Rencontre avec la grenouille-mousse

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(photo Jim Zuckerman)

D’aussi loin que je me souvienne, la mousse m’a toujours enchantée. Il me serait difficile d’expliquer précisément pourquoi. Le fait d’avoir grandi près d’une rivière doit y être pour quelque chose. Je sais aussi que j’aime les paysages préservés et purs, qui semblent témoigner de ce qu’était notre planète avant l’arrivée des humains. On sait que les mousses sont arrivées à la surface de la terre il y a environ 440 millions d’années. Quoi qu’il en soit, il me semble évident que là où il y a de la mousse, il y a de la douceur, de la poésie et de la magie 🙂

J’ai écrit en mai 2016 un premier billet sur l’amour des Japonais pour la mousse et en mars 2018 un article sur les mousses de Fontainebleau. Que ce soit en consultant des bouquins ou en visionnant des documentaires sur les beautés de la nature, je découvre régulièrement des petites choses passionnantes sur les mousses (que les scientifiques appellent bryophytes) !

De très nombreux animaux adoptent des méthodes fascinantes pour se fondre dans leur environnement et ainsi, échapper à l’œil des prédateurs (camouflage, mimétisme). En milieu humide, la mousse est visiblement une bonne technique : certaines créatures laissent la mousse se développer sur leur corps pour devenir plus discrètes, tandis que d’autres ont tout simplement pris l’apparence de la mousse ! C’est le cas de la très ravissante grenouille-mousse (Theloderma corticale) 🙂

Dans les forêts tropicales du Nord du Vietnam, dont ce magnifique batracien est endémique (on ne le trouve que là-bas, si l’on ne compte pas les zoos et les élevages), la mousse et le lichen poussent à profusion, ce qui permet à la grenouille-mousse de se protéger des prédateurs, et probablement aussi de mieux surprendre ses petites proies.

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(photo Jason Weigner)

Au Vietnam comme à peu près partout ailleurs, l’expansion de l’agriculture va de pair avec la déforestation, ce qui affecte potentiellement l’habitat de la grenouille-mousse. Toutefois, le joli petit animal aime particulièrement les zones rocheuses escarpées (parois rocheuses et grottes dans les montagnes humides), ce qui peut limiter la menace qui pèse sur lui. On le rencontre aussi dans les espaces naturels protégés du pays.

La grenouille-mousse mesure entre 7 et 9 centimètres. Elle se nourrit d’insectes, de vers, de mollusques. Elle pond ses œufs dans des cavités rocheuses remplies d’eau. Les têtards y restent jusqu’au moment de la métamorphose.

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(photo jiri Kukan)

Pour aller plus loin :

  • voici une initiation aux bryophytes très accessible et intéressante
  • Wikipédia propose une fiche développée sur le mimétisme
  • voici une courte vidéo qui vous permettra de découvrir le chant doux et discret de la grenouille-mousse :
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2 réflexions sur “Rencontre avec la grenouille-mousse

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