Des alternatives vegan chez Prêt-à-manger

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(légumes ou papillon ? visuel d’une affiche Prêt-à-manger)

Prêt-à-manger, c’est quoi ?

Avez-vous déjà entendu parler de la chaîne de restauration Prêt-à-manger ? Cette entreprise, créée par deux amis à Londres en 1986, possède aujourd’hui 400 points de vente dans le monde, dont une vingtaine en France qui se situent à Paris, en région parisienne et à Nice.

Le concept : du fast-food de qualité, savoureux et diététique. En outre, Prêt-à-manger travaille avec plusieurs associations caritatives (Secours Populaire, Ordre de Malte, Emmaüs…) : leurs invendus ne sont pas tristement jetés à la poubelle mais redistribués aux personnes en grande précarité.

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Vegan, mais pas trop… 😦

Ne nous faisons pas d’illusions : comme pour l’écrasante majorité des commerces, les valeurs de Prêt-à-manger se plient gentiment à la loi impériale de l’offre et de la demande. Si les clients veulent consommer du poisson ou de la viande, Prêt-à-manger propose évidemment du saumon, du poulet et du jambon dans la moitié de ses sandwiches et de ses salades…

Ceci dit, dans une société traditionnellement omnivore comme la nôtre, réjouissons-nous malgré tout : dans un espace de restauration Prêt-à-manger, l’offre végétale est bien réelle. On peut y manger végétarien, et surtout végétalien, sans la moindre difficulté 🙂 On sait aussi qu’on pourra y emmener ses amis et sa famille pour un déjeuner végétalien gourmand. Tous les produits Prêt-à-manger sont préparés en cuisine au fur et à mesure de la journée et la proportion des produits végétariens et végétaliens proposés dans leurs vitrines réfrigérées ne dépend donc que de nous 🙂

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Sur les rayonnages où l’on vient choisir ses produits, chaque produit végétarien ou végétalien est accompagné d’un petit logo vert (avec noté VÉGÉTARIEN s’il contient des œufs, du fromage ou VEGAN s’il ne comprend aucun produit animal) qui permet de ne pas se tromper.

Voici le sandwich que j’ai consommé hier. Je me suis régalée.

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N’oublions pas que chaque achat que nous faisons, alimentaire ou autre, même le plus insignifiant, est un acte politique. Il est évidemment impossible de consommer de manière 100% éthique, à moins de vivre dans une cabane au fond des bois. Malgré tout, faisons le choix du moins pire 🙂

Pour accéder au site internet de Prêt-à-manger (produits, menus, points de vente), cliquez ici.
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Musée imaginaire ~ à la chasse aux champignons

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(camaïeu de bruns et sensualité automnale, dessin de Pascal Moguérou)

[11e volet de mon musée imaginaire : les champignons]

Avec l’automne reviennent les journées pluvieuses, les grosses rafales de vent et… les champignons ! Cèpes, girolles, amanites, morilles, pleurotes… les champignons, traditionnellement associés à la promenade et au monde merveilleux de la forêt, ont souvent inspiré les artistes et les esthètes. Pour notre plus grand plaisir 🙂

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Pascal Moguérou, ami des fées et cueilleur de champignons

Ci-dessus, une adorable créature rousse s’accoude à un gros cèpe. Pascal Moguérou, illustrateur et conteur breton, s’est spécialisé dans le dessin des fées et des korrigans. Les fées de Moguérou vivent en forêt, les champignons font donc partie intégrante de leur univers : les héroïnes de Moguérou font leur sieste sous les bolets, dansent sur leur dôme, prennent leur bain au creux des chanterelles, papotent au milieu des morilles. Les champignons leur servent ainsi de boudoir, de scène de théâtre ou de terrain de jeu, selon les moments de la journée et l’humeur (très) changeante de ces demoiselles 🙂

 

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Les aquarelles de Jean-Henri Fabre

Infatigable observateur de la nature, l’entomologiste Jean-Henri Fabre, alliant ses compétences scientifiques à une grande sensibilité artistique, ne s’est pas contenté d’observer et d’écrire sur les insectes : il a également réalisé plus de 600 aquarelles de champignons.

Ci-dessous, deux exemples (chanterelles et amanites) de son travail, dont il a humblement dit : « avec peu de couleur, beaucoup d’eau et d’attention, il est facile de bien faire ».

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Un poème automnal (et végétalien) de Han Shan

Je profite de ce billet consacré aux champignons pour partager un poème chinois de Han Shan (9e siècle). Ce texte nous décrit tout un art de vivre, loin de la civilisation mais au plus près de la nature : contemplation, hédonisme, dépouillement. L’ermite Han Shan trouve sa nourriture (champignons, herbes, baies) en se promenant en montagne :

Je demeure sur ce perchoir de la montagne froide
retiré, enchanté par tant de merveilles
J’emporte un panier pour ramasser des plantes de la montagne,
une corbeille pour cueillir les baies, puis m’en retourne
Assis sur de la paille étalée je mange des légumes,
suce et mâche des champignons pourpres
Après avoir rincé ma calebasse dans l’étang limpide,
je cuis un harmonieux mélange de plantes sauvages
Assis sous le soleil, avec une couverture,
oisif, je lis des poèmes des anciens

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Le goût des champignons chez Floris Jespers

Le peintre belge Floris Jespers (1889-1965) a réalisé plusieurs natures mortes aux champignons, dont cette ravissante huile sur toile, intitulée Champignons et chapeau de paille (80 x 61 cm) en 1944. Cette oeuvre nous raconte une douce journée d’automne : promenade en forêt, cueillette, préparation en cuisine des champignons fraîchement ramassés.

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Les promenades inspirées de Zhang Daqian

Zhang Daqian (1899-1983) est un artiste chinois mondialement célèbre du 20e siècle. On le connaît principalement pour ses paysages à couper le souffle, spectaculairement teintés de verre et de bleu, et pour ses peintures de lotus.

Les peintres chinois attachent, en général, autant d’importance aux paysages grandioses qu’aux plus petits détails : un séduisant bouton de fleur, un pin qui résiste élégamment au temps, l’envol enivré d’un bourdon… Ci-dessous, Zhang Daqian va au plus simple en représentant une ravissante famille de champignons. En quelques coups de pinceaux, il plante un décor et nous raconte un chemin, une forêt, une ambiance, une saison…

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Le sous-bois fantasmé de Kate Kato

Depuis qu’elle est enfant, Kate Kato (qui se fait aussi appeler Kasasagi) s’émerveille pour les créatures végétales et animales qu’elle observe dans la nature. Son travail poétique et délicat s’inspire directement de son observation de la faune et de la flore. L’artiste utilise principalement du papier recyclé, des bouts de fer et des colorants naturels. Elle s’autorise également le tissu et la broderie.

En bonne place dans son cabinet de curiosités champêtre, on trouve bien sûr les champignons. Mais aussi de la mousse, des fougères, des violettes, des perce-neige, des digitales… Les animaux ne sont pas en reste, puisque Kate Kato confectionne également des abeilles, des papillons, de nombreux coléoptères.

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Pour aller plus loin :

  • Pascal Moguérou a un site officiel : ici
  • vous trouverez davantage d’informations sur les aquarelles de Fabre sur le site du Museum National d’Histoire Naturelle : ici
  • pour admirer de très nombreuses œuvres de Zhang Daqian, n’hésitez pas à faire un tour sur le site China Online Museum (ici) et surtout sur Sotheby’s (cliquez ici puis tapez son nom en haut à droite)
  • Kate Kato a un site officiel ici et on parle aussi d’elle ici ou !
  • les champignons ont également inspiré les écrivains : ici

Fée alanguie à l’ombre d’un gros cèpe, par Pascal Moguérou :

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Désobéir pour les animaux

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Désobéir n’est pas forcément synonyme de violence ou de destruction. Il y a mille et une façons de désobéir à un système qui refuse de prendre en compte les valeurs auxquelles nous croyons, comme par exemple, le respect des animaux. C’est le sujet du livre Désobéir pour les animaux, ouvrage collectif et auquel a participé Brigitte Gothière (co-fondatrice et porte-parole de l’association L214), publié en 2016 aux éditions du Passager clandestin, dans la collection Désobéir (5 € seulement). Ce petit manifeste antispéciste a plusieurs vertus :

  • il fait un état des lieux de la situation misérable des animaux en Europe
  • il récapitule l’histoire (les grands moments) de la désobéissance en faveur des animaux et souligne la portée positive de ces actes
  • il s’agit donc également d’un hommage aux militants, par exemple à Barry Horne, mort en novembre 2001 à la prison de Long Lartin, de sa dernière grève de la faim
  • il nous donne des tas de tuyaux, d’exemples, pour agir

Quelques exemples de désobéissance civile en faveur des animaux :

  • participer à des manifestations antispécistes, occuper la rue
  • distribuer des tracts
  • boycotter la vente des produits animaux (viande, poisson, lait, œufs, cuir, laine…)
  • lancer des pétitions, signer des pétitions
  • ramasser les déchets en plastique sur les plages pour éviter que les animaux marins ne les ingurgitent
  • faire barrage : à la chasse à courre, à la corrida, aux camions qui transportent les animaux vers les abattoirs…
  • filmer et diffuser la souffrance animale : montrer les réalités des industries de la mort
  • prendre contact avec la police ou la gendarmerie en cas de constat de maltraitance

Au delà de ses nombreux repères historiques et exemples d’actions, ce bouquin est également truffé de notions essentielles. En voici quelques-unes :

Communiquer efficacement

Henry Spira élabora progressivement au cours de ses campagnes une stratégie non-violente qui inspira de nombreux activistes à travers le monde. Il insiste notamment sur l’importance de garder le contact avec la réalité, de choisir un objectif en fonction de sa faisabilité et des souffrances infligées, d’établir des sources crédibles et documentées d’information, d’éviter le manichéisme, de privilégier le dialogue tout en étant prêt à la confrontation si celui-ci échouait, d’éviter la bureaucratie. Spira souligne aussi que les faits réels sont assez terribles pour qu’on ne cherche pas à exagérer les faits, ce qui compromettrait la crédibilité.

Un monde dans lequel le spécisme et le carnisme sont la norme

La consommation de viande relève d’un choix surdéterminé socialement : on commence à consommer de la viande avant d’être en mesure de comprendre qu’il s’agit de chair animale. On nous enseigne ensuite le conformisme et l’identification à notre gastronomie, particulièrement valorisée en France. Enfin, la réalité de l’élevage et de l’abattage, prix à payer pour obtenir de la viande, est dissimulée. Le marketing, en particulier, s’emploie à la fois à perpétuer la fiction d’une vie heureuse pour l’animal (à l’aide d’images bucoliques très différentes de la réalité concentrationnaire) tout en désanimalisant la chair de celui-ci qui n’est plus que « de la viande ».

Schizophrénie morale

Notre système juridique français est d’ailleurs à l’image de cette « schizophrénie morale » : il punit de deux ans d’emprisonnement et de trois mille euros d’amande « le fait d’exercer des sévices graves ou des actes de cruauté sur un animal », mais n’interdit absolument pas que l’on martyrise certains animaux tant que cela se passe dans le cadre « réglementé » de l’élevage ou du laboratoire, du gavage des canards et des oies ou de la corrida, où une « nécessité » voire « une tradition » peuvent être invoquées.

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Pour en savoir plus :

  • les éditions du Passager Clandestin ont un site internet : ici
  • comprendre l’antispécisme : ici

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La viande in vitro

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(le dessinateur Philippe Geluck nous montre avec humour que la viande, par définition, n’est pas éthique)

La semaine dernière, j’ai assisté à une conférence sur la viande in vitro, ou viande de culture, délivrée par David Chauvet (cofondateur de Droits des animaux et auteur de l’essai Une raison de lutter).

Dans la mesure où la population mondiale augmente de façon vertigineuse (7 milliards d’humains sur Terre en 2017, 10 milliards dans quelques décennies), la production de « vraie » viande ne va pas pouvoir nourrir tout le monde. En outre, on sait que la production de « vraie » viande a un impact négatif très important sur l’environnement.

Bonne nouvelle : la viande in vitro, ou viande de culture (viande artificielle) est justement sur le point de faire son apparition sur le marché. Certains pensent qu’on pourra en consommer dans 5 ans. Bref, la fake meat (fausse viande), qui imitera plus ou moins la texture, le goût et la cuisson de la viande, devrait prochainement pouvoir entrer dans nos maisons, nos restaurants. Il s’agit évidemment d’un espoir pour la plupart de ceux qui défendent la cause animale.

Philosophiquement parlant, certains abolitionnistes extrémistes considèrent toutefois que la viande in vitro ne peut en aucun cas être une avancée pour nos amis les bêtes, dans la mesure où cette invention perpétue l’idée archaïque que l’humain ne peut pas se passer de morceaux de cadavres d’animaux dans son assiette.

David Chauvet est évidemment bien plus pragmatique (et moi avec) : si la fausse viande peut sauver des millions de vies animales et leur éviter la souffrance qu’on leur fait endurer aujourd’hui, alors vive la fausse viande !

Les seules questions qui vaillent sont donc finalement les suivantes : qui sera au rendez-vous pour défendre la viande in vitro et répondre efficacement aux détracteurs de la viande in vitro ? combien va-t-elle coûter ? que faire pour qu’un maximum de consommateurs choisisse la viande in vitro et tourne le dos à la « vraie » viande ?

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Pour aller plus loin :

  • quand les milliardaires Bill Gates et Richard Branson misent sur la viande artificielle : ici
  • l’avenir de la viande : ici
  • différentes alternatives à la viande : ici

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Quand le Japon découvre le bleu de Prusse

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(le bonze Nichiren avançant dans la neige, xylogravure polychrome de Utagawa Kuniyoshi, vers 1831-1835)

Etes-vous, comme moi, chamboulé(e) par la beauté folle du bleu intense des estampes japonaises ?

Le bleu de Prusse, ou bleu de Berlin, fut accidentellement inventé en Allemagne, en 1706, par le fabricant de couleurs Johann Jacob Diesbach. Or, entre 1641 et jusqu’en 1853, le Japon applique une politique isolationniste (sakoku). Pendant cette période, seuls les Hollandais sont donc officiellement autorisés à commercer avec le Japon, dans la baie de Nagasaki. Ce sont eux qui importeront le bleu de Prusse sur l’archipel nippon, à partir de 1820. Ce bleu révolutionnera alors l’estampe japonaise.

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Hokusai sera le premier à l’utiliser, à partir de 1829. On retrouve ce bleu sublime dans sa célèbre série des Trente-six vues du Mont Fuji. Sur chacune des estampes de cette série (elle en réunit en réalité quarante-six et non pas trente-six), le mont Fuji, point culminant et symbole immuable du pays, apparaît sous un angle différent. Ci-dessous, deux estampes de la fameuse série. Sur la première, intitulée Ejiri dans la province de Suruga, souffle un vent violent qui rend la situation des personnages très cocasse :

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Sur la seconde, intitulée Shinagawa sur le Tokaido, les fleurs de cerisier transforment le paysage en un lieu sublime :

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Ci-dessous, un autre magnifique exemple d’estampe réalisée au bleu de Prusse. Il s’agit de Cerisiers en fleur à Arashiyama, rivière Oi (1834-1835) estampe réalisée par Hiroshige et extraite de la série des Lieux célèbres de Kyoto du même artiste.

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Vous remarquerez que sur toutes ces œuvres, les artistes chantent la nature au fil des saisons, un thème majeur de la poésie et de la peinture japonaises…

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Pour aller plus loin :

  • une fiche détaillée sur le bleu de Prusse : ici
  • une fiche détaillée sur les Trente-six vues du mont Fuji de Hokusai : ici
  •  la BNF propose une exposition virtuelle sur les estampes japonaises : ici
  • le musée Guimet propose en ce moment, et jusqu’au 2 octobre, une exposition intitulée Paysages japonais : ici
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Un quartier vegan à Paris ? oh oui !

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J’ai enfin pris le temps de passer chez Ann, la gérante de Mon Épicerie Paris, une boutique 100% vegan qui a ouvert il y a 3 mois au 31, rue de Gravilliers (75003).

Par ailleurs, très bonne nouvelle : cette rue du cœur de la capitale se remplit progressivement d’établissements vegan. J’ai testé deux restaurants pour le moment : Hank Pizza (pour se régaler), Wild and the moon (diététique et goûteux) (et qui ont un deuxième restaurant, plus grand, au 55 de la rue Charlot, à 10 minutes de là).

La façade de Mon Épicerie Paris ne paie pas de mine et pourtant, il s’agit d’une caverne d’Ali Baba ! Ce magasin vend de tout : légumineuses, gâteaux, vins, bières, glaces, chocolat, pâtes à tartiner, sauces, mayonnaise, (faux) fromage, simili-carnés, surgelés… le tout dans une version certifiée vegan 🙂 Je ne savais plus où donner de la tête. J’ai résisté (une fois de plus) à la pâte à tartiner au chocolat sans huile de palme, mais j’ai choisi des gâteaux à la noisette et au chocolat. J’ai également pris des pois chiches bio et des haricots noirs bio. Pour finir, j’ai acheté une boîte de vitamine B12, le seul complément alimentaire indispensable à la santé de tout vegan qui se respecte 😉

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A 5 minutes de là, au 96 de la rue Quincampoix, même arrondissement, la boutique Vegan Mania propose une gamme riche et complète de produits cosmétiques vegan : soin du corps et du visage, shampoing, bain et douche, maquillage, parfums, dentifrice, etc.

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Pour en savoir plus :

  • une interview de la gérante de Mon Épicerie Paris : ici
  • la gérante de Mon Épicerie Paris nous présente sa boutique : ici
  • la page Facebook de la boutique Mon Épicerie Paris donne une bonne idée de la diversité de leurs produits : ici
  • découvrez les pizzas et les burgers de Hank : ici
  • découvrez le concept de Wild and the moon : ici
  • Vegan Mania vend également ses produits de beauté en ligne : ici

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Chaleur animale au Louvre

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(Jeune tigre jouant avec sa mère, Eugène Delacroix, 1830)

J’ai profité d’un jour de congé en milieu de semaine pour aller fureter au département des peintures (France, Europe du Nord, Italie, Espagne, Grande-Bretagne et Etats-Unis) du musée du Louvre. L’Art, que ce soit pour l’artiste ou pour le spectateur, est décidément une merveilleuse manière de prendre contact avec la nature et les animaux.

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Ci-dessus, Jeune tigre jouant avec sa mère, par Eugène Delacroix, réalisé en 1830. Delacroix, chef de file français des peintres romantiques au 19e siècle, a toujours aimé observer et représenter les animaux, et en particulier les chevaux et les fauves. Son contemporain Théophile Gautier a un jour dit à son sujet :

Il savait adoucir le caractère féroce de son masque par un sourire plein d’urbanité. Il était moelleux, velouté, câlin comme un de ces tigres dont il excelle à rendre la grâce souple et formidable.

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Le Taureau blanc à l’étable

Jean-Honoré Fragonard, peintre classique du 18e siècle, est principalement célèbre pour ses scènes galantes et ses tableaux polissons. J’aime beaucoup cette huile sur toile, pleine de douceur et de chaleur animales. L’artiste fait ici d’un simple bovidé, en le représentant de façon très réaliste et en le nimbant d’un clair-obscur bienveillant, un personnage à part entière, presque le héros d’une histoire. Car chaque animal n’est-il pas, tout simplement, le héros de sa propre vie ?

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Paysage à la chèvre

Antoine Watteau (1684-1721) est célèbre pour ses tableaux inspirés de la commedia dell’arte. Mais son Paysage à la chèvre, réalisé en 1715, nous emmène loin du théâtre et des scènes galantes. Ici, avec son ciel nuageux, sa chaude lumière de fin de journée, sa végétation montagneuse et sa joyeuse cascade, la nature est reine, malgré quelques habitations humaines. Au premier plan de cette scène pastorale, se tiennent compagnie une bergère et sa chèvre. Les animaux peuplent nos vies ; sans eux, nous ne serions rien ; et sans cette ravissante chevrette, dont on devine la tendresse et l’infatigable joie de vivre, le même tableau n’aurait pas du tout la même saveur gionesque.

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Nature morte avec cailles, hibou et échasse blanche

Paolo Porpora, peintre italien du 17e siècle, s’est spécialisé dans les natures mortes et les scènes de la nature. Il a réalisé cette Nature morte avec cailles, hibou, échasse blanche vers 1656. On y voit plusieurs éléments végétaux (roses, pensées, champignons) et surtout, de nombreux animaux : des papillons, des cailles, des crapauds (dont un en plein repas), un hibou et une échasse blanche. L’ambiance est crépusculaire, certes, mais chaque créature y déborde de vie. Peut-on franchement parler d’une nature morte ?

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Le Paradis terrestre

L’art animalier connaît un essor majeur au 17e siècle, avec des peintres comme Paul de Vos, Roelandt Savery, Frans Snijders ou Jan Fijt. C’est évidemment l’occasion pour eux de représenter des scènes de chasse, mais aussi ce qu’on appelle des paradis terrestres : des tableaux où l’humain disparaît complètement ou presque, pour laisser toute leur place à des animaux extrêmement variés, et cohabitant étrangement bien ensemble !

Paul de Vos a réalisé ce Paradis terrestre vers 1650. On lui connaît aussi une Entrée des animaux dans l’Arche de Noé.

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Deux singes pillant une corbeille

Frans Snyders (1579-1657), peintre flamand, fut un élève de Peter Bruegel le Jeune. Il s’est spécialisé dans l’art animalier, les natures mortes et les scènes de chasse. Dans Deux singes pillant une corbeille, il nous présente des capucins qui chapardent des fruits dans une corbeille. Ce qui aurait pu rester une nature morte se transforme alors en joyeux champ de bataille : hurlements des singes, fracas de la vaisselle cassée… Le site officiel du Louvre propose une fiche détaillée du tableau : ici.

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Pour aller plus loin, quelques bouquins :

  • Bestiaire du Moyen Âge, de Michel Pastoureau, aux éditions du Seuil : ici
  • L’Odyssée des animaux, les peintres animaliers flamands au XVIIe siècle, aux éditions Snoeck : ici
  • 100 sculptures animalières (20e siècle), aux éditions Somogy : ici
  • Zoo de papier, aux éditions Citadelles & Mazenod (en vente à partir d’octobre 2017) : ici

(ci-dessous : double page intérieure de la brochure de présentation de l’ouvrage Zoo de papier)

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