Antarctique : to krill or not to krill

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(gros plan d’un krill, photo de Paul Nicklen)

Quand on tape « krill » sur internet, les moteurs de recherche nous proposent en premier lieu des sites commerciaux : vente, en gros ou au détail, d’huile de krill, de compléments alimentaires à base de krill ou encore de nourriture pour poissons d’ornement. Pourtant, bien avant d’être une source d’antioxydants ou d’oméga 3 en vogue chez les Européens et les Américains argentés, le krill (krill antarctique ou Euphausia superba) est une petite bête absolument essentielle à son environnement : elle est la base de toute la chaîne alimentaire de l’Antarctique !

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La base de la chaîne alimentaire en Antarctique

Le krill est un petit crustacé qui ressemble à une crevette. Les krills consomment du phytoplancton et se déplacent en essaims immenses. Toute la chaîne alimentaire de l’Antarctique dépend du krill : les baleines, les phoques, les manchots, les otaries, les poissons et les oiseaux (albatros, pétrels…). Les scientifiques considèrent que du point de vue de la biomasse, le krill pèse entre 125 et 725 millions de tonnes.

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(léopard de mer, photo de Paul Nicklen)

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Le krill en danger

Depuis plusieurs décennies, le krill est en danger. Qu’est-ce qui le menace ? En premier lieu, le réchauffement climatique. En effet, celui-ci entraîne une diminution de l’aliment principal du krill : le phytoplancton. En outre, le krill, dans les premiers stades de son évolution, a besoin de la banquise pour survivre, or cette dernière se réduit comme peau de chagrin à cause du réchauffement climatique.

Deuxième menace pour le krill : le déclin des réserves de poisson lié à la surpêche. En effet, pour compenser le manque de poissons, la pêche internationale pratique de plus en plus la pêche au krill. 100 000 tonnes de krill sont pêchés chaque année.

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(manchot papou qui jette un oeil sous l’eau, photo de Paul Nicklen)

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Actions, victoires et projets de Greenpeace

En mars 2018, après 3 mois d’expédition, l’ONG Greenpeace a établi un rapport qui démontre que la pêche au krill en Antarctique, en plus de faire directement concurrence aux animaux qui en consomment, les dérange sur leurs lieux de vie et s’avère potentiellement très polluante.

Début juillet 2018, grâce à de fervents défenseurs de l’Antarctique comme Greenpeace, plusieurs industriels de la pêche au krill, et pas des moindres (ils représentent 85 % de la pêche au krill en Antarctique) se sont engagés à ne plus pêcher sur de larges zones sensibles du continent austral. Une belle victoire pour l’écosystème de l’Antarctique !

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(essaim de krills, photo de Paul Nicklen)

Défendre le krill est évidemment pour Greenpeace un moyen parmi d’autres de protéger le dernier lieu encore à peu près préservé de notre planète. L’idée : limiter au maximum toute exploitation commerciale, ralentir la colonisation humaine. L’ONG met d’ailleurs en ce moment tout en oeuvre pour qu’une deuxième Aire Marine Protégée (après celle de la mer de Ross, 1,55 million de km2 de superficie, effective depuis 2017) soit créée en 2018 : celle de la mer de Weddell, qui deviendrait ainsi le plus grand sanctuaire marin du monde avec 1,8 million de km2 de superficie.

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(carte publiée par la revue L’Éléphant en février 2018)

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Pour aller plus loin :

  • la pétition de Greenpeace pour la création du sanctuaire marin de Wedell est toujours ouverte aux signatures, n’hésitez pas à y mettre votre grain de sel 🙂
  • Hélène Bourges, responsable du pôle Océan chez Greenpeace, a donné une interview à France Inter sur le projet de statut d’Aire Marine Protégée pour la mer de Weddell
  • toutes les photos de cet article ont été prises en Antarctique par Paul Nicklen, biologiste et photographe passionné par les pôles (voilà son site internet). Il a notamment publié un magnifique ouvrage intitulé Sublimes Pôles, aux éditions du National Geographic, dans lequel il décrit, avec des photos et quelques textes, le lien très particulier qui l’unit à la vie sauvage de l’Arctique (où il a grandi) et de l’Antarctique :

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Une réflexion sur “Antarctique : to krill or not to krill

  1. magnifique titre sur un vrai sujet 🙂
    de a disparition du krill à la gélification des océans ; même avec la passion des cnidaires (ah, Stephen Jay…), ça fait froid dans le dos.

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