Fleurs de béton à Paris (3)

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(rue du Chemin Vert)

Arpenter les rues de Paris avec un appareil photo quand il fait beau, j’adore ça ! Il suffit de lever la tête, de laisser traîner son regard sur les murs ou de se faufiler dans une impasse pour découvrir des tas de petits trésors du street art. Après mes balades de juin 2016 et d’octobre 2017, voici quelques photos de mai 2018 🙂

Manger vegan et bio, c’est fun (le lieu : Véro l’autre cantine au 30, rue Popincourt) :

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50 ans après mai 68, les murs du passage de la Folie-Regnault résonnent…

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Are you a black bloc ?

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Les sans-papiers s’affichent sur les murs :

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A deux pas du cimetière du Père-Lachaise, un chouette hommage à Jacques Higelin, monté au ciel en avril dernier…

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Grimper sur les toits de Paris, rien de plus simple quand on est un kraken (à deux pas du canal Saint-Martin) :

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Vandalisme, ou bienheureuse irruption de l’art dans le train-train quotidien ?

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Ici et maintenant…

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Pour aller plus loin :

  • sur le site de Lundimatin, l’article Vandalisme, Épigraphie a collecté de nombreux graffitis relatifs à la Loi Travail
  • la page La rue ou rien compile un très grand nombre de sympathiques graffitis, souvent tout frais !
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Animaux marins : le plastique, c’est diabolique

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Le chiffre fait franchement froid dans le dos : 8 millions de tonnes de plastique finissent dans l’océan chaque année ! En quelques décennies, l’espèce humaine aura ainsi plastifié la planète et fait émerger, à la surface de tous les océans, plusieurs « continents de plastique ». Il s’agit d’immenses amas de déchets, dont les premières victimes sont les animaux. En effet, les déchets en plastique intoxiquent, blessent et, souvent, tuent les animaux marins 😦

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Les 5 continents de plastique

06 bisLes scientifiques identifient principalement 5 océans de plastique : des tonnes de plastique rejoignent continuellement les gyres océaniques (tourbillons formés par les courants marins) pour former d’immenses « soupes de plastique » (celle du Pacifique Nord ferait 3 fois la taille de la France, réunissant 80 000 tonnes de déchets, dont une large partie de matériel de pêche abandonné en mer, comme dans tous les océans par ailleurs).

Malheureusement, le plastique est encore et toujours un marché en expansion, et les lobbys de la production plastique sont puissants. Ainsi, les spécialistes estiment qu’en 2050, l’être humain aura déversé 12 milliards de tonnes de plastique dans les océans… au secours !

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Les animaux, premières victimes du plastique

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Les animaux (oiseaux marins compris) sont les premières victimes du plastique, et cela pour de multiples raisons :

  • les déchets de plastique les emprisonnent, les étranglent (filets de pêche), les étouffent, entravent leurs mouvements (et la croissance des jeunes), les paralysent…
  • les animaux avalent les déchets en plastique parce qu’ils les confondent avec leur nourriture, et en meurent souvent : à titre d’exemple, les tortues ingèrent des sacs en plastique en pensant qu’il s’agit de méduses (leur mets favori)
  • non seulement les déchets en plastique terminent leur étrange voyage dans l’estomac des animaux, mais en plus, ils intoxiquent leurs tissus (le plastique étant bourré de chimie)
  • le micro-plastique (plastique micro-fragmenté au fil du temps sous l’action du soleil et du sel de mer, ou encore micro-particules de plastique provenant de produits tels que les produits cosmétiques : exfoliant, dentifrice…) est présent dans tout la chaîne alimentaire, depuis le zooplancton jusqu’aux mammifères marins (et aux humains)

L’ONG WWF résume ainsi le rôle absolument dramatique que joue le plastique dans la vie des animaux :

Les plastiques, qui ont envahi nos océans en milliards de particules ou en déchets de plus grande taille, ont non seulement un impact mécanique sur les animaux qui les ingèrent ou qui s’y emmêlent, mais aussi un impact chimique car leurs composés (comme les phtalates) se dissolvent dans le milieu naturel et intègrent également la chaîne alimentaire.

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Le plastique, un monstre alimenté par nos habitudes de consommation

Depuis les années 1950, le plastique a pris une ampleur monstrueuse sur notre planète car il est devenu omniprésent dans notre quotidien : santé, loisirs, transports, récipients de produits ménagers, alimentation, jouets pour enfants, ordinateurs, téléphones…

Beach pollution. Plastic bottles and other trash on sea beach

Si l’on sait que le plastique est indispensable dans certaines domaines (matériel médical par exemple), on sait aussi qu’il est possible de faire une croix sur le plastique dans de nombreux univers : jouets pour enfants, suremballage (tout ce qu’on achète aujourd’hui est emballé…), pailles, gobelets jetables… Il ne tient donc qu’à chacun de nous de limiter les dégâts en modifiant nos habitudes de consommation !

Concrètement, dans le monde, seul 9 % du plastique est recyclé, 12 % brûlé et 79 % dispersé dans les décharges et dans l’environnement.

2 milliards d’habitants sur notre planète n’ont pas de système de ramassage/traitement des déchets. C’est le cas d’une large partie de l’Asie, alors même que cette région du monde produit une quantité particulièrement importante de plastique ! En outre, l’incinération et les déchetteries occasionnent de toute façon beaucoup de pollution et de maladies.

Ci-dessous, le surfer Dede Surinaya photographié par Zak Noyle en Indonésie, plus précisément à Java, l’une des îles les plus polluées du monde :

photographe Zak Noyle

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Pour aller plus loin :

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Poèmes d’hiver du bout du monde

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(nid douillet d’une geisha)

Quelle allégresse, il neige en région parisienne !

La neige a toujours inspiré les artistes : les peintres flamands comme Peter Bruegel, les impressionnistes et Sisley en particulier, les peintres naïfs de Russie, mais aussi les artistes asiatiques.

En Chine et au Japon, chaque saison est considérée comme profondément poétique. Les beautés de l’hiver invitent à la contemplation et la neige réjouit les cœurs. L’architecture japonaise propose d’ailleurs des « fenêtres pour contempler la neige » (yukimi shoji).

Très loin des préoccupations occidentales, la poésie asiatique n’est pas une performance ou un exercice de style. Bien au contraire, elle se caractérise par le dépouillement, l’humilité : pas d’artifices, pas de rimes, pas de digressions, pas d’ego. Pourquoi ? Parce qu’en Asie, on écrit des poèmes dans le seul but de retranscrire, avec intimité, la beauté pure et intrinsèque des détails de la nature (la douceur et le silence d’un matin de neige, la silhouette émouvante d’un vieil arbre tordu, la magnificence d’un paysage de montagnes et de brumes…) et non pas d’inventer d’autres mondes pour fuir la réalité. Les lettrés japonais et chinois ne souhaitent en aucun cas transformer ce qu’ils voient. Leur seule ambition : louer la beauté du monde et les joies du corps.

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Voici quelques jolis haïkus (poèmes japonais en 3 vers et 5/7/5 syllabes) sur le thème de l’hiver et de la neige :

dénuement hivernal
des petits oiseaux picorent
l’ail odorant dans le potager
(Buson ~ 1716-1783)

elle couvre soit la tête
soit les pieds
la vieille couverture
(Buson ~ 1716-1783)

assoupi
caché en moi-même
réclusion hivernale
(Buson ~ 1716-1783)

sans leurs cris
des hérons on serait privé
matin de neige
(Chiyo Ni ~ 1703-1775)

dormant seule
réveillée par le gel nocturne
pur ravissement
(Chiyo Ni ~ 1703-1775)

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Voici maintenant quelques poèmes chinois :

du feu plein le poêle
du vin plein la gourde
de la neige plein la cour
(Wei Chuang ~ 836-910)

j’ai assez de bûches
pour passer
cette longue nuit
(Tang Yin ~ 1470-1523)

je bourre le poêle jusqu’à ce qu’il rougeoie et mets tous mes vêtements
mais c’est seulement après une coupe que je ressens une chaleur euphorique
les gens disent qu’après le givre le froid est insupportable
ils ignorent qu’il y a du printemps dans une jarre de vin
(Yang Wan li ~ 1127-1206)

Les deux estampes japonaises de cet article sont des œuvres de Ohara Koson.

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Pour aller plus loin :

En route pour 2018 !

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J’aime bien faire, chaque année, un point sur toutes les bonnes choses de l’année précédente. Voici pour 2017 :

  • j’ai assisté à des tas de conférences passionnantes, sur des thèmes aussi variés que la santé (le microbiote intestinal), la politique et l’Histoire (les murs dressés à travers le monde, Malcolm X, l’agriculture bio), la Chine (philosophie, peinture), la psychologie (la dissonance cognitive), et bien sûr les animaux (la photographie animalière, les intelligences animales, les pandas, les araignées, la libération animale, l’antispécisme…)
  • j’ai visité des musées, découvert de belles expositions (les voitures de collection au salon Rétromobile, les créations Disney au Musée de l’Art Ludique…)
  • j’ai donné mon sang régulièrement
  • j’ai découvert la peinture expressionniste de Alexej von Jawlensky et de Gabrielle Münter
  • j’ai passé une journée de rêve au Salon du Livre !
  • j’ai suivi, avec bonheur, plusieurs émissions littéraires régulièrement : « Le Masque et la Plume » sur France Inter, « Bibliothèque Médicis » sur LCP, « La Grande Librairie » sur France 5
  • j’ai beaucoup lu
  • j’ai adoré La Terre de Zola et Le Chœur des femmes de Martin Winckler
  • je suis devenue végétalienne
  • j’ai participé à la marche Fermons les abattoirs
  • j’ai découvert plusieurs restaurants végétariens, végétaliens
  • j’ai observé et appris plein de choses sur les animaux
  • j’ai passé une semaine magnifique dans le Finistère
  • j’ai moins peur du dentiste 😀
  • j’ai découvert des aliments formidables : noix du Brésil, chou kale, patate douce…
  • je me suis accrochée à mon projet de réorientation professionnelle, malgré plusieurs facteurs de doute, de stress et de découragement
  • j’ai réussi mes examens d’entrée à l’Ecole des Métiers de l’Information

Ce que je souhaite pour l’année 2018 : j’ai l’impression que le genre humain commence enfin à regarder la faune, la flore et l’environnement avec plus de respect et de curiosité, moins d’anthropocentrisme. Pourvu que ça s’accélère. La lutte continue !

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Mes burgers vegan préférés sur Paris

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(miam miam, chez Hank Burger)

Pour ceux qui se poseraient encore la question, non, les termes « junk food » et « vegan » ne sont pas antinomiques. Car oui, on peut aimer les animaux et avoir envie, de temps en temps, de manger absolument n’importe quoi. Et quand c’est délicieux, c’est encore mieux !

J’ai enfin mis les pieds chez Super Vegan, le fast-food qui n’oublie pas d’être éthique ET de proposer des plats délicieux. Concrètement, les deux meilleurs burgers vegan que j’ai consommés jusque là sont ceux de Hank (55, rue des Archives, 75003) et de Super Vegan (118, rue des Moines, 75017), deux restaurants cruelty free tenus par des vegans. Super Vegan propose également le burrito et le kekab (à la même adresse). Quant à Hank, l’enseigne propose également des pizzas (rue de Gravilliers cette fois).

Dans les deux cas :

  • consommation sur place ou à emporter au choix
  • accueil sympathique
  • ambiance bon enfant
  • animaux admis 🙂
  • attention : très gros risque d’addiction car franchement, on s’en lèche les babines 🙂

Ci-dessous, des photos de Super Vegan 

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Et ci-dessous, des photos de Hank Burger

Le burger en version béarnaise, en bas à droite, est tout simplement à tomber par terre…

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Pour aller plus loin :

  • le site Vegoresto recense tous les établissements en France qui proposent des plats végétariens ou végétariens, c’est très pratique : ici
  • Super Vegan a un site et une page Facebook
  • Hank également a un site et une page Facebook

La vie est un terrain de jeux

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Malgré mes tests d’évaluation qui approchent à grands pas (je postule pour une formation de 8 mois à l’Ecole des Métiers de l’Information), je reste à peu près zen.

Mes petits et grands plaisirs du moment :

  • me jeter à corps perdu dans un roman : La Terre de Zola
  • bientôt lire Pot-Bouille du même auteur
  • découvrir plusieurs restaurants végétaliens (et en particulier le fast food Super Vegan, voir article suivant)
  • boire des tisanes à longueur de journée
  • donner mon sang à l’Etablissement Français du Sang
  • observer des animaux
  • aller voir A beautiful day au cinéma, en particulier pour Joachim Phoenix
  • cuisiner (100% vegan évidemment)
  • découvrir le chou kale et ses vertus (voir ci-dessous)
  • transformer mon studio de 18m² en nid, trouver le fauteuil parfait, changer les posters
  • faire la marmotte

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Le chou kale : un super-aliment pour les vegans

Le chou kale connaît en ce moment une poussée de popularité (d’abord aux Etats-Unis, maintenant en Europe). On l’utilise beaucoup dans les smoothies. Chez les végétaliens, il est particulièrement apprécié pour sa haute teneur en calcium. Pour préserver ses nombreuses vertus nutritives, il est préférable de le consommer cuit à la vapeur ou idéalement, cru.

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En ce qui me concerne, je l’émiette (cru) dans une poêlée de riz et de légumes, à feu doux, 2-3 minutes avant consommation (juste pour l’attendrir). Ci-dessous : poêlée avec huile d’olives, branches de brocolis, champignons émincés, riz blanc, chou kale émietté, sel et poivre. C’était super bon 🙂

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Pour aller plus loin :

  • découvrez les vertus du chou kale : ici
  • tout un tas de conseils et de recettes vegan : ici

Option végétalienne dans les cantines publiques : c’est pour quand ?

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Plusieurs pays l’affirment officiellement depuis déjà plusieurs années, études scientifiques à l’appui : une alimentation végétalienne bien menée est tout à fait adaptée et même bénéfique aux êtres humains, y compris pour les plus fragiles (nourrissons, femmes enceintes, personnes âgées) et les sportifs.

A l’instar du Canada ou de l’Angleterre, les recommandations officielles du Portugal sont catégoriques sur la question, et ça fait du bien ! Voilà comment la Direction générale de la Santé du Portugal s’exprime sur le sujet :

La discussion est lancée et passionne désormais les épidémiologistes, les médecins de santé publique, les nutritionnistes et autres professionnels de santé à propos des avantages de la consommation de produits végétaux et de leur rôle dans la prévention des maladies, principalement celles qui prévalent dans notre société : maladies cardiovasculaires, cancers, obésité et diabète. Les études montrent non seulement l’importance d’une consommation régulière d’aliments végétaux, mais également le fait qu’une alimentation reposant exclusivement sur ces produits protège aussi bien, sinon mieux, la santé humaine. D’un autre côté, nous savons aujourd’hui qu’une alimentation exclusivement végétarienne, si elle est bien menée, peut combler les besoins nutritionnels d’un être humain et peut être adaptée à tous les stades du cycle de la vie, notamment aux femmes enceintes et qui allaitent, aux nourrissons, aux adolescents, aux personnes âgées et même aux sportifs.

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Attardons-nous quelques instants sur le Portugal

Le 3 mars 2017, le Parlement portugais a adopté un projet de loi imposant au minimum une option végétalienne (c’est-à-dire sans produits animaux) dans tous les menus des établissements publics : hôpitaux, établissements scolaires, prisons… N’est-ce pas la moindre des choses ? Au nom de quoi peut-on imposer, dans un pays moderne et éclairé, une consommation de produits animaux aux êtres humains ? Cette loi est dorénavant effective (les établissements concernés avaient 6 mois pour s’organiser). Génial  🙂

Non seulement cette avancée permet aux végétaliens de se nourrir normalement (l’absence d’alternatives végétaliennes, ça complique le quotidien et ça peut marginaliser !), mais en plus, cela va encourager les omnivores à varier leur alimentation et à consommer davantage de plats végétaliens. Au final, c’est bénéfique pour tout le monde : pour la santé des omnivores, pour l’intégration des végétaliens, et bien sûr pour nos amis les animaux 🙂

Nuno Alvim, porte-parole de l’Association Végétarienne Portugaise, se félicite de ce beau pas en avant et explique :

Nous pensons que c’est une avancée majeure pour le Portugal car c’est la première fois qu’une loi mentionne spécifiquement le végétarismeCette loi favorisera la diversité des habitudes alimentaires et encouragera davantage de gens à choisir l’option végétalienne, car elle deviendra plus accessible.

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Comment se fait-il que la France ne s’y soit pas encore mise ? 

Les Portugais sont, comme les Français, de gros consommateurs de produits animaux :  ils mangent de la viande (porc, mouton, volaille), du poisson et des crustacés, du fromage de chèvre ou de brebis, des pâtisseries à base d’œufs et de lait. Bref, ils sont à peu près aussi omnivores que nous. Et pourtant, ils ont bel et bien sauté le pas de l’option végétalienne dans les cantines publiques. Il y a fort à parier qu’en France, les lobbys des produits laitiers et de la viande sont particulièrement puissants et dissuasifs…

Pour l’heure, 160 000 Français ont signé la pétition de Yves Jégo (homme politique de droite, chacun son truc, mais ce n’est pas le sujet) pour une alternative végétarienne (et non pas végétalienne, ça montre à quel point la France est frileuse sur la question…) dans les cantines scolaires françaises (pétition dorénavant close, voir ici). Plusieurs villes en France ont déjà fait la démarche d’instaurer un menu végétarien (et non pas végétalien, encore une fois) dans leurs cantines (exemples : Perpignan, Lyon, 2e arrondissement de Paris…). Soyons optimistes et espérons que notre pays suivra rapidement l’exemple du Portugal : une vraie option végétalienne quotidienne à l’échelle nationale, ce n’est tout de même pas la mer à boire !

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Pour aller plus loin :

  • voici les recommandations nutritionnelles des États-Unis, de l’Australie, du Canada, de l’Angleterre ou encore d’Israël : ici
  • voici le récit de deux touristes gourmands et végétaliens au Portugal, en juillet 2016 (article en anglais) ici

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