Musée imaginaire ~ Introduction

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(André Malraux en plein papillonnage esthétique)

En 1947, André Malraux publie sa première version du Musée imaginaire. L’idée de son essai : avec la photographie et l’édition, les œuvres d’art sont désormais à la portée de tous. Plus besoin de courir au Louvre ou de traverser les frontières, la reproduction (imprimerie) des photographies des chefs d’œuvre ouvre les portes d’un nouveau musée infini, virtuel celui-là : le musée imaginaire.

Quelques décennies plus tard, le phénomène du musée imaginaire a pris une ampleur démentielle avec internet. Car évidemment, on retrouve absolument tout sur la toile : sculptures de Rodin, jardins andalous, trouvailles archéologiques amérindiennes, églises romanes, tableaux de la Renaissance, masques africains, estampes japonaises, et ainsi de suite.

J’imagine d’ailleurs que c’est de ça (d’internet, donc) dont parle Umberto Eco dans Le Musée, demain, publié aux éditions Casimiro en avril 2015. Bon, j’évite de trop m’avancer car je ne l’ai même pas feuilleté (ça ne saurait tarder)…

« musée imaginaire », donc. Une bien belle expression, pour parler de ce musée global et ultra-accessible, né au XXe siècle.

Expression qui a souvent été reprise et par là même galvaudée, par les amoureux de beauté, pour évoquer le petit panthéon personnel des œuvres préférées de chacun… Exemple : en 2010, l’historien Paul Veyne, amoureux de la peinture italienne, met carrément les pieds dans le plat en publiant un livre intitulé Mon Musée imaginaire.

Et bien à mon humble niveau, c’est décidé, je vais la galvauder également pour parler ici de ce que j’aime. Car certes, l’expression de Malraux n’avait, à la base, aucun rapport avec le petit souci égocentrique de parler de ses références personnelles en la matière ; mais qu’on le veuille ou non, c’est bien parce que les œuvres d’art sont sorties des musées grâce à l’édition et maintenant à internet, qu’on peut aujourd’hui, tous autant que nous sommes, citer chaleureusement 10, 50 ou 200 œuvres chères à nos cœurs, voire constitutives de nos existences.

Au boulot !

Alors, quelles étiquettes, quels jolis petits noms, donner aux différents tiroirs de mon musée imaginaire ? N’ayant absolument aucune compétence en matière d’histoire de l’art, je vais y aller au feeling, en me fiant aux thèmes qui me sont chers.

Premier tiroir : Âmes sœurs. Ce sera mon prochain post 🙂

Et parmi les suivants, on trouvera probablement, entre autres : Petites gens, Fantaisie, Lumière, Jaune et or, Solitude chérie ou encore Wabi sabi.

*

En passant, voici 3 liens sur la question :

  • De l’art, en veux-tu en voilà, sur les sites internet des musées bien sûr, mais aussi sur Pinterest, le réseau social de ceux qui ont besoin de leur dose quotidienne d’émerveillement pour ne pas péter un plomb : ici.
  • Un article de Umberto Eco sur l’internationalisation et la démocratisation du goût : ici.
  • Une touchante interview de Paul Veyne sur sa vie : ici.
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4 réflexions sur “Musée imaginaire ~ Introduction

  1. De Gaulle à propos de Malraux:
    « La présence à mes côtés de cet ami génial, fervent des hautes destinées, me donne l’impression que, par là, je suis couvert du terre-à-terre. L’idée que se fait de moi cet incomparable témoin contribue à m’affermir. Je sais que, dans le débat, quand le sujet est grave, son fulgurant jugement m’aidera à dissiper les ombres. »

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