L’amour du vivant

noe-roelandt-savery

Noé remerciant Dieu d’avoir sauvé la création, Roelandt Savery, 1620

Roelandt Savery (1576-1639), peintre flamand de la Renaissance, est connu pour avoir réalisé de nombreuses représentations animales. Et si la religion est présente dans ses œuvres, ce n’est qu’en filigrane, ce n’est qu’un prétexte : car l’artiste cherche surtout à rendre compte de la diversité et de la beauté du vivant, reléguant à l’arrière-plan l’épisode biblique (arche de Noé à peine identifiable au fond du paysage). Toutefois, conformément au célèbre récit de la Bible, la grande majorité des créatures sont en couple sur son tableau.

Qu’on le veuille ou non, l’animal est un thème central de l’histoire de l’Art. Domestique, commun ou exotique, il a toujours fasciné l’être humain. En outre, si les natures mortes avec cadavres d’animaux suscitent éventuellement un respect et une admiration pour la technique de l’artiste, ce sont bien les représentations vivantes qui nous émerveillent et nous attendrissent.

Il m’arrive d’écrire des haïkus (poème japonais de 3 vers, avec 5/7/5 syllabes si on s’en tient strictement aux règles de la tradition). En voulant réunir tous mes haïkus sur un même document (trier, classer et ranger ses affaires de temps en temps, ça ne fait pas de mal !), je me suis rendue compte que la majorité d’entre eux parlaient d’animaux. Ce n’est finalement pas un hasard, car tout haïku qui se respecte doit contenir ce que les Japonais appellent un « mot de saison » (exemples : « bourgeon » pour parler de printemps ou « feuille morte » pour parler d’automne). Or, quoi de plus logique en effet pour évoquer le printemps ou l’automne que de faire intervenir le papillon ou l’écureuil ?

Ci-dessous, une petite dizaine de mes haïkus.

PRINTEMPS

jouant à cache-cache
sous les feuilles des roses trémières
chat noir et chat gris

ÉTÉ

bourdon rondouillard
tu te roules avec ivresse
dans le cœur des fleurs

*

partageant ma pomme
avec un cheval
je retrouve mon cœur d’enfant

*

son toit sur la tête
j’envie la philosophie
du bernard-l’hermite

AUTOMNE

« où sont mes noisettes ? »
le point d’interrogation
de sa grande queue rousse

*

potager picard
entre deux fleurs d’échalote
l’araignée tricote

*

papillon mort
ta beauté résonne encore
dans le monde des vivants

HIVER

toits fumants
oiseaux noirs sur fond blanc
poème d’hiver

 

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