Pour une société humanimale : Will Kymlicka

piet grobler

un être humain en harmonie avec les animaux, illustration de Piet Grobler

J’ai eu la chance d’assister hier soir à la conférence donnée par Will Kymlicka, fervent défenseur de la cause animale, à Paris 1-Panthéon Sorbonne. Nous étions entre 200 et 300 à assister à son intervention (dont une moitié d’étudiants). Will Kymlicka ne vient pas souvent en France et il a été accueilli dans l’amphithéâtre par une véritable ovation, c’était très émouvant je dois dire 🙂

Je vais essayer de résumer sa conférence ci-dessous [en mettant mes réactions entre crochets].

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Kymlicka_Will

Will Kymlicka est une figure majeure de la défense des animaux. Il est l’un des deux auteurs (avec Sue Donaldson) du bouquin référence Zoopolis, une théorie politique du droit des animaux (novembre 2011). Il est canadien ; philosophe et professeur de philosophie à la chaire de philosophie politique de l’université Queen’s à Kingston (Ontario). Il est évidemment vegan : il ne mange ni viande ni poisson ni laitage, n’utilise pas de produits d’originale animale.

En 1975, le philosophe Peter Singer publiait La Libération animale, texte fondateur de la lutte pour la protection des animaux. Ce sera le début de 40 ans de combat pour la cause des animaux. Will Kymlicka fait partie des héros qui ont repris le flambeau !

Will Kymlicka prône, comme Peter Singer, une société humanimale, dans laquelle les animaux seraient considérés comme nos voisins ou nos amis (selon qu’ils sont sauvages ou qu’ils apprécient le contact humain) : on n’en fait pas des produits de consommation, on ne les réduit pas à l’esclavage, on respecte leurs besoins. Nous partageons la même planète qu’eux, nous ne sommes pas supérieurs à eux. [Bref, comportons-nous donc avec un peu d’élégance !]

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Respecter chaque espèce

bleu

Dans le but d’instaurer une relation adaptée entre l’humain et chacun des animaux, Will Kymlicka classe les animaux en 3 catégories :

  • les animaux domestiques et de compagnie : nos co-citoyens
  • les animaux liminaires (souris, renards qu’on croise sur nos propriétés, pigeons dans nos villes…) : résidents du même territoire que nous
  • les animaux sauvages : une communauté souveraine en son royaume (c’est eux qui décident, pas nous)

L’idée : respecter les besoins de chaque animal. Certains animaux recherchent la compagnie des humains, d’autres la fuient. [On pense évidemment aux animaux de cirque : les éléphants, qui vivent spontanément en troupeau et qui font naturellement des dizaines de kilomètres pour organiser leur existence, n’ont absolument rien à faire dans un cirque ; de même pour les dauphins ou les otaries.]

[Ci-dessous, affiche pour une campagne en faveur de l’interdiction des animaux dans les cirques : « Les animaux ne sont pas des clowns »]

les animaux ne sont pas des clowns 2

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Un mot sur les animaux domestiques 

chat

Nous avons le devoir moral de nous occuper d’eux dans la mesure où c’est nous, les humains, qui les avons intégrés à notre société. Nous avons instauré, en inventant la domestication, une société inter-espèces. Prenons nos responsabilités et admettons que ces animaux domestiques (bétail, volaille, animaux de compagnie…) font partie des membres de notre société, qu’ils sont nos co-citoyens.

– étant nos co-citoyens, ils ont donc, comme nous, des droits :

  • le droit à la santé
  • le droit d’être représentés politiquement
  • le droit de ne pas « travailler » plus de tel nombre d’heures par jour (pour les animaux de ferme, pour les chiens d’aveugle, etc.)

– ils ont aussi des devoirs :

  • un devoir de socialisation (comme les enfants, à qui on apprend à vivre en société, à ne pas employer la violence)
  • un devoir de contribution (à adapter selon les aptitudes et les envies de l’animal) [on sait par exemple qu’un chat qui vit dans une maison de retraite apporte de la joie à ses habitants, tout en coulant des jours heureux]

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Un mot sur les animaux sauvages

porc-épic

Ils sont malheureusement considérés par l’être humain comme des ressources naturelles, et non comme les habitants souverains sur leur territoire. L’idée : respecter leur droit à jouir de leur espace, respecter leur droit à l’autonomie. Bref, leur foutre la paix 🙂

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Ca ne s’arrange pas

En 2017, dans de nombreuses sociétés, les animaux sont toujours perçus comme des propriétés, une sorte de caste inférieure. Non seulement la pensée humaine n’a pas évolué sur ce point, mais en plus la situation s’est dégradée : les animaux exploités et maltraités sont toujours plus nombreux (société de consommation). En outre, la biotechnologie animale (modifications génétiques, à but économique) banalise des déviances qui nous auraient tout simplement paru monstrueuses il y a quelques dizaines années.

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Mieux penser la protection des animaux

Pour une meilleure avancée des droits des animaux, Will Kymlicka considère qu’il faut favoriser les projets positifs (donner une place positive aux bêtes, impliquer l’humain dans la révolution animale) plutôt que tout miser sur la réprimande (interdire). Une nouvelle approche s’impose donc, qui projettera l’être humain dans un rapport bienveillant, curieux et positif avec ses voisins et/ou amis les z’animos.

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[Ci-dessous, quelques éléphants en promenade et en famille, loin des acrobaties ridicules que les humains leur imposent dans les cirques.]

elephants

 

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