La pirolle verte, joyau d’Asie

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(pirolle verte ou Cissa chinensis)

Comme vous pouvez le constater en flânant sur ce blog, le monde des oiseaux, de par sa richesse infinie, me fascine. J’ai déjà eu l’occasion d’évoquer, par exemple, la représentation du martin-pêcheur dans la peinture chinoise, les « oiseaux de paradis » endémiques de la Nouvelle-Guinée, les oiseaux de Guyane photographiés par Tanguy Deville, les oiseaux qui peuplent le cimetière du Père-Lachaise au printemps, la couleur bleue chez les oiseaux ou encore l’inventivité de la faune avicole.

Grâce à Internet, n’importe qui peut approcher les oiseaux du bout du monde en quelques clics. C’est ainsi que j’ai découvert la pirolle verte (Cissa chinensis), au merveilleux plumage coloré. Difficile de ne pas tomber sous le charme 🙂

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Dans la forêt tropicale asiatique

La pirolle verte appartient à la famille des passereaux et plus précisément à la catégorie des corvidés. Elle vit principalement dans le sud-est de l’Asie, dans l’univers luxuriant de la forêt tropicale. La pirolle apprécie les lisières des zones boisées, les forêts de bambous et les cours d’eau. Pour chercher sa nourriture, cet oiseau se déplace en petit groupe. Il consomme principalement des insectes, mais également des grenouilles, petits reptiles, petits oiseaux. Sa ponte comprend entre 3 et 7 œufs.

localisation pirolle verte

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Oiseau-bijou

Avec son splendide camaïeu de verts, ses lores noires et son bec rouge corail, la pirolle ressemble à une créature du paradis

Bien que cet animal ne soit pas particulièrement courant (on ne le trouve pas en très grand nombre sur son aire de répartition), l’IUCN (Union internationale pour la conservation de la nature) ne le considère pas comme faisant partie des espèces menacées (population en baisse). Malheureusement, étant donné son plumage particulièrement esthétique, il est chassé pour être vendu comme oiseau d’agrément. Il est alors condamné à la cage…

(pirolle verte agrippée au tronc d’un palmier, photo Redzlan A. Rahman)

Gagak Gunung at Jelai Resort, Fraser's Hill

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John Gould, naturaliste et artiste du XIXe siècle

La pirolle verte fait partie des innombrables oiseaux peints ou dessinés par John Gould, ornithologue et naturaliste britannique du XIXe siècle. L’illustration ci-dessous, réalisée entre 1855 et 1860 avec son collaborateur Henry C. Richter, a été éditée dans son ouvrage Birds of Asia.

john gould et henry c richter cissa chinensis

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Le quotidien de la pirolle verte

J’ai trouvé sur Youtube deux vidéos qui offrent des images magnifiques. Sur la première, une pirolle verte fait sa toilette sur un point d’eau. Sur la seconde, une pirolle verte se penche sur son nid pour nourrir ses petits

 

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Pour aller plus loin :

  • la fiche de www.oiseaux.net permet d’écouter le cri et le chant de la pirolle verte
  • l’ouvrage Les Oiseaux des éditions Place des Victoires répertorie de nombreuses et belles illustrations d’oiseaux des quatre coins du monde, du XVIIe siècle jusqu’à nos jours
  • l’ouvrage Au cœur des jungles, dans la collection Les Yeux de la découverte des éditions Gallimard, fait un joli tour d’horizon des forêts tropicales de la planète (Amériques centrale et du Sud, Asie, Afrique…) en évoquant, avec des textes pédagogiques et de nombreux illustrations, leurs caractéristiques respectives

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Les secrets de la panthère des neiges

panthere neiges panthera uncia 02

(les « pièges » photographiques permettent d’observer les animaux sans les déranger)

Dans son rapport bisannuel « Planète vivante » 2016-2017, publié le mardi 30 octobre 2018 dernier, le Fonds mondial pour la Nature (WWF) fait un constat désolant : la population des animaux vertébrés a chuté de 60 % en moyenne en 40 ans. Cet effarant déclin s’explique par la pollution, le réchauffement climatique, le braconnage, la déforestation et l’agriculture, ou encore la fragmentation des lieux de vie des animaux par les routes, barrages, etc.

Tandis que la biodiversité décroit à grande vitesse, qu’en est-il de la panthère des neiges (Panthera Uncia) ?

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Une espèce difficile à observer

Cet animal à la beauté impériale (il n’a aucun prédateur à part l’humain) vit dans les zones montagneuses d’Asie. Il a été observé dans 12 pays, parmi lesquels la Chine, la Mongolie, le Népal ou encore le Pakistan.

Avec sa magnifique fourrure tachetée, la panthère des neiges est une reine du camouflage : quand elle s’immobilise, elle devient quasiment invisible dans les paysages de rochers et de neige. Elle se nourrit d’ongulés, de marmottes, de végétaux, et s’attaque parfois aux troupeaux des bergers.

Il s’agit d’un animal difficilement observable. En effet, ce magnifique félin évolue dans des zones peu accessibles. Il est donc compliqué pour les scientifiques d’indiquer précisément la densité de sa population. Il existerait à ce jour entre 4000 et 6500 panthères des neiges en Asie.

Pour observer les comportements de la panthère des neiges, et donc mieux la protéger, les associations ont recours à deux outils : le collier GPS (qui nécessite d’endormir l’animal) et surtout, le « piège » photo/vidéo.

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Voici deux vidéos enregistrées par l’association WWF

Ci-dessous, la vidéo déchirante d’une panthère des neiges dont la patte a été prise dans le piège d’un braconnier. Courageuse, on la voit malgré tout continuer à vivre, avec cette mâchoire de fer devenue un épouvantable prolongement d’elle-même…

Et voici, au contraire, l’attendrissante et réjouissante vidéo d’une femelle en vadrouille avec ses trois adorables petits :

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De nombreux dangers menacent la panthère des neiges :

  • le braconnage (on chasse le félin pour ses os, utilisés dans la médecine chinoise, et pour sa fourrure)
  • les activités humaines en expansion, les pâturages
  • le conflit avec l’humain (qui traque le félin pour éviter que celui-ci ne s’en prenne à son troupeau)
  • la fragmentation de son habitat naturel
  • le changement climatique

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Le travail de WWF

L’association WWF travaille à la protection d’une quarantaine d’espèces animales, dont la panthère des neiges. Elle participe ainsi à l’information et à la pédagogie auprès des populations humaines qui côtoient l’animal, à la construction de bergeries (pour que les animaux d’élevage soient mieux protégés des éventuelles attaques de la panthère des neiges) et aux indemnisations en cas d’attaque des troupeaux.

Ce travail sans relâche a porté ses fruits, avec une évolution du statut de la panthère des neiges dans le classement de l’Union internationale pour la conservation de la nature (IUCN) : le félin est passé d’espèce « en danger d’extinction » (depuis plusieurs décennies) à « espèce vulnérable » depuis 2017.

Mais si la situation s’est stabilisée, les mêmes efforts doivent évidemment être maintenus, et d’autant plus que le changement climatique représente maintenant une autre menace bien réelle : en provoquant un déplacement progressif de la végétation vers les hauteurs, le réchauffement climatique pousse, du même coup, la panthère des neiges à se retrancher toujours plus haut en montagne, c’est-à-dire sur des espaces plus limités.

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Pour aller plus loin :

panthere neiges irbis1983