers n’ont pas de prédateurs.

paradisier de guillaume

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La queue du paradisier à rubans (Astrapia mayeri) est 3 fois plus longue que son corps. Comme le reste de son plumage, ses deux superbes plumes blanches tombent et repoussent annuellement, pour exposer toute leur beauté à la saison des amours.

astrapia mayeri

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Pour la parade amoureuse, le paradisier multifil (Seleucidis melanoleucus) se positionne systématiquement sur une branche verticale ou un tronc s’élevant au dessus de la forêt. Pour l’envoûter, le mâle balaye le bec de la femelle avec les douze fils (voir photo) qui terminent sa queue.

Twelve-wired Bird of Paradise (Seleucidis melanoleuca)

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Voici les caractéristiques communes aux différents oiseaux de paradis : 

  • ils vivent tous dans la même région : Nouvelle-Guinée + îles voisines + côte Nord-Est de l’Australie
  • ce sont des oiseaux forestiers, et souvent montagnards
  • ils ont une alimentation omnivore (mais mangent principalement des fruits)
  • ils présentent des pattes et becs solides (qui leur permettent d’extraire les fruits et les noix)
  • leur dimorphisme sexuel est très marqué (les femelles ne ressemblent pas aux mâles)
  • les mâles ont un plumage extravagant
  • le comportement des mâles lors des parades amoureuses est sophistiqué
  • les mâles n’ont aucun rôle parental : polygynie (ils s’accouplent avec autant de femelles que possible)
  • leur nid est en général composé de lianes et vrilles d’orchidées
  • leur espérance de vie est d’environ 30 ans
  • en général, ils pondent un œuf unique, une fois par an

Pour aller plus loin : 

Je ne peux que vous inviter, si les oiseaux de paradis vous intéressent, à découvrir le livre Oiseaux de paradis édité chez Delachaux et Niestlé, qui retrace le formidable travail du biologiste et photographe animalier Tim Laman (la plupart des photos que j’ai utilisées pour cet article sont de lui) et de l’ornithologue Edwin Scholes. Voici une fiche qui résume plutôt bien leur bouquin : ici. L’ouvrage coûte 39 euros, et je pense qu’il est disponible dans pas mal de bibliothèques.

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N’hésitez pas également à jeter un œil sur le site officiel du photographe Tim Laman, qui bosse notamment pour National Geographic : ici. Et son blog se trouve .

Pour finir, voici le site officiel du Birds of Paradise Project, mené par Tim Laman et Edwin Scholes : ici  

69396(le photographe Tim Laman perché dans un arbre)

L’enfant, un espoir pour l’animal

Comme-toi

Comment apprendre aux enfants la bienveillance envers les animaux ? comment les sensibiliser au respect de toutes ces créatures mystérieuses et pourtant si semblables aux êtres humains en de nombreux points ?

C’est ce à quoi s’est attelé Jean-Baptiste Del Amo avec ce joli livre de 24 pages, Comme toi, aux éditions Gallimard Jeunesse (septembre 2017) à 9,90 €.

Écrivain français talentueux, Jean-Baptiste Del Amo a obtenu le prix Livre Inter pour Règne animal en mai 2017 (un roman qui parlait déjà beaucoup d’animaux). Il milite pour la cause animale au sein de l’association L214.

La dessinatrice, Pauline Martin, n’en est pas à son premier ouvrage pour enfants. Elle a par exemple déjà illustré Mon amour, Un amour de petite sœur ou encore Ce que papa m’a dit.

Voici un extrait du texte de Comme toi, égrainé page après page, avec philosophie et douceur :

Comme toi, j’aime la douceur, les câlins et les caresses. Savoir que quelqu’un me protège. Comme toi j’aime jouer avec mes copains, et parfois faire des bêtises ! Comme toi j’ai mon caractère. Je suis unique parmi tous mes semblables. Et même si nous sommes tous différents, j’ai comme toi un cœur qui bat…

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Sans en avoir l’air, cet ouvrage, à lire aux enfants dès 3 ans, leur apprend énormément de choses sur ce que nous avons en commun avec les bêtes (nos animaux domestiques, mais aussi les animaux d’élevage et les animaux sauvages comme l’écureuil, le gorille ou encore le tigre). Car, comme nous :

  • les animaux ont une famille
  • ils tissent des liens, des affinités avec d’autres individus de leur « tribu »
  • ils apprécient la douceur, la tendresse, les câlins
  • ils ont besoin de leurs parents, de se sentir protégés quand ils sont jeunes
  • ils aiment jouer
  • ils souffrent physiquement
  • ils souffrent mentalement, ont des angoisses, des peurs
  • ils ont chacun leur caractère
  • ils ont des besoins vitaux, mais aussi des préférences
  • ils ne peuvent s’épanouir que dans un milieu qui répond à leurs besoins
  • ils communiquent entre eux
  • ils transmettent, inculquent et apprennent
  • ils ont besoin d’être libres de leurs mouvements pour être heureux

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Les animaux ne nous doivent rien et nous n’avons moralement pas le droit de les exploiter. C’est évidemment l’idée que souhaite transmettre Jean-Baptiste Del Amo aux enfants (naturellement ouverts à la question), sans pour autant braquer les parents (souvent moins empathiques ou moins ambitieux) : stop aux cirques, stop aux zoos, stop à la consommation de produits animaux. Si ce n’est pas vous qui faites la révolution, ce sera vos jolies têtes blondes. Encourageons-les 🙂

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Pour aller plus loin :

  • le site officiel de l’association L214 se trouve ici
  • j’ai consacré un article à la psychologue Dominique Droz, spécialisée dans les difficultés de l’enfant, suite à sa conférence sur l’importance des animaux pour les enfants, ici, en 2016 : L’animal dans le cœur des enfants
  • j’ai consacré un article au roman Règne animal de Jean-Baptiste Del Amo, cet été, ici : Des animaux et des brutes

 

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Poétique de la libellule

Daniel Magnin

(photographie de Daniel Magnin)

Quand on grandit au bord d’une rivière, on côtoie naturellement les libellules et les grenouilles. Ces animaux habitent mon imaginaire et avec le temps, cet attrait n’a fait que grandir. Quoi de plus merveilleux qu’une nuée de libellules batifolant au dessus de la végétation verdoyante d’un point d’eau ? quoi de plus harmonieux et de plus inspirant qu’une demoiselle qui vient délicatement se percher sur sa brindille, au dessus d’une rivière ensoleillée, royaume de saules, de joncs ou d’herbes folles ?

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L’ouvrage Ma vie de libellule vient de paraître aux éditions de la Salamandre. J’ai succombé, je l’ai acheté ! Et j’ai pu constater avec bonheur qu’il était en très bonne place sur la table du rayon Animaux de la librairie. Il s’agit du travail de collaboration de deux amoureux de la nature : le photographe Daniel Magnin et le philosophe et naturaliste Alain Cugno, qui avait déjà écrit, entre autres, La Libellule et le Philosophe, aux éditions de l’Iconoclaste.

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Ce livre retrace avec pédagogie et humour tout le cycle d’une fée d’eau douce : ponte, vie de larve, éclosion, vie aérienne, chasse, accouplement, et de nouveau, ponte. Les libellules s’y expriment à la première personne, ce qui favorise l’immersion du lecteur dans l’univers de l’animal, mais également son empathie pour ce petit être délicat.

On apprend par exemple dans cet ouvrage que les larves de libellule vivent entre 2 et 5 ans avant de ramper à la surface de l’eau et de quitter leur exuvie, ou encore que les libellules ont côtoyé les dinosaures (puisqu’il s’agit d’un des plus vieux insectes du monde) et qu’elles faisaient alors jusqu’à 70 cm d’envergure !

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Les photographes qui travaillent pour les éditions de la Salamandre s’engagent à suivre une charte rigoureuse, respectueuse des espèces et des milieux (label Photographie Nature Responsable). On retrouve l’intégralité de cette charte sur leur site internet. Il s’agit, par exemple :

  • de conserver une distance d’observation pour éviter de provoquer l’envol, la fuite ou l’effroi
  • de renoncer à prendre une photographie si cela peut perturber durablement l’animal ou son environnement
  • de pratiquer un travail très discret (pour ne pas contrarier les animaux)
  • ou encore de ne pas truquer l’image

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Pour aller plus loin :

  • une émission très sympathique de 45 minutes, intitulée Pourquoi les libellules ? sur RFI, avec 2 entomologistes (en 2 parties) : ici puis ici
  • de l’importance de protéger les zones humides : ici
  • le site internet des éditions de la Salamandre se trouve ici
  • Daniel Magnin propose, sur son site officiel, une généreuse galerie de photographies : ici

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Désobéir pour les animaux

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Désobéir n’est pas forcément synonyme de violence ou de destruction. Il y a mille et une façons de désobéir à un système qui refuse de prendre en compte les valeurs auxquelles nous croyons, comme par exemple, le respect des animaux. C’est le sujet du livre Désobéir pour les animaux, ouvrage collectif et auquel a participé Brigitte Gothière (co-fondatrice et porte-parole de l’association L214), publié en 2016 aux éditions du Passager clandestin, dans la collection Désobéir (5 € seulement). Ce petit manifeste antispéciste a plusieurs vertus :

  • il fait un état des lieux de la situation misérable des animaux en Europe
  • il récapitule l’histoire (les grands moments) de la désobéissance en faveur des animaux et souligne la portée positive de ces actes
  • il s’agit donc également d’un hommage aux militants, par exemple à Barry Horne, mort en novembre 2001 à la prison de Long Lartin, de sa dernière grève de la faim
  • il nous donne des tas de tuyaux, d’exemples, pour agir

Quelques exemples de désobéissance civile en faveur des animaux :

  • participer à des manifestations antispécistes, occuper la rue
  • distribuer des tracts
  • boycotter la vente des produits animaux (viande, poisson, lait, œufs, cuir, laine…)
  • lancer des pétitions, signer des pétitions
  • ramasser les déchets en plastique sur les plages pour éviter que les animaux marins ne les ingurgitent
  • faire barrage : à la chasse à courre, à la corrida, aux camions qui transportent les animaux vers les abattoirs…
  • filmer et diffuser la souffrance animale : montrer les réalités des industries de la mort
  • prendre contact avec la police ou la gendarmerie en cas de constat de maltraitance

Au delà de ses nombreux repères historiques et exemples d’actions, ce bouquin est également truffé de notions essentielles. En voici quelques-unes :

Communiquer efficacement

Henry Spira élabora progressivement au cours de ses campagnes une stratégie non-violente qui inspira de nombreux activistes à travers le monde. Il insiste notamment sur l’importance de garder le contact avec la réalité, de choisir un objectif en fonction de sa faisabilité et des souffrances infligées, d’établir des sources crédibles et documentées d’information, d’éviter le manichéisme, de privilégier le dialogue tout en étant prêt à la confrontation si celui-ci échouait, d’éviter la bureaucratie. Spira souligne aussi que les faits réels sont assez terribles pour qu’on ne cherche pas à exagérer les faits, ce qui compromettrait la crédibilité.

Un monde dans lequel le spécisme et le carnisme sont la norme

La consommation de viande relève d’un choix surdéterminé socialement : on commence à consommer de la viande avant d’être en mesure de comprendre qu’il s’agit de chair animale. On nous enseigne ensuite le conformisme et l’identification à notre gastronomie, particulièrement valorisée en France. Enfin, la réalité de l’élevage et de l’abattage, prix à payer pour obtenir de la viande, est dissimulée. Le marketing, en particulier, s’emploie à la fois à perpétuer la fiction d’une vie heureuse pour l’animal (à l’aide d’images bucoliques très différentes de la réalité concentrationnaire) tout en désanimalisant la chair de celui-ci qui n’est plus que « de la viande ».

Schizophrénie morale

Notre système juridique français est d’ailleurs à l’image de cette « schizophrénie morale » : il punit de deux ans d’emprisonnement et de trois mille euros d’amande « le fait d’exercer des sévices graves ou des actes de cruauté sur un animal », mais n’interdit absolument pas que l’on martyrise certains animaux tant que cela se passe dans le cadre « réglementé » de l’élevage ou du laboratoire, du gavage des canards et des oies ou de la corrida, où une « nécessité » voire « une tradition » peuvent être invoquées.

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Pour en savoir plus :

  • les éditions du Passager Clandestin ont un site internet : ici
  • comprendre l’antispécisme : ici

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Chaleur animale au Louvre

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(Jeune tigre jouant avec sa mère, Eugène Delacroix, 1830)

J’ai profité d’un jour de congé en milieu de semaine pour aller fureter au département des peintures (France, Europe du Nord, Italie, Espagne, Grande-Bretagne et Etats-Unis) du musée du Louvre. L’Art, que ce soit pour l’artiste ou pour le spectateur, est décidément une merveilleuse manière de prendre contact avec la nature et les animaux.

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Jeune tigre jouant avec sa mère

Ci-dessus, Jeune tigre jouant avec sa mère, par Eugène Delacroix, réalisé en 1830. Delacroix, chef de file français des peintres romantiques au 19e siècle, a toujours aimé observer et représenter les animaux, et en particulier les chevaux et les fauves. Son contemporain Théophile Gautier a un jour dit à son sujet :

Il savait adoucir le caractère féroce de son masque par un sourire plein d’urbanité. Il était moelleux, velouté, câlin comme un de ces tigres dont il excelle à rendre la grâce souple et formidable.

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Le Taureau blanc à l’étable

Jean-Honoré Fragonard, peintre classique du 18e siècle, est principalement célèbre pour ses scènes galantes et ses tableaux polissons. J’aime beaucoup cette huile sur toile, pleine de douceur et de chaleur animales. L’artiste fait ici d’un simple bovidé, en le représentant de façon très réaliste et en le nimbant d’un clair-obscur bienveillant, un personnage à part entière, presque le héros d’une histoire. Car chaque animal n’est-il pas, tout simplement, le héros de sa propre vie ?

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Paysage à la chèvre

Antoine Watteau (1684-1721) est célèbre pour ses tableaux inspirés de la commedia dell’arte. Mais son Paysage à la chèvre, réalisé en 1715, nous emmène loin du théâtre et des scènes galantes. Ici, avec son ciel nuageux, sa chaude lumière de fin de journée, sa végétation montagneuse et sa joyeuse cascade, la nature est reine, malgré quelques habitations humaines. Au premier plan de cette scène pastorale, se tiennent compagnie une bergère et sa chèvre. Les animaux peuplent nos vies ; sans eux, nous ne serions rien ; et sans cette ravissante chevrette, dont on devine la tendresse et l’infatigable joie de vivre, le même tableau n’aurait pas du tout la même saveur gionesque.

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Nature morte avec cailles, hibou et échasse blanche

Paolo Porpora, peintre italien du 17e siècle, s’est spécialisé dans les natures mortes et les scènes de la nature. Il a réalisé cette Nature morte avec cailles, hibou, échasse blanche vers 1656. On y voit plusieurs éléments végétaux (roses, pensées, champignons) et surtout, de nombreux animaux : des papillons, des cailles, des crapauds (dont un en plein repas), un hibou et une échasse blanche. L’ambiance est crépusculaire, certes, mais chaque créature y déborde de vie. Peut-on franchement parler d’une nature morte ?

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Le Paradis terrestre

L’art animalier connaît un essor majeur au 17e siècle, avec des peintres comme Paul de Vos, Roelandt Savery, Frans Snijders ou Jan Fijt. C’est évidemment l’occasion pour eux de représenter des scènes de chasse, mais aussi ce qu’on appelle des paradis terrestres : des tableaux où l’humain disparaît complètement ou presque, pour laisser toute leur place à des animaux extrêmement variés, et cohabitant étrangement bien ensemble !

Paul de Vos a réalisé ce Paradis terrestre vers 1650. On lui connaît aussi une Entrée des animaux dans l’Arche de Noé.

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Deux singes pillant une corbeille

Frans Snyders (1579-1657), peintre flamand, fut un élève de Peter Bruegel le Jeune. Il s’est spécialisé dans l’art animalier, les natures mortes et les scènes de chasse. Dans Deux singes pillant une corbeille, il nous présente des capucins qui chapardent des fruits dans une corbeille. Ce qui aurait pu rester une nature morte se transforme alors en joyeux champ de bataille : hurlements des singes, fracas de la vaisselle cassée… Le site officiel du Louvre propose une fiche détaillée du tableau : ici.

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Pour aller plus loin, quelques bouquins :

  • Bestiaire du Moyen Âge, de Michel Pastoureau, aux éditions du Seuil : ici
  • L’Odyssée des animaux, les peintres animaliers flamands au XVIIe siècle, aux éditions Snoeck : ici
  • 100 sculptures animalières (20e siècle), aux éditions Somogy : ici
  • Zoo de papier, aux éditions Citadelles & Mazenod (en vente à partir d’octobre 2017) : ici

(ci-dessous : double page intérieure de la brochure de présentation de l’ouvrage Zoo de papier)

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Des animaux et des brutes

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Le brillant roman Règne animal de Jean-Baptiste Del Amo, paru en août 2016, nous invite à suivre l’évolution d’une exploitation agricole (un élevage de cochons) dans le Gers, sur cinq générations : du tout début du siècle, en passant par la Première Guerre, jusqu’aux années 80 où l’entreprise familiale connaîtra le coup de grâce.

Il s’agit d’une fresque réaliste, particulièrement sombre, crue, mais également riche, complexe, ultra-documentée, qui aborde de nombreux sujets difficiles : les dégâts de la Première Guerre sur les corps et sur les âmes, la violence familiale, la violence industrielle, les produits phytosanitaires qui intoxiquent et tuent, la misère sexuelle, l’alcool, le suicide, la chosification des bêtes et les conditions épouvantables dans lesquelles on les fait survivre…

Jean-Baptiste Del Amo, sans émettre de jugement, exhorte son lecteur à ouvrir les yeux. On a besoin de tels écrivains.

En outre, militant pour la cause animale et vegan, Jean-Baptiste Del Amo choisit de donner, dans son texte, autant de place aux hommes qu’aux bêtes. Effectivement, les animaux s’avèrent omniprésents dans son roman, émaillant chaque page de leur présence mystérieuse : animaux d’élevage bien sûr, mais aussi chiens de chasse, ribambelle de chats, et faune sauvage : insectes, oiseaux nocturnes, animaux de la forêt…

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Voici deux extraits du bouquin. Attention, ces deux passages sont trash.

(Que mangeaient nos soldats pendant la Première Guerre ?)

Des voitures automobiles crachent elles aussi leur fumée, s’enlisent dans les boues des ornières creusées par leurs trajets incessants. Chargées à heures fixes, elles emportent chaque jour les deux mille kilos de viande qui serviront à nourrir un régiment d’infanterie. Le rythme d’abattage est tel qu’aucun des hommes n’en a auparavant connu de semblable, mêmes ceux qui, dans les villes, ont travaillé aux abattoirs. (…) Il faut entraver la bête qui se débat en une dernière tentative de survie, puis la frapper à l’aide d’une massue, à de multiples reprises, jusqu’à dessouder les os de son crâne, réduire en bouille le cerveau qui jaillit par l’oreille lorsque l’animal tombe sur le flanc et meurt en convulsant sur un lit de boyaux encore chauds. Les lames des hachoirs sont émoussées à force de découper les os et les tendons. Les couteaux ne tranchent plus les gorges ; alors, les bouchers les scient. Des agneaux hurlent le jour et la nuit durant tandis que les mères sont attachées par les pattes, suspendues et éventrées vivantes. Le sac de leurs fressures frissonne dans la plaie, puis coule et tombe pesamment sur leur poitrail tandis qu’elle bêlent encore. Les bouchers et tous les hommes sont couverts d’excréments, de bile et de sang. Leurs yeux à eux aussi jaillissent sous un masque de boue. Ils en viennent à haïr les bêtes qui mettent si peu de bonne volonté à mourir.

(D’où vient le jambon de nos supermarchés ?)

Ils ont modelé les porcs selon leur bon vouloir, ils ont usiné des bêtes débiles, à la croissance extraordinaire, aux carcasses monstrueuses, ne produisant presque plus de graisse mais du muscle. Ils ont fabriqué des êtres énormes et fragiles à la fois, et qui n’ont même pas de vie sinon les cent-quatre-vingt-deux jours passés à végéter dans la pénombre de la porcherie, un cœur et des poumons dans le seul but de battre et d’oxygéner leur sang afin de produire toujours plus de viande maigre propre à la consommation.

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Il ne faudrait pourtant pas croire que ce roman est totalement désespéré. La délicatesse et l’enchantement y fleurissent parfois, notamment dans plusieurs descriptions de l’enfance : Éléonore qui nourrit en secret, dans l’étable, une portée de chatons ; l’adolescent Marcel recueillant et protégeant un jeune corbeau à la patte blessée, ou encore Jérôme, le gamin mutique, qui bat la campagne et vit au rythme des animaux sauvages. J’aime beaucoup l’extrait suivant :

Il rapporte à (sa grande soeur) Julie-Marie les bêtes qu’il débusque, chasse et capture, comme les chats ramènent les dépouilles de mulots et de rats des champs sur le pas de porte de l’aïeule. Elle ne se dérobe jamais au rituel : Jérôme lui apporte l’animal – souvent un papillon car il sait qu’elle les aime, parfois un phasme ou une mante religieuse -, enfermé dans un pot à confiture dont il a préalablement perforé le couvercle avec la pointe d’un tire-bouchon et enveloppé d’un torchon de cuisine. Invariablement, Julie-Marie s’étonne et s’exclame :
« Une surprise ! Mais qu’est-ce que ça peut bien être ? »
Elle dépose le précieux cadeau sur ses genoux et défait le nœud du torchon avec le plus grand soin. Elle minaude pour lui plaire. Puis, tout aussi précautionnement, écarquillant les yeux et ouvrant la bouche pour signifier que les mots lui manquent, elle soulève le pot de confiture à hauteur de ses yeux, contemple la bestiole qui galope ou volette contre le verre.
« Il est magnifique. »
Elle le garde un instant avec elle, le serre parfois contre son ventre, le temps de saisir Jérôme par la main et de l’attirer vers elle, d’embrasser son front ou de passer la main dans ses cheveux et de le laisser se blottir dans son odeur rassurante et familière, puis dit :
« Et si on le relâchait maintenant ? »
Jérôme la prend alors par la main, la guide vers les herbes hautes, au-delà de l’étendoir à linge, à l’arrière de la ferme que les pères n’entretiennent plus. Julie-Marie dévisse le couvercle du pot à confiture. Tous deux regardent le papillon virevolter ou l’insecte quelconque fuir maladroitement loin d’eux entre les broussailles…

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En 2017, en France, il est encore perçu comme indécent d’établir une analogie entre les pires violences infligées aux hommes et celles qu’on fait subir en toute impunité aux animaux, pour notre alimentation (élevages, abattoirs) ou nos loisirs (mises à mort des taureaux dans les corridas du Sud, combats de coq dans le Nord). Ce sont pourtant souvent des êtres humains profondément meurtris par la violence humaine (camps de concentration, violence familiale) qui osent cette comparaison très légitime et défendent avec ardeur la cause des bêtes. Sophie Chauveau, victime d’inceste, a ainsi écrit avec beaucoup de justesse, dans La Fabrique des pervers :

Les maltraitances envers les animaux, envers tous ceux qui sont impuissants par nature, par statut comme par destination, m’ont toujours rendue malade, et ramenée à l’enfance. Tous ceux qui ne sont pas en mesure de se défendre, de se révolter, de se venger, sont nos frères…

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Certes, notre culture de la violence plonge ses racines dans la nuit des temps, il est logique qu’elle nous colle tant aux basques. N’est-ce pas Dieu en personne qui ordonne aux hommes, sans ciller, tranquillement, verset 1:28 de la Genèse : « Soyez féconds, multipliez, emplissez la terre et soumettez-la. Dominez sur les poissons de la mer, sur les oiseaux du ciel et sur tout animal qui se meut sur la terre » ? Mais franchement, une telle idéologie n’est-elle pas grotesque et nauséeuse ? Tournons enfin la page de ce long cauchemar, pour faire rayonner la bienveillance dans chacun de nos actes !

 

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Ensorcelant Finistère

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(Le Naufragé, tableau de Louis-Ambroise Garneray)

Bonjour à tous ! Je reviens d’un séjour dans le Finistère, un ensorcelant petit « bout du monde » qui m’a beaucoup plu 🙂 Le Finistère multiplie les paysages sauvages magnifiques, mais ce département est également marqué par un patrimoine religieux puissant, et par une réjouissante tradition de contes et légendes. Voilà pourquoi il inspire aussi les artistes. En somme, cet univers ne peut que combler les esprits romantiques et les sensibilités exacerbées. Voici quelques-unes de mes découvertes :

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Le Naufragé, tableau de Louis-Ambroise Gerneray

Ci-dessus, voici Le Naufragé, tableau de Louis-Ambroise Gerneray (1783-1857). L’artiste connaissait très bien la mer puisqu’il fut marin, corsaire et pirate, avant de devenir peintre et écrivain. Mer en furie, ciel noir ; sous la menace d’une déferlante, il ne reste visiblement à ce pauvre homme agrippé à sa planche que quelques secondes à vivre. On peut admirer cette huile sur toile de 82 x 100 cm au musée des Beaux-arts de Brest.

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Des plages sublimes

J’ai eu l’occasion de fouler le sable de plusieurs plages sublimes. Voici celles qui ont marqué mon esprit : Portsall, les Blancs Sablons, Ménéham. Même en plein mois d’août, elles restent très modérément fréquentées.

  • En face du port de Portsall se niche un délicieux havre de paix :

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  • La longue plage des Blancs Sablons, à proximité du Conquet, ressemble au paradis :

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  • Ménéham est un ancien village de paysans-pêcheurs-goémoniers. A proximité du bourg, la plage, avec ses dunes et ses rochers arrondis par le temps, est un enchantement :

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Émouvantes épaves 

De ci, delà, dans les villages de pêcheurs, on aperçoit quelques carcasses de bateaux de pêche. Ci-dessous, l’émouvant cimetière de bateaux de Camaret. A quelques mètres de là, la chapelle de Rocamadour abrite plusieurs ex-voto marins.

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Les photographies de Michèle Le Braz

Ce séjour en Bretagne m’a également permis de découvrir une formidable photographe brestoise : Michèle Le Braz. Son travail organique, sensuel, grave et méditatif, me touche beaucoup. Notons qu’elle s’intéresse autant aux animaux qu’aux humains.

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Michèle Le Braz a publié trois ouvrages aux éditions Rue des Scribes :

  • Chevaux du bout du monde (1998, ouvrage réédité aux éditions du Chêne en 2006) sur le thème du postier breton, un cheval de trait de la région
  • Regard sur soies (2000) : un regard audacieux, sincère et profond sur le cochon (la « soie » de porc étant le poil du cochon, rêche et épais, utilisé par exemple pour les pinceaux et les brosses)
  • La Robe abandonnée (2002) : il s’agit d’une mise en parallèle artistique entre le nu féminin et la sensualité du cheval

Une quinzaine des photos de Michèle Le Braz est actuellement exposée dans les rues de Landerneau (jusqu’en novembre 2017), en attendant la parution de son prochain ouvrage : Les Silences de la terre.

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Les pilleurs d’épaves et les naufrageurs

Les naufrages de bateaux ont longtemps permis aux habitants des côtes bretonnes d’améliorer leurs conditions de vie en pillant, sur place, les cargaisons échouées : du bois, du tissu, des denrées (alcool, épices…). Le malheur des uns fait le bonheur des autres. Ci-dessous, une gravure de Hippolyte Lalaisse (1810-1884) intitulée Scène de naufrage au pays de Kerlouan :

Scène_de_naufrage_au_pays_de_Kerlouan_Gravure_Hyppolyte_Lalaisse

On a longtemps raconté que les habitants de la côte provoquaient carrément les catastrophes en attirant les navires sur les écueils, grâce à des lanternes allumées en haut des falaises pour faire croire à des balises maritimes.

L’historien romantique Jules Michelet fait partie de ceux qui ont alimenté le mythe des naufrageurs en écrivant, dans Tableau de la France, paru dans La Revue des deux Mondes en 1832 :

La nature est atroce, l’homme est atroce et ils semblent s’entendre. Dès que la mer leur jette un pauvre vaisseau, ils courent à la côte, hommes, femmes et enfants, ils tombent sur cette curée. N’espérez pas arrêter ces loups ; ils pilleraient tranquillement sous le feu de la gendarmerie. Encore, s’ils attendaient toujours le naufrage, mais on assure qu’ils l’ont souvent préparé. Souvent, dit-on, une vache, promenant à ses cornes un fanal mouvant, a mené les vaisseaux sur les écueils. Dieu sait alors quelles scènes de nuit ! On en a vu qui, pour arracher une bague au doigt d’une femme qui se noyait lui coupaient le doigt avec les dents. L’homme est dur sur cette côte. Fils maudit de la création, vrai Caïn, pourquoi pardonnerait-il à Abel ? La nature ne lui pardonne pas.

Toutefois, si les pilleurs d’épaves ont bel et bien existé, le fantasme des naufrageurs n’a aucun fondement historique.

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Les enclos paroissiaux

Le Finistère tout entier est imprégné d’un passé religieux : calvaires aux croisements des routes, retables impressionnants dans certaines églises, chapelles disséminées dans tous les petits bourgs… et bien sûr, les enclos paroissiaux.

Le principe de l’enclos paroissial n’a, à la base, rien de spécifiquement breton : il s’agit d’un ensemble architectural composé d’une église, d’un cimetière, d’un muret, et parfois d’une porte monumentale, d’un calvaire, d’un ossuaire… Mais en Bretagne, et en particulier dans le Finistère, la construction des enclos paroissiaux a pris une ampleur très particulière : parce que la ferveur religieuse y était intense, parce que les villes y étaient prospères (commerce du lin, par exemple).

Il est assez délicat, voire à peu près impossible, de bien photographier un enclos paroissial dans sa globalité. J’ai finalement glané deux photos plutôt réussies sur internet. Il s’agit des enclos paroissiaux de Gouesnou et de Guimiliau :

1280px-Gouesnou_15_L'église_et_l'enclos_paroissial

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Beaucoup de choses m’émeuvent dans ces ensembles spectaculaires : l’investissement (religieux, créatif, émotionnel) dont ils témoignent, l’utilisation si touchante des matériaux locaux, le monde végétal (le lichen) qui envahit inexorablement le monde minéral, le muret qui ceint l’ensemble architectural pour délimiter le sacré du profane, ou encore la multitude de détails qu’offre à notre regard chaque mètre carré de ces constructions : détails religieux bien sûr, gargouilles aussi, mais également des clins d’œil aux croyances locales ou encore à la nature. Par exemple, ci-dessous, voici une représentation du serviteur de la mort, l’ankou (sur le toit d’un ossuaire) et un oiseau picorant une grappe de raisin (sur le portail d’une église) :

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Pays de bruyère et d’ajoncs

Plusieurs endroits du Finistère offrent de magnifiques paysages de bruyère, parmi lesquels l’île d’Ouessant, la pointe de Dinan (attention, pas de lien avec la ville de Dinan) ou encore, juste à côté, le Cap de la Chèvre. Mêlée aux fleurs jaunes des ajoncs, la bruyère attire des milliers d’abeilles, dont le doux bourdonnement perce dans le vent. J’ai pris les deux photos suivantes sur la pointe de Dinan :

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Le cloître de l’abbaye de Doualas

J’ai adoré découvrir cet endroit qui réunit une abbaye, une chapelle, un cimetière, un splendide jardin médicinal (voir troisième photo, glanée sur le net) et surtout, les magnifiques restes d’un cloître. D’une façon générale, je suis très sensible à la beauté et à la sérénité qu’offrent les cloîtres (sauf s’ils sont trop austères). Celui-ci, humble et bucolique, en résonance avec la nature environnante, m’a profondément émue.

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Bretagne de papier : le formidable travail de Bernard Jeunet 

Bernard Jeunet collabore régulièrement avec Bretagne Magazine depuis 2007 et c’est justement en feuilletant le vieux numéro de juillet 2009, consacré aux contes et légendes de la mer, que j’ai découvert son merveilleux travail. J’avoue être restée littéralement ébahie devant ses silhouettes poétiques : korrigans, sirènes, naufrageurs, monstres marins…

Chacune des créations de Bernard Jeunet me fait penser à un diorama (reconstitution raisonnée d’une scène, fictive ou réelle, en général dédiée aux musées). Car oui, quelque part, l’artiste nous raconte une Bretagne foncièrement authentique (celle des Bretons !), qu’elle soit réelle ou fantasmée.

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Bernard Jeunet est diplômé des Beaux-Arts de Rennes. Ses matériaux : du papier et du carton de récupération, de la gouache et du pastel. Il découpe, déchire, froisse, plie et assemble ses bouts de papier sur des fils de fer pour donner naissance à des personnages bourrés de délicatesse et de fraîcheur.

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Il a beau avoir mis les pieds dans le monde des adultes il y a maintenant un bon bout de temps, l’enfance reste l’univers privilégié de Bernard Jeunet. Il a d’ailleurs réalisé les illustrations d’une vingtaine d’albums pour les jeunes lecteurs.

Le monde moderne ne l’intéresse pas et il l’assume :

Je déteste les ordinateurs, les portables. Je suis incapable de tenir un volant et d’utiliser la technique. Mon archaïsme est une façon de dire non, une manière de résister.

A propos de son amour pour le papier, il explique :

J’ai toujours travaillé le papier, c’est presque une seconde nature. Enfant, je n’avais pas de grands moyens pour jouer et je créais déjà mes décors et mes personnages.

S’il ne cherche surtout pas la célébrité, son talent fait malgré tout parler de lui à l’étranger 🙂 et il arrive que ses œuvres passent la frontière pour les besoins d’une exposition.

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Pour aller plus loin :

  • le site officiel de Michèle Le Braz propose la visualisation d’une cinquantaine de ses photos : ici
  • une présentation du très beau site de l’abbaye de Daoulas : ici
  • les 10 plus belles plages bretonnes selon L’Express : ici
  • une présentation des enclos paroissiaux bretons : ici
  • pour en savoir plus sur l’ankou, un site consacré à la Bretagne en parle : ici
  • les lichens maritimes, un univers à part, détaillé ici
  • les livres illustrés par Bernard Jeunet sont en vente sur le net : ici