Musée imaginaire ~ la pluie

Mattias-Mackler (550x413) (450x338)

(double page d’un carnet de croquis Moleskine, dessin de Mattias Mackler)

[5e volet de mon musée imaginaire : la pluie]

J’ai toujours aimé la pluie. Je la perçois comme un élément à la fois apaisant et revigorant ! Quand je l’entends tapoter de ses mille petits doigts sur le velux de la chambre, j’ai l’impression qu’elle veut jouer et qu’elle m’appelle. Quand elle tombe en trombes puissantes, elle me fait l’effet d’une reine, d’une impératrice. A-t-on déjà vu des enfants ne pas aimer la pluie ? pourquoi les adultes s’entêtent-ils à la trouver déprimante ? La pluie est un cadeau.

*

Pluie du soir

Kawase Hasui est un artiste japonais de la première moitié du XXe siècle, célèbre pour ses paysages, ambiances saisonnières (neige, pluie…), scènes de nuit et nuances de bleus. Il privilégie les lieux et les atmosphères aux personnages, représentant souvent ces derniers par de discrètes silhouettes. En 1956, le gouvernement japonais lui a décerné le titre de Trésor national vivant. Il a réalisé 600 estampes et celle-ci, que j’adore, s’intitule Pluie du soir.

kawase hasui

*

Tlaloc, dieu de la pluie

Oui, il fait peur et oui, il a l’air méchant. C’est à cause de ses crocs, de ses gros yeux en forme de serpents et de sa langue bifide.

Tlaloc (395x450)

Au lycée, pendant les cours d’histoire et de géographie, je m’ennuyais ferme. Un des rares chapitres du manuel scolaire qui m’intéressait, dans les toutes dernières pages, concernait les cultures amérindiennes. Ces pages, qui étaient donc officiellement au programme, n’ont malheureusement jamais été abordées par les professeurs. Elles devinrent pour moi un magnifique support d’évasion. J’ai beaucoup fantasmé sur ces peuples qui bâtissaient des temples immenses au cœur d’une forêt luxuriante. Je me souviens avoir été très séduite par l’esthétisme de l’art précolombien : motifs arrondis, formes harmonieuses, omniprésence de la pierre…

Tlaloc est le dieu aztèque de l’eau et de la pluie. Un dieu central, donc, pour ce peuple qui craignait la sécheresse autant que les cyclones. Les Aztèques ont souvent commis des sacrifices humains (il s’agissait généralement d’enfants) pour contenter Tlaloc. Les formes pyramidales que vous voyez sur la coiffe de Tlaloc évoquent les montagnes où ce dernier conserve l’eau. Il s’agit ici d’une céramique à anses du XIV ou XVe siècle.

*

Fleurs de papier

L’ombrelle japonaise (wagasa) est un parapluie traditionnel confectionné avec du papier japonais (le washi) et du bambou. Il est verni à l’huile et au tanin de kaki, pour l’imperméabiliser.

OLYMPUS DIGITAL CAMERA

En arrivant au Japon, l’ombrelle a remplacé le chapeau de paille et le manteau. D’abord très onéreuse, elle est devenue plus accessible à la période Edo. Malheureusement, au cours de l’ère Meiji, les Japonais découvrent le parapluie occidental (résistant et bon marché) et abandonnent progressivement le wagasa.

Toutefois, le wagasa est encore très utilisé : cérémonies, festivals, manifestations artistiques. Quel objet splendide !

87afadc6355ca177ec67191f8bda901a (500x333)  blog_3532_2vs3ugvyxnqkntugtyjc8b4

*

Averse d’été

Si je vois plutôt d’un mauvais œil l’arrivée sur les étalages de la pastèque sans pépins ou du kiwi sans poils, ces absurdités ne me posent pas le moindre problème quand ce sont les artistes qui leur donnent vie. J’aime beaucoup cette œuvre « pop », rigolote, sans prétention, de Sarah Illenberger. Peut-être parce que c’est exactement comme ça que je vois la pluie : un événement joyeux qui ravigote !

Sarah Illenberger

*

Manteaux de pluie

La beauté se niche souvent dans les objets bien pensés. Voici deux réalisations artisanales venues d’Asie, très abouties.

pluie 02 (330x450)   pluie (316x450)

Le premier « manteau » provient du Népal : les habitants de la vallée se protégeaient des averses de la mousson grâce à cette fabrication en feuilles de bauhinia vahlia et en treillis de bambou. La deuxième réalisation provient du Vietnam : les montagnards se préservaient de la pluie grâce à ce capuchon en rotin et bambou, dont raffolent maintenant les collectionneurs d’objets ethniques !

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

w

Connexion à %s