Bientôt un nouveau nid… (3)

corentin chevanne (340x500)

(maison perchée, magnifique dessin de Corentin Chevanne)

J’ai terminé ma lecture de Vivre heureux dans un petit espace. Ce livre m’a beaucoup aidée à intégrer l’idée de vivre dans un logement aux dimensions franchement réduites. Je n’irais pas jusqu’à dire que je suis prête à investir dans un 15 m² avec les WC sur le palier, mais sincèrement, je crois que je suis armée jusqu’aux dents pour que tout se passe très bien 🙂

Quelques pistes de réflexion parmi d’autres : les plaisirs du futon ; payer un loyer modéré pour pouvoir se faire franchement plaisir dans d’autres domaines (voyages, apprentissages…) ; transformer son lieu de vie en nid chaleureux ; optimiser l’espace grâce à 1001 combines pour gagner de la place ; faire le tri pour ne garder que le meilleur…

Et bien sûr, c’est un bouquin totalement imprégné, comme tous les ouvrages de Dominique Loreau, de culture japonaise ! Dans les extraits suivants, elle parle du cinéaste Ozu, du tsubo niwa (« jardin de poche »), du zen et évidemment, de la fameuse tokonoma :

Si vous voulez apporter de la clarté à un petit appartement et le rendre visuellement plus spacieux, le choix des couleurs et des matériaux est essentiel. Choisissez des teintes claires. Cela peut transformer les volumes. De jolis tons coton, lin, ficelle, offrent plus de chaleur qu’un simple blanc. La couleur la plus chaude et la plus reposante – qui, de plus, donne une couleur dorée à la pièce lorsqu’il fait soleil – est le jaune-beige pâle. Une petite touche de jaune dans le blanc ou le beige d’une peinture ou d’un papier rend immédiatement l’ambiance d’une pièce plus douce, dorée et chaleureuse.

Les spécialistes du cinéaste Ozu racontent comment celui-ci passait des journées à parcourir les antiquaires pour trouver la tasse parfaite pour tel ou tel gros plan. Ils expliquent que pour lui, le choix des objets faisait tout autant partie d’un bon casting que celui des acteurs.

Les maisons traditionnelles de Kyoto possèdent toutes, à l’arrière de leurs pièces, un minuscule jardin appelé tsubo niwa. Tout y a été choisi avec le soin le plus extrême. De plus, la beauté de ces jardins réside avant tout dans leur apparence rustique, hors du temps.

Rappelons-le, le zen, c’est une vie faite de peu de moyens et d’une grande extravagance. Ses adeptes cherchent la perfection dans la mesure, la retenue, la modestie et la modération pour accéder à un monde de beauté et d’harmonie dépouillé mais stimulant pour la pensée. Ce type de structure ne renvoie pas à la sévérité d’une pratique mais à un style de vie fait pour toujours laisser place au devenir et au changement.

Les Japonais, même dans une pièce minuscule, ont souvent un espace en profondeur vide nommé tokonoma et destiné à créer, visuellement, un relief dans l’espace. On y expose généralement une peinture et une composition florale. Cet espace peut sembler être pure perte de place lorsqu’on ne dispose que de quelques mètres carrés pour vivre mais il est en réalité tout le contraire : le vide qu’il offre permet à l’esprit de se reposer et d’être tout à ses pensées. Il procure au regard un endroit où se poser et se reposer ; il crée un vide invitant au repos de l’œil et une fenêtre ouvrant symboliquement sur le vide intérieur, un néant infini dans lequel l’univers entier est contenu. La tokonoma peut apporter un calme profond et une force prégnante.

Ci-dessous, le nid du tisserin de Baya, Asie du Sud :

baya (333x500)

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