Au cœur de l’hiver, magie blanche chez les animaux

karik

(lagopède alpin – d’autres photos de Karik sont disponibles sur Flickr)

Quand arrive l’hiver, certains animaux des régions froides (au nord ou en altitude) changent d’apparence et troquent leur livrée brune pour un manteau blanc. On compte vingt espèces de mammifères et une espèce d’oiseau ayant cette spécificité.

Ces animaux n’hibernent pas. Leur camouflage leur permet à la fois d’échapper aux prédateurs (leur nouvelle livrée les rend invisibles dans le paysage neigeux) mais aussi de résister au froid (pelage plus épais).

Ce phénomène de mue progressive donne aux photographes l’occasion de réaliser des photos magnifiques, et d’autant plus que ces animaux évoluent dans de sublimes paysages de type toundra. On parle en général de trois toundras : la toundra arctique (liée au froid polaire), la toundra antarctique (même chose) et la toundra alpine (liée au climat d’altitude). La flore de la toundra offre un décor spécifique et magique : bruyère, graminées, carex, rochers couverts de mousses ou de lichens. Tout ce que j’aime… 🙂

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Le lagopède alpin (Lagopus muta)

(voir aussi photo ci-dessus) On l’appelle également perdrix des neiges. On l’observe principalement en Arctique, mais aussi au Japon, en Scandinavie, en Ecosse et en France. Il y a 20 000 ans (dernière période glaciaire), le lagopède alpin était très répandu dans l’Hexagone. Dorénavant, les Alpes et les Pyrénées sont les derniers bastions de cet oiseau devenu rare.

roland clerc

lagopède alpin en cours de mue – Roland Clerc

oeufs lagopede jean-françois desmet

les œufs du lagopède alpin – Jean-François Desmet

Quand l’hiver arrive, l’oiseau abandonne progressivement son plumage brun et gris pour arborer un manteau blanc. Cette mue lui permet d’échapper aux aigles et aux renards.

Pour de nombreuses raisons, l’aire de répartition de ce joli gallinacé se réduit progressivement en France :

  • le réchauffement climatique le pousse à se retrancher toujours plus haut (il a besoin d’un climat froid pour s’épanouir, se reproduire)
  • l’évolution du pâturage le perturbe (car il niche au sol)
  • la présence humaine (sports d’hiver, randonnées) le fait fuir

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Le lièvre variable (Lepus timidus)

On rencontre le lièvre variable dans les pays du nord (Russie, Groenland, Canada, Scandinavie…) mais aussi, de façon beaucoup plus limitée, dans les Alpes françaises, en Irlande, en Pologne, au Royaume-Uni ou encore au Japon.

Mountain hare running (Lepus timidus) in winter snow, Scottish Highlands, Scotland, United Kingdom

quand le lièvre variable disparaît dans le paysage…

lepus timidus 01

après l’effort, le réconfort

Sa mue le fait passer d’un pelage brun-gris à un pelage blanc. Seul le bout de ses oreilles reste noir ! Dans un environnement neigeux, il devient ainsi beaucoup plus difficile à repérer par les loups, les renards et les gloutons.

Le parc national des Écrins lui a consacré une petite fiche, Wikipédia aussi.

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L’hermine (Mustela erminea)

L’hermine ressemble fort à la belette. Elle pèse environ 300 g pour 30 cm de long. Ce ravissant mustélidé extrêmement vif se rencontre en altitude (au delà de 1000 mètres et jusqu’à 3000 mètres).

Vallone Piantonetto

quelle petite merveille ! – Fabio Bretto

Ermine, summer coat, Lower Saxony, Germany / (Mustela erminea) / Stoat

l’hermine dans sa livrée d’été – W.Rolfes

L’hermine est carnivore et excellente chasseuse. Elle consomme principalement des rongeurs, oiseaux, insectes, mais adopte occasionnellement un régime végétarien quand les circonstances ne lui permettent pas de se mettre autre chose sous la dent.

L’hermine compte de nombreux prédateurs : oiseaux de proie, renards, chouettes, cigognes, hérons… Elle évolue donc dans des environnements qui lui permettent de se cacher facilement.

En été, elle a le dos brun, le ventre blanc et le bout de la queue noire. Pour l’hiver, elle revêt un magnifique manteau blanc, à l’exception du bout de sa queue qui reste noire.

L’association suisse Pro Natura, spécialisée dans la protection de la faune sauvage, en a fait son animal de l’année 2018.

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Le renard polaire (Vulpes lagopus)

Comme son nom l’indique, le renard polaire aime le froid et s’accommode très bien de températures qui descendent à -50°C. Il vit dans les régions arctiques : Groenland, Russie, Canada, Alaska, Islande, Scandinavie…

Jacqueline Verstege 01

la curiosité est un joli défaut – Jacqueline Verstege

alain balthazard

renard polaire en vadrouille – Alain Balthazard

Quand l’hiver approche, son pelage passe du brun foncé au blanc. Pour dormir, il s’enroule dans sa longue queue afin de protéger ses pattes et son museau du froid. Le renard polaire se nourrit principalement de lemmings, lièvres, oiseaux, œufs.

Wikipédia propose une fiche assez fournie sur le renard polaire.

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Réchauffement climatique : un danger pour le camouflage

Parce qu’il ne dépend pas des températures mais bien de la durée des jours selon la période de l’année, le phénomène de mue continue d’opérer malgré le réchauffement climatique. Cela met évidemment les animaux en danger : en effet, ils évoluent dorénavant dans des espaces de moins en moins enneigés, ce qui en fait des proies faciles quand ils arborent leur manteau blanc. Pour ainsi dire, l’adaptation génétique des animaux est beaucoup plus lente que les dégâts occasionnés par l’être humain…

Pourtant, certains scientifiques, et en particulier le docteur L. Scott Mills, constatent que petit à petit, une progression s’opère parmi les animaux qui blanchissent en hiver : alors que certains individus continuent de muer pour devenir blancs, d’autres gardent leur livrée d’été toute l’année. Pour plus d’informations à ce sujet, n’hésitez pas à cliquer ici.

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Quelques images d’une beauté à couper le souffle !

Pour finir, je vous propose de découvrir une courte vidéo (2 minutes) sur ce qu’on appelle les « reliques glaciaires », ces animaux venus du froid depuis des dizaines de milliers d’années et qui vivent dans les montagnes françaises. Ces images sont tout simplement SUBLIMES. On y retrouve le lagopède alpin et le lièvre variable.

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