Animaux de nos vies, animaux de nos rêves

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(Lotus et martin-pêcheur, Qi Baishi, 1921)

Quel temps magnifique ces derniers jours ! Et quand le cœur est léger, difficile d’écrire autre chose qu’un article joyeux…

Ci-dessus, une superbe peinture du chinois Qi Baishi (1864-1957) (désolée pour l’éclairage de la reproduction, mon appareil photo et moi-même n’avons pas su faire mieux), représentant un martin-pêcheur qui fait le gué depuis son perchoir : une solide tige de lotus. Quelle sera sa prochaine proie : grenouille, petit poisson, libellule ? Dimensions de l’oeuvre : environ 24 cm x 35,5 cm. On peut l’admirer dans l’ouvrage Qi Baishi, le peintre habitant temporaire des mirages, aux éditions Picquier (ici).

Vous le savez, ce blog est végétarien, et maintenant quasiment vegan. Pour tenir compagnie à notre élégant martin-pêcheur, voici quelques haïkus (poèmes japonais en 3 vers) de Santoka Taneda, moine zen, vagabond et alcoolique du début du siècle dernier (1882-1940), sur le thème des animaux.

Très enthousiasmée par l’initiative actuelle du Quai Branly, qui met à l’honneur les insectes pendant 3 mois à travers des conférences et ateliers variés (voir ici : Au musée les insectes !), j’ai eu envie de sélectionner des haïkus de Santoka sur le thème spécifique des insectes en été :

ivre
je m’endors
avec les criquets

dans la montagne toute la journée
les fourmis elles aussi
marchent

toute la journée nu
papillons
et libellules

de retour
dans mon village natal
partout des lucioles

sur mes pieds fatigués
une libellule
s’est posée

*

Ecrire des haïkus, c’est avant tout chanter la beauté de la nature et exprimer son respect pour le règne du vivant. A travers les 5 poèmes ci-dessus, Santoka nous parle de sa relation très harmonieuse avec les animaux, même les plus insignifiants en apparence. D’ailleurs, en accord avec ce que prône le bouddhisme, Santoka ne se considère nullement comme supérieur aux bêtes : les animaux sont une de ses sources d’inspiration, mais aussi de véritables compagnons de route. Santoka parlera carrément de lui-même comme d’une simple « herbe sauvage », c’est vous dire son humilité…

*

Les araignées viennent parfois se fabriquer un petit coin tranquille dans nos logis. Je me suis ainsi amusée à écrire ce haïku aujourd’hui :

partageant ma salle de bain
avec toi, araignée
mon cœur est en paix

Le haïku est traditionnellement composé de 5/7/5 syllabes. Plusieurs spécialistes (à l’instar de Philippe Costa, Petit manuel pour écrire des haïku) s’accordent toutefois à dire que dès lors que nous n’écrivons pas nos haïkus en japonais, cette règle très contraignante perd son sens. J’ai tendance à penser qu’il en bon d’en tenir compte quand on démarre, et qu’il faut ensuite prendre ses libertés 🙂

Profitez bien de ce temps merveilleux 🙂

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