Animaux marins : le plastique, c’est diabolique

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Le chiffre fait franchement froid dans le dos : 8 millions de tonnes de plastique finissent dans l’océan chaque année ! En quelques décennies, l’espèce humaine aura ainsi plastifié la planète et fait émerger, à la surface de tous les océans, plusieurs « continents de plastique ». Il s’agit d’immenses amas de déchets, dont les premières victimes sont les animaux. En effet, les déchets en plastique intoxiquent, blessent et, souvent, tuent les animaux marins 😦

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Les 5 continents de plastique

06 bisLes scientifiques identifient principalement 5 océans de plastique : des tonnes de plastique rejoignent continuellement les gyres océaniques (tourbillons formés par les courants marins) pour former d’immenses « soupes de plastique » (celle du Pacifique Nord ferait 3 fois la taille de la France, réunissant 80 000 tonnes de déchets, dont une large partie de matériel de pêche abandonné en mer, comme dans tous les océans par ailleurs).

Malheureusement, le plastique est encore et toujours un marché en expansion, et les lobbys de la production plastique sont puissants. Ainsi, les spécialistes estiment qu’en 2050, l’être humain aura déversé 12 milliards de tonnes de plastique dans les océans… au secours !

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Les animaux, premières victimes du plastique

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Les animaux (oiseaux marins compris) sont les premières victimes du plastique, et cela pour de multiples raisons :

  • les déchets de plastique les emprisonnent, les étranglent (filets de pêche), les étouffent, entravent leurs mouvements (et la croissance des jeunes), les paralysent…
  • les animaux avalent les déchets en plastique parce qu’ils les confondent avec leur nourriture, et en meurent souvent : à titre d’exemple, les tortues ingèrent des sacs en plastique en pensant qu’il s’agit de méduses (leur mets favori)
  • non seulement les déchets en plastique terminent leur étrange voyage dans l’estomac des animaux, mais en plus, ils intoxiquent leurs tissus (le plastique étant bourré de chimie)
  • le micro-plastique (plastique micro-fragmenté au fil du temps sous l’action du soleil et du sel de mer, ou encore micro-particules de plastique provenant de produits tels que les produits cosmétiques : exfoliant, dentifrice…) est présent dans tout la chaîne alimentaire, depuis le zooplancton jusqu’aux mammifères marins (et aux humains)

L’ONG WWF résume ainsi le rôle absolument dramatique que joue le plastique dans la vie des animaux :

Les plastiques, qui ont envahi nos océans en milliards de particules ou en déchets de plus grande taille, ont non seulement un impact mécanique sur les animaux qui les ingèrent ou qui s’y emmêlent, mais aussi un impact chimique car leurs composés (comme les phtalates) se dissolvent dans le milieu naturel et intègrent également la chaîne alimentaire.

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Le plastique, un monstre alimenté par nos habitudes de consommation

Depuis les années 1950, le plastique a pris une ampleur monstrueuse sur notre planète car il est devenu omniprésent dans notre quotidien : santé, loisirs, transports, récipients de produits ménagers, alimentation, jouets pour enfants, ordinateurs, téléphones…

Beach pollution. Plastic bottles and other trash on sea beach

Si l’on sait que le plastique est indispensable dans certaines domaines (matériel médical par exemple), on sait aussi qu’il est possible de faire une croix sur le plastique dans de nombreux univers : jouets pour enfants, suremballage (tout ce qu’on achète aujourd’hui est emballé…), pailles, gobelets jetables… Il ne tient donc qu’à chacun de nous de limiter les dégâts en modifiant nos habitudes de consommation !

Concrètement, dans le monde, seul 9 % du plastique est recyclé, 12 % brûlé et 79 % dispersé dans les décharges et dans l’environnement.

2 milliards d’habitants sur notre planète n’ont pas de système de ramassage/traitement des déchets. C’est le cas d’une large partie de l’Asie, alors même que cette région du monde produit une quantité particulièrement importante de plastique ! En outre, l’incinération et les déchetteries occasionnent de toute façon beaucoup de pollution et de maladies.

Ci-dessous, le surfer Dede Surinaya photographié par Zak Noyle en Indonésie, plus précisément à Java, l’une des îles les plus polluées du monde :

photographe Zak Noyle

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Pour aller plus loin :

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Chasse à courre : stop à la barbarie !

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(photo de Justin Holding)

Ce samedi 31 mars, grâce au collectif AVA (Abolissons la Vénerie Aujourd’hui), près de 1000 personnes se sont réunies sur Compiègne, haut lieu de la vénerie, pour fêter la fin de la saison de la chasse à courre (octobre-mars) : il s’agissait d’habitants de la région mais aussi de gens venus de Lille, de Bretagne ou encore de la région parisienne, comme moi. Dans le cortège, plusieurs Compiégnois m’ont expliqué que beaucoup de gens du coin, qui partageaient nos convictions, ne rejoindraient pourtant pas la manifestation, par peur des conséquences que cela engendrerait sur leurs relations sociales à Compiègne 😦

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10 heures : manifestation pacifiste dans les rues de Compiègne

Pendant deux heures, nous avons manifesté dans la ville en brandissant des banderoles et des pancartes aux messages chaleureux (« cerf-moi fort »), endeuillés (« je suis l’animal supplicié ») ou volontaristes (« ils ont les armes, on a les arguments », « vénerie abolition », « le moyen-Âge c’est fini ! », « chassons la cruauté »).

Dans le cortège se trouvaient des femmes aux cheveux ornés de fleurs, des enfants, des personnes âgées, des punks, des amoureux de la nature, des anarchistes, des écologistes, des végétariens et des vegans, des associations (Ligue de Protection des Oiseaux, One Voice…). Si les forêts n’étaient traversées et explorées que par ce genre d’humains, l’existence des animaux sauvages serait idyllique ou presque… 🙂

Notre marche sur Compiègne s’est terminée par un sympathique rassemblement sur la place de l’Hôtel de Ville, avec un stand de restauration végane et un petit concert de musique.

(ci-dessous, trois photos de Justin Holding, les autres photos qu’il a prises sont réunies ici)

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14 heures : expédition en forêt pour sauver le cerf de la mort

En début d’après-midi, lorsque nous avons appris que la dernière chasse à courre de la saison avait justement lieu ce jour, 150 d’entre nous ont rejoint la forêt avec AVA pour tenter de sauver le cerf tristement désigné. Avec pour seules armes notre empathie et notre sang-froid, nous avons investi les bois et perturbé, toute l’après-midi, les équipages (chasseurs à cheval et meutes de chien) pour empêcher le massacre.

Quoi qu’il en soit, ne l’oublions pas, le cerf aura été traqué et terrorisé par les chasseurs pendant de longues heures… 😦

Vers 17 heures, les bourreaux sont parvenus à coincer le cerf au bord d’un tout petit lac, dans lequel l’animal s’est lancé pour échapper à la torture. La préfecture a fait déplacer en urgence des dizaines de CRS qui nous ont formellement et physiquement interdit l’accès à la propriété privée et au point d’eau concerné. Finalement, en fin d’après-midi, la confrontation tenace entre les militants et les CRS, ainsi qu’une longue négociation entre l’Office National des Forêts et les chasseurs, ont débouché sur une très bonne nouvelle : vers 18 ou 19 heures, la préfecture a officiellement annoncé que le cerf était gracié.

VICTOIRE ! 

Un résumé vidéo de la journée en 9 minutes (merci Lucie Htlin) :


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Foutons la paix aux animaux de la forêt !

Le cerf est parfois appelé le « roi de la forêt ». Malheureusement, à Compiègne, les cerfs ont toujours connu l’extrême angoisse de la chasse à courre, cette tradition barbare pratiquée par des humains orgueilleux, avides de puissance et de violence.

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La chasse à courre consiste à acculer l’animal innocent pendant des heures avant de le tuer brutalement à l’arme blanche ou de laisser les chiens le dévorer vivant. Les chevreuils, les sangliers, les renards et les lièvres connaissent parfois le même sort que les cerfs…

Si elle est interdite en Allemagne depuis 1936, en Belgique depuis 1995 et en Grande-Bretagne en 2005, la chasse à courre est toujours autorisée et allègrement pratiquée en France. Elle démarre en octobre et se poursuit jusqu’en mars. Les chasseurs terrorisent et massacrent donc les animaux pendant six mois de l’année, deux fois par semaine, pour leur bon plaisir !

Les Français ne sont pourtant pas tous des pervers. 85 % d’entre eux sont clairement opposés à cette tradition cruelle.

En octobre 2017, un cerf a été acculé et sacrifié au beau milieu d’un village de la zone de Compiègne, sous l’œil effaré d’habitants qui n’ont pas pu le supporter. Leur colère a rapidement atteint, grâce aux réseaux sociaux, un grand nombre de cœurs tendres. C’est ainsi qu’un honorable mouvement de désobéissance civile est né pour veiller sur les animaux de la forêt : Abolissons la Vénerie Aujourd’hui.

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Tous les animaux souffrent de la chasse à courre 

Les aristocrates qui pratiquent la chasse à courre ne se contentent pas de terroriser les animaux sauvages. Ils dénigrent ou maltraitent également les animaux dont ils ont la charge. Ainsi, leurs chiens de meute sont entassés dans des chenils toute l’année ; ils subissent les coups de fouet, sont souvent blessés et percutent parfois mortellement des voitures lors des chasses ; ils sont finalement euthanasiés quand ils ne sont plus efficaces. Les chasseurs ne se sentent pas plus concernés par le bien-être de leurs chevaux : ces derniers sont épuisés par les courses et finissent à l’abattoir quand ils ne font plus l’affaire. Les adeptes de la chasse à courre ne considèrent leurs chiens et leurs chevaux que comme des instruments, des outils.

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Pour aller plus loin :