Animaux : vers un nouveau pacte

MOGUEROU-08

(une fée de Pascal Moguérou en très bonne compagnie)

J’ai assisté hier à la conférence Vers un nouveau pacte à la Cité des Sciences et de l’Industrie. Il s’agissait de la toute dernière conférence du cycle Révolutions animales. Deux intervenantes : Florence Burgat (philosophe et directrice de recherche à l’INRA : Institut national de recherche agronomique) et Estiva Reus (maître de conférences à l’université de Bretagne occidentale).

C’était véritablement une des conférences les plus audacieuses de tout le cycle, surtout pour ce qui concerne l’intervention de Estiva Reus : ses théories (empruntées à plusieurs intellectuels) peuvent effectivement paraître de prime abord assez utopistes. Elles ont cependant le mérite d’interroger la vision anthropocentrique, cynique et brutale que nous avons du monde dans lequel nous vivons.

  • Constat 1 : un pacte à proprement parler avec les animaux est évidemment impossible car nous ne parlons pas le même langage qu’eux, mais le véritable obstacle à ce pacte est tout simplement le refus de l’homme de pactiser : sa disposition belliqueuse, son refus de renoncer à contraindre l’animal et à délaisser une partie de ses prérogatives.
  • Constat 2 : la puissance scientifique et technique de notre époque moderne ne fait qu’amplifier l’exploitation et la souffrance des animaux : elle est de plus en plus diversifiée et de plus en plus étendue.
  • Jocelyne Porcher, sociologue et directrice de recherche à l’Inra (Institut national de recherche agronomique) a écrit un bouquin qui paraît assez passionnant : Vivre avec les animaux, une utopie pour le XXIe siècle. A la fois très soucieuse du bien-être des animaux et très attachée à l’élevage quand il est de qualité, elle dénonce l’élevage industriel apparu au XIXe siècle (source de tant de souffrances) et prône le petit élevage paysan (activité millénaire). Un lien très intéressant sur son bouquin : ici. L’idée : remédier à la tyrannie, mais pas à la vie commune avec les animaux (élevage, animaux domestiques), ni à la consommation de viande.
  • Pour les intellectuels Donaldson et Kymlicka, les animaux doivent devenir des membres à part égale de la société : il faut adapter la citoyenneté aux animaux en étendant les 3 « P » aux animaux : les Protéger / Pourvoir à la satisfaction de leurs besoins / Les faire Participer (les considérer comme acteurs et bénéficiaires du bien commun). Mais aussi, en faire des êtres libres (droit de jouir d’autonomie, de choix, d’opportunités dans la conduite de leur propre existence). Pour ce qui est de permettre et de favoriser l’agentivité animale : les animaux ont des personnalités différentes et il s’agit donc de créer les conditions pour qu’ils puissent devenir acteurs de leur vie : respecter leurs initiatives, leur donner le droit de choisir entre plusieurs options, leur donner le droit de refuser des activités ou relations aversives.
  • Définition d’une citoyenneté animale, pour une société mixte (humanimales) : droit à la socialisation/l’éducation : permettre aux animaux de s’adapter au mieux à l’environnement dans lequel ils vont vivre, de se familiariser avec les individus et éléments de leur environnement. Droit à la sécurité : protection contre les agressions et les calamités naturelles, par exemple. Droit à la santé. Droit d’être représentés par les humains sur le plan politique, dans les institutions politiques ET dans les services publics (police, urbanisme, aménagement routier, services d’urgence). Mais aussi : faire participer les animaux à la coopération sociale et les faire contribuer au bien de leurs concitoyens, par l’intermédiaire de tout un tas d’activités que l’on connaît déjà : tondre les parcs et les prairies pour les herbivores, débroussaillage pour les chèvres, gardiennage pour les oies, protection des moutons (pour les ânes, lamas, chiens), pistage et recherche de personnes ensevelies (pour les chiens), travail social/éducatif/auprès d’enfants/personnes âgés (pour toutes les espèces).
  • Alors, concrètement, ça donne quoi ? Et bien par exemple, la police des animaux en Norvège, qui a été mise en place au printemps 2015. Voici plusieurs articles qui ont été publiés en France à ce sujet : par Le Figaro (ici), Sciences et Avenir (ici), ou encore Francetvinfo (ici).

New Jersey Daily Life

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