Ma, che bello !

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(Paysage d’Écosse, Gustave Doré)

Gustave Doré écrivait un jour à une amie anglaise, à la suite d’un de ses voyages en Écosse : « Je suis revenu impressionné de ce beau pays si agreste et romanesque… »

J’habite trop loin de Lens pour aller voir l’exposition Romantisme, mélancolie des pierres (quel joli sujet) ! Mais j’ai eu l’occasion de feuilleter le catalogue de l’exposition au rayon beaux-arts de la librairie Gibert Jeune, place Saint-Michel. De très jolis tableaux, et en particulier, j’ai eu un coup de cœur pour le Paysage d’Écosse de Gustave Doré. Difficile, effectivement, de rester de marbre devant une vision si poétique et touchante des ruines du château fort de Duntulm ! Ruines et paysage spectaculaires, lumière d’orage, nuée d’oiseaux noirs, et si je ne dis pas de bêtise, en lieu et place d’une petite tache rouge, probablement une silhouette féminine (je n’ai malheureusement pu trouver aucune représentation plus grande du tableau pour vérifier).

Certes, le catalogue de l’exposition tient à préciser que Gustave Doré était plus doué pour le dessin et la gravure que pour la peinture à l’huile. Mais franchement, je trouve ce tableau très réussi, pour ne pas dire bouleversant ! J’ai donc voulu creuser la question et je suis ainsi arrivée sur le site officiel du Musée d’Orsay, où l’on peut lire (dans un long texte rédigé à l’occasion de l’exposition Gustave Doré, l’imagination au pouvoir, de 2014) :

A mesure que passent les années, Doré tend à réduire la présence humaine dans ses compositions, jusqu’à l’évacuer. Rien dans la nature ne semble échapper à cet œil curieux, à cette main toujours prête à saisir un ciel sombre, un torrent tumultueux, la lumière suivant l’orage, affectionnant par ailleurs des vues nocturnes ou crépusculaires. Lyriques, ces visions d’une spectacularité rêveuse et contemplative demeurent pour certaines parmi les plus étonnantes représentations de paysages du milieu du siècle. Leurs constructions harmoniques ne sont pas sans évoquer celles d’un Caspar David Friedrich, que Doré rejoint dans une certaine religiosité face au spectacle de la nature.

Et bien je suis d’accord 🙂 Enfin, à un détail près : je ne suis en général pas folle des tableaux de Friedrich… Disons qu’ils sont à mon goût un peu too much (en « spectacularité », pour reprendre le terme du Musée d’Orsay), au contraire de ce joli tableau de Gustave Doré.

 

J’ai lu que l’exposition Romantisme, mélancolie des pierres présentait également un « tiroir de pierres » de la collection minéralogique de Goethe. Celui-ci avait effectivement une passion pour le minéral. D’où le nom donné à la goethite, un minéral qu’on trouve dans toute collection qui se respecte (je ne peux que vous renvoyer avec enthousiasme à la galerie de Minéralogie du Jardin des Plantes, dont j’ai déjà parlé ici en décembre, et qui est absolument FA-BU-LEUSE !). Voici la goethite (ce sont les parties en noir) :

 

L’exposition Romantisme, mélancolie des pierres de Lens est ouverte jusqu’au 17 avril. Quant au tableau de Gustave Doré, il est habituellement exposé au Musée du Monastère royal de Brou.

Demain, je prends 5 minutes pour vous parler de Aïvazovski et de ses marines affolantes !

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