L’imposture intellectuelle des carnivores

thomas-lepeltier1

J’ai assisté jeudi soir à une formidable conférence donnée par Thomas Lepeltier (voir photo), historien des sciences et philosophe, et bien sûr, vegan. Cette conférence était intitulée L’Imposture intellectuelle des carnivores (titre de son dernier ouvrage ) et sous-titrée à l’assaut de la citadelle carniste !

1 conférencier très en forme + 1 public curieux et passionné = 2 heures de pur bonheur.

Les deux objectifs de Thomas Lepeltier :

  • déconstruire les idées farfelues que véhiculent les intellectuels (et donc « faiseurs » d’opinion) carnivores sur le veganisme
  • construire un monde nouveau : en l’occurrence, un monde vegan 🙂 !

*

Thomas Lepeltier, pessimiste quant au sort des animaux en France

Malgré une société qui bouge (les médias qui communiquent beaucoup sur la souffrance animale, les consommateurs qui désirent manger moins d’animaux maltraités et torturés), Thomas Lepeltier est pessimiste quant au sort des animaux en France, pour plusieurs raisons :

  • la consommation de viande est en hausse dans le monde
  • en France : on mange moins de viande par foyer, mais bizarrement la consommation de bidoche ne diminue pas de façon significative (peut-être parce que la consommation de viande au restaurant a augmenté)
  • le nombre d’animaux tués (on ne parle pas ici de poids, mais d’individus qui souffrent) est en augmentation : car certes les Français bouffent moins de viande rouge, mais ils se rabattent sur la volaille et le poisson
  • en Angleterre, où le végétarisme est bien plus ancré qu’en France (et depuis des décennies), malheureusement, on constate que la conversion du végétarisme au végétalisme n’a pas eu lieu : non seulement les Anglais continuent de consommer des produits animaux issus d’une exploitation pleine de souffrance (produits laitiers, fromage, œufs) , mais visiblement ils sur-compensent : plus de produits laitiers, de fromage, d’œufs !!!!!
  • dernier point et ce fût le principal sujet de sa conférence : le paysage intellectuel français (les « faiseurs » d’opinion) est foncièrement carniste et spéciste

*

Un paysage intellectuel français foncièrement carniste et spéciste 

Parce que le paysage intellectuel français est foncièrement carniste et spéciste, il faut s’attaquer à cette citadelle avec force et méthode. Avec beaucoup d’humour (je crois n’avoir jamais vu un public autant rire lors d’une conférence), Lepeltier a énuméré tout un tas de propos ridicules émis par les intellectuels français carnistes. Quelques exemples :

  • Jocelyne Porcher, directrice de recherches à l’INRA, affirme que « pour abattre un animal, il faut l’aimer ». Et que les animaux nous « donnent » leur viande, nous « donnent » leur vie…
  • Raphaël Enthoven, philosophe, n’a pas honte de déclarer : « pour assumer son animalité, il faut manger de la viande » : on se demande ce que les animaux qui ne bouffent pas de viande en pensent…
  • Alain Prochiantz, professeur de neuro-biologie, accuse les végétariens et les végétaliens d’imposer leur morale : en l’occurrence, il faudrait laisser tout le monde vivre comme il l’entend et faire n’importe quoi avec n’importe qui, au nom de la liberté…
  • Dominique Lestel déclare carrément que « pour être un homme, il faut être cruel » : ça ressemble clairement à un appel à la violence et à la cruauté ; ce mec est-il sérieux ?
  • Michel Onfray, philosophe, a été capable de dire que si on arrêtait de manger les animaux, « ils nous envahiraient » et « l’humanité disparaîtrait » ! Il lui arrive d’avoir de vagues éclairs de lucidité et d’affirmer, par exemple : « si je pense, je suis végétarien ».
  • Francis Wolf, professeur de philosophie à l’Ecole Normale Supérieure, a le toupet de dénoncer les vidéos qui montrent la violence des abattoirs : ce n’est pas assez important à ses yeux. Pour Wolf toujours, il y a une hiérarchie parmi les animaux, entre ceux qu’on a choisis comme animaux de compagnie et le reste des animaux : l’affection qu’on porte à son chien justifie la violence qu’on commet sur les vaches et les cochons. Il parle également d’un « contrat » passé avec les animaux d’élevage. Faut-il lui expliquer, comme à un gosse de 4 ans, qu’un contrat implique l’accord des deux parties et que les animaux n’ont jamais dit oui ?
  • Perico Legasse, critique gastronomique, considère que les traditions passent avant la souffrance animale
  • Elisabeth de Fontenay, philosophe, pense qu’il faut à tout prix « protéger la tradition culinaire, ancrée dans le devenir des hommes »  : tant pis pour le problème éthique de la viande, qu’elle reconnaît pourtant comme une triste réalité
  • Franz-Olivier Gisbert, journaliste végétarien et amoureux des bêtes (c’est important) mais visiblement schizophrène, défend régulièrement les ministres de l’Agriculture (Lemaire, Le Foll), ceux-là même qui se foutent comme de l’an 40 du bien-être animal. Il affirme aussi que la viande ne doit pas disparaître : « une terre sans viande,  c’est une terre sans vache, et donc une terre bien triste ». Il y a vraiment quelque chose qui ne tourne pas rond chez cet homme…

Bref, on va d’incohérences en inepties. Aucun de leurs arguments ne tient la route 30 secondes. Ces individus qu’on croit sensés racontent absolument n’importe quoi sur le sujet.

*

Plusieurs lignes de conduite adoptées par Thomas Lepeltier

  • Les intellectuels ont un pouvoir, une responsabilité. Parce que leurs propos font autorité, ils ont une responsabilité dans le massacre des animaux. Quand ils racontent des énormités, il faut donc les dénoncer, les contredire, les décrédibiliser, mettre le doigt sur leurs incohérences et leur mauvaise foi.
  • Le citoyen vegan doit assumer son côté moraliste. Avoir de la morale n’est pas une tare. Il s’agit bien de mettre le doigt sur l’immoralité d’une société violente et spéciste. Mais tout est dans la manière de s’y prendre : il s’agit d’user de tact, d’habileté, c’est-à-dire de laisser croire à son interlocuteur carnivore qu’il se met à culpabiliser tout seul. Il ne faut surtout pas qu’il se sente culpabilisé par l’autre.
  • Se plaindre aux rédactions (presse, TV), au nom du pluralisme, de ne pas entendre davantage les abolitionnistes quand on parle d’animaux et de viande

*

Pour aller plus loin :

  • un article sur Thomas Lepeltier : ici
  • la légende du rock Iggy Pop prend le micro avec une chanson anti-spéciste, pour l’association Peta : ici
  • la chaîne Naturalia a ouvert 3 magasins vegan à Paris et en région parisienne : ici

*

Demain, c’est lundi ! Je vous souhaite à tous une belle semaine, en harmonie avec vous-mêmes et avec les autres êtres vivants qui vous entourent. Voici une création de Pamela Tongue : un oiseau vient se reposer, en toute quiétude, sur le coude d’une femme nue et alanguie…

pamela tongue

Publicités

4 réflexions sur “L’imposture intellectuelle des carnivores

  1. Phrase d’un directeur de cirque pour justifier l’exploitation d’animaux dans les cirques : «je mangerai de la salade le jour où les lions ne mangeront plus de gazelles».

    J'aime

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s