Les murmures de la maison

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En termes de poésie, ma préférence va souvent aux évocations sobres. Il y a quelques jours, j’ai ainsi découvert un ravissant poème de Maurice Carême (1899-1978) intitulé La Cuisine.

Le sujet : un matin dans la cuisine de son enfance.

Tout me plaît dans ce texte : la communication entre la maison et l’extérieur (ce qu’on voit par la fenêtre, ce qu’on a rapporté du potager…), la symbolique mère-maison, les objets du quotidien, le champ lexical de la perception auditive…

Et puis aussi, il y a toutes ces personnifications (chaises silencieuses, table endormie, printemps qui joue), qui saupoudrent le texte de magie. Attribuer une âme aux plus petites choses, c’est ré-enchanter le monde.

*

La cuisine est si calme
En ce matin d’avril
Qu’un reste de grésil
Rend plus dominical

Le printemps, accoudé
Aux vitres, rit de voir
Son reflet dans l’armoire
Soigneusement cirée.

Les chaises se sont tues.
La table se rendort
Sous le poids des laitues
Encor lourdes d’aurore

Et à peine entend-on,
Horloge familière,
L’humble cœur de ma mère
Qui bat dans la maison…

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