Nouvelle-Guinée : un paradis pour les plus beaux oiseaux du monde

paradisaea rudolphi

(paradisier bleu ou Paradisaea rudolphi, mon préféré)

Avez-vous déjà entendu parler des oiseaux de paradis ? Contrairement à ce qu’on pourrait imaginer, « paradisiers » ou « oiseaux de paradis » ne sont pas des termes qui définissent l’ensemble des oiseaux d’allure exotique. Il s’agit en réalité d’un taxon (scientifique) regroupant précisément 39 oiseaux de Nouvelle-Guinée (la troisième plus grande île du monde).

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Si le mot de « paradis » a naturellement été choisi pour nommer le taxon des Paradisaeidae, c’est parce qu’ils sont tellement beaux qu’on les croirait venus d’un monde rêvé, fabuleux. Le naturaliste Alfred Russel Wallace, qui les a observés au XIXe siècle, les a décrits comme « les plus belles et les plus merveilleuses des créatures vivantes ».

Ce qui fascine les biologistes et les ornithologues chez les paradisiers :

  • leurs caractéristiques physiques (queue en ruban, plumes qui jaillissent de la tête, explosion de couleurs, teintes métalliques, etc.)
  • leurs comportements extraordinaires lors des parades nuptiales (certains se suspendent la tête en bas comme le paradisier bleu ci-dessus, d’autres rebondissent sur leurs pattes, étendent les ailes, font des éventails, etc.)
  • … mais également l’incroyable diversité des espèces de ce taxon : 39 oiseaux de paradis et tout autant de silhouettes !

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Ci-dessous, en voici quelques-uns.

Voici le paradisier gorge-d’acier (Ptiloris magnificus), à la poitrine bleu métallique, en pleine parade nuptiale. Les parades amoureuses des paradisiers se font souvent dans les hauteurs de la canopée, mais parfois aussi dans les sous-bois, comme ici.

ptiloris magnificus

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Le paradisier royal (Cicinnurus regius), rouge vif et blanc, fait partie des plus petits paradisiers connus. Lors de la parade nuptiale, il agite au-dessus de sa tête les deux disques vert émeraude situés à l’extrémité de son corps. Voici à quoi il ressemble. Quelle petite merveille !

cicinnurus regius

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Le paradisier grand émeraude (Paradisaea apoda) fut intensément chassé à la fin du XIXe siècle pour la beauté de son plumage flamboyant. Les paradisiers sont dorénavant protégés par une loi qui en interdit la chasse. Mais ils souffrent malgré tout du braconnage et de la déforestation. Ils ont tout de même plusieurs points pour eux : pas de prédateurs (félins), pas de concurrence dans la recherche de nourriture (pas de primates, pas d’écureuils). En outre, la profusion de fruits que leur offre leur environnement leur permet de mettre peu d’énergie dans la recherche de nourriture, et de consacrer beaucoup de temps à la séduction et à la reproduction.

paradisiergrand emeraude

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Le paradisier de Victoria (Ptiloris victoriae), grâce à ses plumes aux extrémités arrondies, déploie un magnifique éventail lors de la parade amoureuse. L’aérodynamisme de ses ailes est altéré par la rondeur de ses plumes, mais cela ne lui pose pas de problème majeur : dans l’environnement qui est le leur, les paradisiers n’ont pas de prédateurs.

paradisier de guillaume

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La queue du paradisier à rubans (Astrapia mayeri) est 3 fois plus longue que son corps. Comme le reste de son plumage, ses deux superbes plumes blanches tombent et repoussent annuellement, pour exposer toute leur beauté à la saison des amours.

astrapia mayeri

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Pour la parade amoureuse, le paradisier multifil (Seleucidis melanoleucus) se positionne systématiquement sur une branche verticale ou un tronc s’élevant au dessus de la forêt. Pour l’envoûter, le mâle balaye le bec de la femelle avec les douze fils (voir photo) qui terminent sa queue.

Twelve-wired Bird of Paradise (Seleucidis melanoleuca)

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Voici les caractéristiques communes aux différents oiseaux de paradis : 

  • ils vivent tous dans la même région : Nouvelle-Guinée + îles voisines + côte Nord-Est de l’Australie
  • ce sont des oiseaux forestiers, et souvent montagnards
  • ils ont une alimentation omnivore (mais mangent principalement des fruits)
  • ils présentent des pattes et becs solides (qui leur permettent d’extraire les fruits et les noix)
  • leur dimorphisme sexuel est très marqué (les femelles ne ressemblent pas aux mâles)
  • les mâles ont un plumage extravagant
  • le comportement des mâles lors des parades amoureuses est sophistiqué
  • les mâles n’ont aucun rôle parental : polygynie (ils s’accouplent avec autant de femelles que possible)
  • leur nid est en général composé de lianes et vrilles d’orchidées
  • leur espérance de vie est d’environ 30 ans
  • en général, ils pondent un œuf unique, une fois par an

Pour aller plus loin : 

Je ne peux que vous inviter, si les oiseaux de paradis vous intéressent, à découvrir le livre Oiseaux de paradis édité chez Delachaux et Niestlé, qui retrace le formidable travail du biologiste et photographe animalier Tim Laman (la plupart des photos que j’ai utilisées pour cet article sont de lui) et de l’ornithologue Edwin Scholes. Voici une fiche qui résume plutôt bien leur bouquin : ici. L’ouvrage coûte 39 euros, et je pense qu’il est disponible dans pas mal de bibliothèques.

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N’hésitez pas également à jeter un œil sur le site officiel du photographe Tim Laman, qui bosse notamment pour National Geographic : ici. Et son blog se trouve .

Pour finir, voici le site officiel du Birds of Paradise Project, mené par Tim Laman et Edwin Scholes : ici  

69396(le photographe Tim Laman perché dans un arbre)

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Les animaux dans l’art : chanter leur beauté sans les tuer, les brimer ou les avilir

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(insecte en bambou, patiemment et amoureusement confectionné par Noriyuki Saitoh)

Dans le rapport que l’espèce humaine entretient avec l’animal sauvage, amour rime souvent avec instinct de possession et instinct de destruction. Les animaux ont toujours été physiquement exploités, emprisonnés, voire massacrés, au service de l’Art et du Beau, ou encore du divertissement. La fascination qu’ils suscitent chez les humains, de part leur magnificence et les mystères infinis qu’ils recèlent, ne les a pas épargnés, bien au contraire, et cela jusqu’à l’extinction de certaines espèces…

Profanation

Quelques exemples affligeants parmi tant d’autres : natures mortes sanguinolentes réalisées d’après modèle, animaux tués et empaillés pour les cabinets de curiosités, trophées de chasse, art de la plumasserie,  animaux de cirque, performances d’art contemporain avec exploitation d’animaux vivants, fourrure et cuir dans la mode et la décoration…

Pourquoi l’être humain continue-t-il d’humilier et de détruire les créatures sauvages dont la beauté, la souveraineté et la liberté l’émerveillent ? éprouvera-t-il encore longtemps ce besoin ? a-t-il ainsi l’impression de s’approprier leurs pouvoirs (beauté, puissance, courage), et dans tous les cas, pourquoi ce désir pèse-t-il plus lourd dans la balance que l’éthique, la douceur, l’enchantement ? viendra-t-il une ère où violenter ainsi le règne animal sera considéré comme sacrilège ?

Chanter le règne animal

Loin de ces pulsions archaïques et mortifères, certains artistes transforment pourtant, avec bienveillance et brio, leur fascination pour le règne animal en une véritable ode à la beauté du monde et de la vie : ils parviennent, sans porter atteinte à la liberté et au bien-être des animaux, à en louer les splendeurs.

Leurs matériaux : le papier, le bambou, la peinture, les objets de récupération, le métal… Leurs atouts : la curiosité, l’étude, l’observation, l’imagination, la dextérité, la bricole, le sens des proportions… Leur état d’esprit :  l’empathie, le respect, la délicatesse et l’humilité. Leurs œuvres d’art sont plus ou moins éphémères, toujours poétiques. Voici 5 de ces artistes contemporains. On en trouve beaucoup d’autres sur internet.

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Edouard Martinet

L’artiste français Edouard Martinet, également enseignant de design graphique à la LISAA de Rennes, récupère des objets abandonnés ou usés (chaînes de vélo, ressorts, ustensiles de cuisine, poignées variées, éléments de machines à écrire, lampes de poche, porte-monnaie, compas…) pour réaliser son majestueux bestiaire de métal : fourmis, sauterelles, poissons, papillons… Il fouille dans les vide-greniers et les débarras. Il commence par dessiner de nombreux croquis, avant de s’atteler à l’étape de la sculpture. Il travaille alors sans soudure et n’utilise que l’emboîtement et la visserie. Certaines de ses réalisations lui prennent quelques semaines, tandis que d’autres exigeront plusieurs années.

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Ci-dessus : un papillon de 60 cm de hauteur, un scarabée rhinocéros de 30 cm de long, une épinoche de 80 cm de long, ou encore un magnifique crapaud avec une bouche en porte-monnaie (je crois bien que c’est mon préféré).

Cliquez ici pour lire l’interview qu’il a donnée à Unidivers en 2016. Son site internet permet de découvrir une galerie de ses sculptures : ici.

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Dzia

L’artiste belge Dzia exprime sa créativité sur les murs d’Anvers (où il a fait les beaux-arts de l’Académie Royale) et dans plusieurs capitales européennes. Il peint principalement des animaux sauvages, apportant ainsi de la couleur et une joyeuse énergie à des lieux tristounets : chauves-souris, grues, aigles, famille de renards, cerfs, poissons, flamands roses, libellules, écureuils, sont au rendez-vous… Le site officiel de Dzia se trouve ici.

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Diana Beltran Herrera

Avec ses créations colorées, la jeune artiste colombienne Diana Beltran Herrera nous offre un merveilleux voyage dans l’univers du papier. Pour ce qui est du règne animal, elle s’intéresse tout particulièrement aux oiseaux. Elle confectionne également des papillons. Chaque animal confectionné par Diana Beltran Herrera est immédiatement identifiable : colibri, perruche, toucan, ibis, flamand rose, quetzal, guêpier, mésange, et beaucoup d’autres !

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Diana Beltran Herrera s’aventure également dans le monde végétal : fruits, fleurs, ou encore champignons… Pour en voir davantage, son site officiel se trouve ici.

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Noriyuki Saitoh

Les Japonais sont connus pour l’intérêt qu’ils ont toujours voué aux insectes. Les écoliers nippons étudient par exemple les textes de l’entomologiste français Jean-Henri Fabre, tandis qu’en France, les enfants ne savent pas qui c’est !

Pour réaliser ses œuvres, Noriyuki Saitoh utilise un des matériaux japonais par excellence : le bambou. Son travail est saisissant de finesse et de poésie. On reconnaît sur ces photos une demoiselle, un criquet, une libellule, une cigale, et sur la photo qui chapeaute cet article, un capricorne.

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L’artiste Noriyuki Saitoh a une page Facebook (ici) sur laquelle on découvre l’avancée de ses travaux et un joli site internet avec une galerie de ses créations (ici).

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Artur Bordalo

Artur Bordalo (qui se fait appeler Bordalo II par égard pour son grand-père, également artiste) est portugais. Passionné de graffiti et inspiré par la récupération, il combine ces deux méthodes pour réaliser de grandes sculptures animalières, qu’il fixe ensuite sur les murs des villes. Son thème de prédilection : l’animal sauvage. Il explique : Je choisis toujours un animal qui a une relation forte avec l’endroit où je vais l’accrocher.

A la mi-novembre 2017, l’artiste lisboète a réalisé un castor de 8 mètres dans le 13e arrondissement de Paris (voir 4e photo), dans le quartier de la bibliothèque François Mitterrand, en référence à la Bièvre, rivière de la région parisienne qui se jetait autrefois dans la Seine, au niveau de la gare d’Austerlitz.

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Pour aller plus loin :

  • Pour chanter la beauté du règne animal, il y a évidemment aussi l’écriture ou encore la photographie. Le photographe Ludovic Sueur, vegan et antispéciste, pratique une photographie ultra-éthique : on ne dérange pas la faune, on évite d’empiéter sur le territoire des animaux, on se débrouille surtout pour ne pas provoquer la peur ou la fuite de l’animal. Ne pas porter atteinte au quotidien des animaux, à leur habitudes, à leur progéniture ni à leur environnement, voilà l’idée. Il explique sur son site internet (ici) : « La liberté des individus photographiés et la préservation de leur environnement sont prioritaires dans ma démarche photographique et font partie de ma philosophie de vie. » Ci-dessous, une huppe fasciée photographiée par Ludovic Sueur.

Sans titre

  • Le président des États-Unis Donald Trump est un amateur de chasse à l’éléphant. A  la mi-novembre 2017, sous la pression des associations pour la protection animale et de son propre parti, il a toutefois dû se résigner à geler une mesure qui consistait à ré-autoriser (après que Barack Obama l’ait interdite) l’importation de trophées d’éléphants provenant d’Afrique sur le territoire américain. Ouf ! Le quotidien « Le Monde » en a parlé : ici.

Mes burgers vegan préférés sur Paris

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(miam miam, chez Hank Burger)

Pour ceux qui se poseraient encore la question, non, les termes « junk food » et « vegan » ne sont pas antinomiques. Car oui, on peut aimer les animaux et avoir envie, de temps en temps, de manger absolument n’importe quoi. Et quand c’est délicieux, c’est encore mieux !

J’ai enfin mis les pieds chez Super Vegan, le fast-food qui n’oublie pas d’être éthique ET de proposer des plats délicieux. Concrètement, les deux meilleurs burgers vegan que j’ai consommés jusque là sont ceux de Hank (55, rue des Archives, 75003) et de Super Vegan (118, rue des Moines, 75017), deux restaurants cruelty free tenus par des vegans. Super Vegan propose également le burrito et le kekab (à la même adresse). Quant à Hank, l’enseigne propose également des pizzas (rue de Gravilliers cette fois).

Dans les deux cas :

  • consommation sur place ou à emporter au choix
  • accueil sympathique
  • ambiance bon enfant
  • animaux admis 🙂
  • attention : très gros risque d’addiction car franchement, on s’en lèche les babines 🙂

Ci-dessous, des photos de Super Vegan 

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Et ci-dessous, des photos de Hank Burger

Le burger en version béarnaise, en bas à droite, est tout simplement à tomber par terre…

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Pour aller plus loin :

  • le site Vegoresto recense tous les établissements en France qui proposent des plats végétariens ou végétariens, c’est très pratique : ici
  • Super Vegan a un site et une page Facebook
  • Hank également a un site et une page Facebook

La vie est un terrain de jeux

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Malgré mes tests d’évaluation qui approchent à grands pas (je postule pour une formation de 8 mois à l’Ecole des Métiers de l’Information), je reste à peu près zen.

Mes petits et grands plaisirs du moment :

  • me jeter à corps perdu dans un roman : La Terre de Zola
  • bientôt lire Pot-Bouille du même auteur
  • découvrir plusieurs restaurants végétaliens (et en particulier le fast food Super Vegan, voir article suivant)
  • boire des tisanes à longueur de journée
  • donner mon sang à l’Etablissement Français du Sang
  • observer des animaux
  • aller voir A beautiful day au cinéma, en particulier pour Joachim Phoenix
  • cuisiner (100% vegan évidemment)
  • découvrir le chou kale et ses vertus (voir ci-dessous)
  • transformer mon studio de 18m² en nid, trouver le fauteuil parfait, changer les posters
  • faire la marmotte

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Le chou kale : un super-aliment pour les vegans

Le chou kale connaît en ce moment une poussée de popularité (d’abord aux Etats-Unis, maintenant en Europe). On l’utilise beaucoup dans les smoothies. Chez les végétaliens, il est particulièrement apprécié pour sa haute teneur en calcium. Pour préserver ses nombreuses vertus nutritives, il est préférable de le consommer cuit à la vapeur ou idéalement, cru.

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En ce qui me concerne, je l’émiette (cru) dans une poêlée de riz et de légumes, à feu doux, 2-3 minutes avant consommation (juste pour l’attendrir). Ci-dessous : poêlée avec huile d’olives, branches de brocolis, champignons émincés, riz blanc, chou kale émietté, sel et poivre. C’était super bon 🙂

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Pour aller plus loin :

  • découvrez les vertus du chou kale : ici
  • tout un tas de conseils et de recettes vegan : ici