Merveilleuses petites bêtes

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(harmas de Jean-Henri Fabre)

J’ai découvert l’entomologiste Jean-Henri Fabre il y a quelques années, en Provence. C’est effectivement là-bas que se trouve le fameux harmas de Jean-Henri Fabre, un musée joliment organisé au sein même d’une des maisons (absolument ravissante !) dans lesquelles il a vécu et passionnément travaillé.

Un entomologiste est tout simplement un spécialiste des insectes. En ce moment, je replonge avec plaisir dans l’univers enchanté de Fabre grâce au bouquin Où les papillons passent-ils l’hiver ? C’est un livre génial, pédagogique et très riche ! La fiche du bouquin est ici.

Ci-dessous, la beauté attendrissante d’un papillon poilu :

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La plus grande œuvre de Fabre : ses Souvenirs entomologistes (des milliers de pages), intelligemment édités en 2 tomes aux éditions Bouquins sur un papier très fin. Paradoxalement, ce n’est pas en France que Fabre est encensé, mais au Japon, où ses textes sont étudiés à l’école primaire 🙂 Effectivement, le monde des insectes suscite un intérêt tout particulier sur l’archipel nippon. Là-bas, Fabre est considéré comme un véritable modèle, une figure accomplie, cumulant les talents du scientifique et du poète, du littéraire.

Fées des rivières et des étangs :

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Ci-dessous, un extrait de Souvenirs entomologistes qui résume bien l’amour de Fabre pour la nature, avec, en filigrane, son profil d’autodidacte :

Et puis, mes chers insectes, si vous ne pouvez convaincre ces braves gens parce que vous n’avez pas le poids de l’ennuyeux, je leur dirai à mon tour : «Vous éventrez la bête et moi je l’étudie vivante ; vous en faites un objet d’horreur et de pitié, et moi je la fais aimer ; vous travaillez dans un atelier de torture et de dépècement, j’observe sous le ciel bleu, au chant des cigales ; vous soumettez aux réactifs la cellule et le protoplasme, j’étudie l’instinct dans ses manifestations les plus élevées ; vous scrutez la mort, je scrute la vie ».

 

La grâce de la mante religieuse, photo de Poinsignon :

mante

 

En 1913, le président de la République Raymond Poincaré lui rendait ainsi hommage :

Ce n’est pas seulement par la patience de vos recherches et la consciencieuse exactitude de vos observations que vous avez donné à l’entomologie et à la science en général une gloire nouvelle. Vous avez mis dans les êtres les plus humbles une attention si passionnée, une pénétration si ardente, un enthousiasme si bienveillant et si compréhensible, que, dans les plus petites choses, vous avez fait voir de très grandes, et qu’à chaque pas de votre œuvre, nous éprouvons la sensation de nous pencher sur l’Infini.

 

La magie du mimétisme, photo de Henry Koh :

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J’en profite pour poster les jolies paroles de La Chasse aux papillons, une chanson coquine et bucolique de Brassens :

Un bon petit diable à la fleur de l’âge,
La jambe légère et l’œil polisson,
Et la bouche pleine de joyeux ramages,
Allait à la chasse aux papillons.

Comme il atteignait l’orée du village,
Filant sa quenouille, il vit Cendrillon,
Il lui dit : « Bonjour, que Dieu te ménage,
J’ t’emmène à la chasse aux papillons. »

Cendrillon ravi’ de quitter sa cage,
Met sa robe neuve et ses botillons ;
Et bras d’ssus bras d’ssous vers les frais bocages
Ils vont à la chasse aux papillons.

Il ne savait pas que sous les ombrages,
Se cachait l’amour et son aiguillon,
Et qu’il transperçait les cœurs de leur âge,
Les cœurs des chasseurs de papillons.

Quand il se fit tendre, ell’ lui dit : « J’ présage
Qu’ c’est pas dans les plis de mon cotillon,
Ni dans l’échancrure de mon corsage,
Qu’on va à la chasse aux papillons. »

Sur sa bouche en feu qui criait : « Sois sage ! »
Il posa sa bouche en guis’ de bâillon,
Et c’fut l’plus charmant des remu’-ménage
Qu’on ait vu d’ mémoir’ de papillon

Un volcan dans l’âme, i’ r’vinr’nt au village,
En se promettant d’aller des millions,
Des milliards de fois, et mêm’ davantage,
Ensemble à la chasse aux papillons.

Mais tant qu’ils s’aim’ront, tant que les nuages,
Porteurs de chagrins, les épargneront,
Il f’ra bon voler dans les frais bocages,
Ils f’ront pas la chasse aux papillons.

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