Pour un réensauvagement de notre belle et vieille Terre

arbre sacré des incas

(un Tabebuia impetiginosa – ou « arbre sacré des Incas » – en fleurs, photographie de Yann Arthus Bertrand, Guyane Française)

Les scientifiques sont formels : notre belle et vieille Terre vient d’entrer dans la sixième crise d’extinction des espèces. Le nombre d’animaux sauvages a diminué de moitié au cours des 40 dernières années. Notre planète n’avait pas connu une telle situation depuis la disparition des dinosaures…

Tandis que les cinq précédentes crises d’extinction des espèces étaient dues à des catastrophes naturelles (chutes de météores, éruptions volcaniques…), l’actuelle crise d’extinction des espèces a pour cause l’activité humaine.

L’Homme a littéralement vandalisé la planète en un temps record : surpopulation, pollution, déforestation, fragmentation des habitats des espèces, exploitation des espèces (chasse, pêche…), épuisement des ressources, réchauffement climatique, ou encore introduction artificielle d’espèces invasives qui entravent le développement d’autres espèces.

5897

Et ce n’est pas fini : nous sommes 7,5 milliards d’humains sur Terre en 2018 et ce chiffre devrait dépasser la barre des 11 milliards d’ici 2100. Les scientifiques sont clairs : si on ne fait rien, l’espèce humaine sera prochainement quasiment seule sur Terre… Glauque !

Seule solution : créer rapidement de nombreuses réserves et zones protégées pour limiter les dégâts. Plusieurs espaces ont ainsi été créés depuis 2010 (exemples : la réserve naturelle Termit Tin Toumma au Niger, le parc national de Yaguas au Pérou). Mais selon les écologistes, ce qui est mis en place manque cruellement d’ambition : on se borne à définir quelles espèces protéger en priorité au lieu de s’organiser pour sauver au moins la moitié des espèces sauvages…

Depuis quelques années, le célèbre biologiste et naturaliste américain Edward Osborne Wilson prône ainsi un plan de grande ampleur pour stopper l’affreux processus : réserver la moitié de notre planète à la vie sauvage. En somme, il s’agit clairement et simplement de réensauvager la Terre. Il a consacré un ouvrage à ce projet, publié en anglais en 2016 : Half-Earth, Our planet Fight for Life (ce qui signifie : « la moitié de la Terre, le combat de notre planète pour la vie »).

Edward Osborne Wilson

Si, dans le passé, E. O. Wilson a parfois suscité la controverse en raison de sa vision anthropocentrée de la nature (grosso modo, il a longtemps considéré qu’il fallait protéger la nature en tant que puits de ressources nécessaires à l’être humain), il a dorénavant évolué vers une dimension qui prend en compte la valeur intrinsèque des animaux et de la nature.

*

L’exemple inspirant du Costa Rica

gerardo colaleo

(le Dynastes hercules – le plus gros scarabée rhinocéros du monde – fait partie des nombreux insectes qui s’épanouissent au Costa Rica)

Depuis 1948, le Costa Rica, situé en Amérique centrale, est un pays neutre (sans armée) qui a choisi de donner la priorité à l’éducation, à la santé et à l’environnement. Pays de forêts pluviales, de volcans et de mangroves, le Costa Rica pratique une politique active de développement des énergies durables et de protection de ses ressources naturelles. 30 % du territoire sont occupés par des parcs nationaux et des réserves. En outre, 50 % de la surface du pays sont recouverts de forêts (contre 20 % il y a 20 ans). Les grands propriétaires qui ne coupent pas leurs arbres sont récompensés financièrement par l’État.

costa-rica-map

On trouve ainsi au Costa Rica une diversité exceptionnelle (largement favorisée par le fait que le Costa Rica est un corridor naturel pour les animaux qui se déplacent entre l’Amérique du Sud et l’Amérique du Nord). Le pays abrite énormément d’espèces de papillons, d’araignées, d’oiseaux, de reptiles et de mammifères. L’éco-tourisme s’y est ainsi énormément développé.

Tout n’est toutefois pas rose au Costa Rica. Voici quelques exemples qui font grincer des dents :

  • déforestations illégales
  • braconnage (de requins par exemple)
  • centres touristiques qui remplacent la faune et la flore par le béton
  • utilisation de pesticides
  • système de traitement des eaux usées pas du tout au point (75 % des eaux usées sont déversées dans les rivières et dans la mer)
  • recyclage des déchets peu pratiqué par les chaînes hôtelières

On sait néanmoins que le pays, en adoptant le programme « Paix avec la nature » en 2007, s’est fixé comme objectif de devenir une nation neutre en CO² en 2021 (la Norvège et les Maldives ont le même objectif). En outre, les jeunes costaricains se montrent très sensibles à l’environnement et militent avec ferveur pour une protection maximale de la biodiversité dans leur pays.

vipere schlegel

(vipère de Schlegal ou Bothriechis schlegelii, présente au Costa Rica)

*

Pour aller plus loin :

  • pour en savoir plus sur la zone de conservation de Guanacaste au Costa Rica, ça se passe ici
  • un article du Monde sur la sixième crise d’extinction des espèces est disponible en lecture libre ici
  • vous trouverez les magnifiques photos de Matthieu Berroneau sur son site internet
  • de même, vous trouverez une galerie des photos de Gerardo Colaleo ici
  • voici l’avis mitigé sur la politique écologiste du Costa Rica d’une blogueuse qui a investigué sur place
Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s