Vincent Munier, photographe engagé pour la faune sauvage

vincent munier atele

(atèle, Pérou)

Vincent Munier, considéré comme un des plus grands photographes animaliers de sa génération, a prêté une centaine de ses clichés à l’ONG Reporters sans frontières pour la réalisation du 59e numéro de la revue 100 photos pour la liberté de la presse, sorti le 8 novembre et consacré aux journalistes de l’environnement. Ces derniers enquêtent sur des problématiques qui impactent les humains mais aussi les animaux, qui sont pourtant les habitants les plus légitimes de ces royaumes saccagés…

vincent munier 01

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L’amour des espaces sauvages

Ayant grandi dans les Vosges, élevé par un père très investi dans la protection de la nature, Vincent Munier a toujours aimé observer les animaux de la forêt. Il réalise ses premières photos à l’âge de 12 ans. Cette étape représente un moment charnière de son existence :

J’ai eu mon premier appareil entre les mains vers 12 ans. À cette époque, mon père m’a laissé seul en forêt, à l’affût, sous un filet de camouflage dans une allée forestière, avec un vieux Reflex qu’il m’avait prêté. Après plusieurs heures d’attente, trois petits chevreuils se sont approchés tout près de moi… C’est resté un moment fascinant : j’ai pris des photos complètement floues tellement je tremblais d’émotion, mais j’en garde un souvenir troublant. Dès lors, je n’avais plus qu’une idée en tête : sillonner la forêt pour photographier la nature, puis, peu à peu, les animaux sauvages. Je fuyais les bancs de l’école pour rejoindre la nature : le jour du rattrapage du bac, par exemple, j’étais à l’affût du faucon pèlerin…

(ânes sauvages, Tibet)

anes sauvages vincent munier

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Affût, camouflage et patience

Vincent Munier ne craint ni la solitude, ni l’inconfort des voyages extrêmes, ni le grand froid. Pour photographier les animaux qui le fascinent, il va au bout du monde et s’adapte sans rechigner aux conditions parfois très difficiles qui s’imposent à lui. Il a ainsi exploré les pôles, l’Amazonie, les hauts plateaux d’Asie, le Japon ou encore l’Afrique. Il a également réalisé de superbes photos au cœur de sa région natale (cerfs, lynx boréaux…), qui reste son point de chute.

Son objectif : s’approcher au plus près des animaux qui l’émerveillent, les observer dans leur environnement naturel et en immortaliser la magnificence, tout cela sans les déranger. Pour ce faire, il est prêt à patienter des jours, des semaines, parfois des mois. Il utilise la technique de l’affût et du camouflage. Ainsi, il ne fait pas peur aux animaux, qui le remarquent à peine et ne s’inquiètent pas de sa présence.

(panthère des neiges, Tibet)

vincent munier panthere neiges

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Artiste éthique

Vincent Munier expose dans des galeries en Europe et aux États-Unis (on peut actuellement admirer ses photos à la galerie Blin plus Blin, dans le VIIe arrondissement de Paris, au 46, rue de l’Université). Les plus grandes revues publient régulièrement ses travaux. Mais si l’artiste a acquis une renommée internationale, il garde de bonnes distances avec les sirènes du succès. En 2010, pour rester en accord avec ses convictions, il a créé sa propre maison d’édition, Kobalann, qui lui permet d’éditer ses travaux selon des critères exigeants : ligne éditoriale bien à lui, collaboration avec des entreprises artisanales.

En outre, il soutient plusieurs associations de protection de la faune sauvage telles que WWF.

(lièvre laineux, Tibet)

vincent munier lièvre

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Pour aller plus loin :

  • En kiosque depuis le 8 novembre, le numéro 59 de 100 photos pour la liberté de la presse s’intéresse aux difficultés que rencontrent, aux quatre coins du monde, les journalistes qui enquêtent sur l’environnement. Parce qu’ils dérangent les responsables de la déforestation illégale, des  extractions minières ou encore de la pollution des eaux, les conditions de travail de ces journalistes sont particulièrement difficiles dans certains pays. Ils sont souvent censurés, menacés, poursuivis en justice, jetés en prison (Russie, États-Unis…), et parfois assassinés (Brésil, Inde, Philippines, Mexique…). Les recettes de vente de la revue seront entièrement reversées à l’ONG Reporters sans frontières !
  • Voici un joli portrait de Vincent Munier réalisé par Le Parisien en 2016.
  • Et voici une interview intéressante de Vincent Munier réalisée par le magazine Kaizen en 2014.
  • J’ai consacré un article à la panthère des neiges il y a quelques jours, le voici.

(ci-dessous, des bœufs musqués photographiés en Norvège)

vincent munier boeufs-musques 03.jpg

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