François Cheng, merci

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François Cheng, de tout mon cœur, merci.

Merci pour vos essais sur l’esthétique chinoise. Je découvre vos très beaux bouquins depuis quelques semaines, grâce au vaste réseau des bibliothèques parisiennes.

Pour être plus exacte, ma maman m’a offert Shitao, la saveur du monde (éditions Phébus) à mon 16e ou 17e anniversaire. Je découvrais ainsi votre précieux travail sans me poser la moindre question sur l’auteur du texte, vous, et donc sans rien savoir de votre histoire, de votre parcours, de vos préoccupations. J’étais bien jeune ! Mais c’est ce qui fait, aussi, je crois, l’intelligence de vos ouvrages : vous vous effaceriez presque pour mieux mettre en valeur les artistes que vous vénérez.

Et puis voilà ; je reviens vers vos livres en 2016, suite à un intérêt soudain et enflammé pour les monts Huang, spectaculaire royaume de montagnes et de brumes en Chine, chanté depuis des siècles par les poètes et les peintres du pays.

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Depuis quelques soirs, je plonge et plonge encore, avec un bonheur total, entre les pages de D’où jaillit le chant et de Toute beauté est singulière : je plonge avec l’oiseau, je batifole avec le papillon, je file avec la libellule… Je remonte la montagne, passe sous la cascade, me cache sous un saule, furète parmi les roseaux, tombe nez à nez avec le reflet de la lune… Je rencontre un artiste qui peint avec ses cheveux, un autre avec ses doigts ; un troisième qui a fait vœu de silence, un quatrième qu’on a jeté en prison pour outrage au gouvernement ;  sans parler de celui qui ne peint que des animaux fâchés (oui, fâchés, et franchement, c’est réjouissant !) ou de cet autre qui s’obstine à ne peindre que des oies sauvages… Je vais de surprise en surprise, je jubile, je plane, je m’extasie…

Votre regard, vos choix, votre sensibilité accrue, transforment ce qui pourrait être de simples très beaux livres en véritables objets spirituels précieux.

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Ci-dessous, piochés dans vos ouvrages où vous les commentez si délicatement et si richement, voici quelques exemples de peintures de paysage (shanshui) :

Ici, un rouleau de Tang Yin, intitulé Dans ma cabane, rêvant d’immortalité, où l’on voit un lettré endormi à sa fenêtre qui, dans un songe débridé, plane au dessus des nuages.

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Ci-dessous, une magnifique peinture de Shitao : Dernière randonnée. Je la trouve très émouvante…

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Quand le soleil perce la brume, cela donne Lumière sur un village de pêcheurs, peinture de Muqi :

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Ici, une peinture de Ma Yan intitulée Dialogue avec le vent, où l’on observe, en même temps que le lettré, un couple d’oiseaux jouer dans les airs.

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Et maintenant, picorés également dans vos livres, quelques exemples de peinture de fleurs et oiseaux (hua niao), une thématique chinoise qui ouvre en réalité la porte à tous les animaux, et à tous les végétaux.

Ce petit oiseau joufflu de Lin Chun n’est-il pas merveilleux (Fin d’été) ?

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Ci-dessous, Chen Chun a ici représenté une branche de grenadier généreusement alourdie par ses fruits (Bientôt mûres à point) :

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Quel bijou que cette peinture de Ju Lian, représentant un insecte en promenade (Branche fleurie d’hibiscus)…

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Et pour finir, voici deux oies sauvages de Bian Shoumin, au cœur de leur univers familier : la rive, la végétation des bords de l’eau.

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Monsieur Cheng, j’imagine que vous êtes au courant : votre livre intitulé L’Espace du rêve, mille ans de peinture chinoise est devenu totalement inaccessible financièrement, sur internet comme dans les librairies d’occasion (plus de 100 euros, souvent 200 euros). Heureusement, la réserve centrale des bibliothèques de Paris est là pour mettre, à la disposition des lecteurs les plus acharnés, les bouquins qui font référence.

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Mes autres lectures du moment sur la Chine (en termes de bouquins, les infidélités n’ont que du bon) :

Grammaire de l’objet chinois (éditions de l’Amateur) : sur les flacons à tabac, les cages à oiseaux, le jade, la culture des cerfs-volants ou encore le bestiaire chinois…
La beauté autrement, introduction à l’esthétique chinoise (éditions You-Feng) : où l’on apprend pourquoi les peintures chinoises sont accompagnées de calligraphies, comment la monochromie est devenue une règle d’or en Chine, ou encore ce qu’est le « point de mousse »…

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Un autre livre de vous, François Cheng, auquel je n’échapperai pas, plus petit et plus léger cette fois, et donc parfait pour les transports en commun :

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L’Asie a tellement de choses à nous apprendre et à nous offrir !

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