L’enchantement animal : Peter de Sève

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(couverture du New Yorker par Peter de Sève, 29 janvier 2001)

Peter de Sève est un grand dessinateur new-yorkais. Ses lointaines origines françaises ont favorisé sa curiosité et son admiration pour les œuvres de Gustave Doré et de Honoré Daumier.

Depuis l’enfance, l’artiste se passionne autant pour le dessin que pour les animaux. C’est évidemment la raison pour laquelle je le trouve génial ! Certes, Peter de Sève ne dessine pas QUE des animaux. Mais il suffit de faire une brève recherche sur internet pour constater que les animaux sont omniprésents dans son oeuvre et qu’ils enrichissent profondément son univers.

(le voici avec sa chienne Darla)

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Les couvertures de Peter de Sève pour le fameux New Yorker

Peter de Sève a créé de nombreux personnages de films d’animation, dont Scrat, le fameux écureuil préhistorique de L’Age des glaces. Autres exemples de films d’animation auxquels il a participé : Ratatouille, Mulan, 1001 pattes

Mais SURTOUT, et c’est ce qui m’intéresse aujourd’hui, Peter de Sève réalise de très belles couvertures pour le New Yorker, tendres et humoristiques, depuis 20 ans, en y mettant en scène de nombreux animaux. Cet article est l’occasion de vous en montrer quelques-unes.

En observant son travail, on est franchement tenté de penser que Peter de Sève est végétarien et antispéciste. En effet, non seulement ses dessins démontrent une vraie tendresse pour les animaux, mais en plus, son travail traduit une vision du monde résolument anthropo-décentrée : chez Peter de Sève, les humains ne dominent pas la pyramide du vivant, les bêtes méritent autant de respect que les hommes. Ci-dessous, 6 coups de cœur :

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Soyons empathiques et solidaires avec les animaux

Voici un premier exemple de couverture réalisée par Peter de Sève pour le New Yorker. Une adorable bande de homards prend la poudre d’escampette (grâce à des serviettes à carreaux nouées les unes aux autres, comme pour une évasion de taulards), pendant que les humains qui ont décidé de les manger prennent insouciamment l’apéro. J’adore !

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Les animaux ne sont pas des trophées ni des matières premières 

Ici, une bourgeoise en manteau de fourrure (de raton-laveur), promenant son yorkshire sous le clair de lune. Tout irait merveilleusement bien dans le meilleur des mondes si cette pauvre dame n’était pas justement suivie par… un raton-laveur qui veut visiblement en découdre !

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La consommation et l’exhibition de fourrure, de cuir et de plumes sont des réminiscences du passé. En 2017, on peut vivre sans mutiler ou dépecer des animaux. La souffrance des bêtes ne pèse-t-elle pas plus lourd dans la balance que la satisfaction de nos petits plaisirs ? Évoluons !

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Les animaux ne sont pas des objets ni des jouets

On a tous déjà entendu parler de ces propriétaires qui laissent leurs animaux de compagnie trembler comme des feuilles, dans le froid de l’hiver, pendant qu’ils honorent un rendez-vous à la mairie, ou qu’ils vont déjeuner au restaurant. Avec les beaux jours, on a également écho de tous ces chiens qui meurent (ce n’est pas une expression) de chaud dans une voiture ou même dans le coffre d’une voiture, en plein cagnard, après de longues minutes de souffrance, pendant que leur maître est parti faire ses courses, se faire un cinéma… Sur ce dessin, les rôles sont inversés avec humour. Ca caille !

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Les animaux, eux aussi, ont des projets !

Peter de Sève est décidément un poète. Ci-dessous, une autre illustration réalisée pour le New Yorker, avec un employé de bureau qui attend son métro. A ses pieds, sous le quai, une souris dans la même tenue que lui (imperméable, cravate rouge, attaché-case, gobelet de café) part également au boulot.

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Et oui, ça laisse encore beaucoup de gens sans voix, mais les animaux ont une vie et des projets. Avez-vous déjà entendu parler de ce pauvre éléphant qui amassait consciencieusement, dans son enclos, des cailloux pour les balancer à la face des visiteurs, en guise de mécontentement ? avez-vous déjà longuement observé des oiseaux confectionner leur nid ? Les animaux ne sont pas idiots : ils analysent les situations et prennent des décisions réfléchies.

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Les animaux ne sont pas des produits de consommation

J’aime énormément cette illustration, pleine de douceur et de magie : une sorcière qui tombe sous le charme d’un petit chat noir, dans la vitrine d’une animalerie. Le coup de foudre est manifestement réciproque 🙂

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J’ai appris l’autre jour que certaines personnes superstitieuses avaient encore peur, en 2017, des chats noirs, et que cela expliquait qu’ils aient moins de succès dans les refuges !

En outre, les humains n’ont pas toujours conscience qu’en achetant des animaux au lieu de choisir l’adoption, ils favorisent un système malsain et sans morale : trafic, animaux exploités pour optimiser les portées, très mauvaises conditions de vie dans les animaleries. Pendant ce temps, les refuges et la SPA sont complètement dépassés par un trop grand nombre d’animaux abandonnés devant leur porte. Et se voient dans l’obligation d’en euthanasier des milliers…

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Les animaux, source d’inspiration et d’émerveillement

Ci-dessous, le printemps. Un employé, pour sa pause déjeuner, s’est installé sous un arbre en fleur. Une bouffée d’air frais au milieu de la grisaille ! Ce qui ne l’empêche pas de visser consciencieusement les écouteurs de son iPod sur ses oreilles, plutôt que de profiter du chant d’un petit oiseau jaune qui s’égosille joyeusement au-dessus de sa tête.

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Le magazine Télérama parle très bien de la passion de Peter de Sève pour le dessin d’animaux, dans un article du 30 juin 2012 :

Volontiers grinçant quand il croque les travers de ses contemporains, de Sève n’a de tendresse que pour les animaux. Il aime les représenter se faisant la belle, jouant des tours aux humains, prenant, comme ils peuvent, leur revanche sur une évolution qui ne leur a pas été favorable. Cette passion remonte à l’enfance, où il battait la campagne pour attraper créatures rampantes ou vrombissantes. « Je ramassais des serpents, des grenouilles qui agonisaient dans des aquariums puants. C’était plus fort que moi, trouver un animal avait quelque chose de magique… Je passais mon temps à les regarder et à les dessiner. » En grandissant, les choses ne s’arrangent pas. A force de traîner dans une boutique d’animaux de compagnie, le jeune homme finit par y être embauché. Avec son maigre salaire, il se met à collectionner toutes sortes de livres spécialisés sur la préhistoire et les espèces disparues. En plus de trente ans, il a amassé plusieurs centaines d’ouvrages et de solides connaissances en paléozoologie.

Pour lire l’article en entier, ça se passe ici.

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Pour aller plus loin :

  • Peter de Sève a un site internet : biographie, blog et joli éventail d’illustrations : ici !
  • Les éditions Akileos ont publié un bouquin sur Peter de Sève qui a bénéficié des éloges du public : L’art de Peter de Sève. L’ouvrage est considéré comme un bijou : contenu, mise en page, richesse des illustrations, qualité du papier. En voici la couverture :

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3 réflexions sur “L’enchantement animal : Peter de Sève

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