Le Droit de l’animal dans l’enseignement supérieur

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(photo de Rowanseamus sur Flickr)

Dans le cadre du cycle Révolutions animales à la Cité des Sciences et de l’Industrie, la conférence du samedi 16 janvier portait sur la question animale dans l’enseignement. J’ai posté hier un article sur la première intervention (celle de Dominique Droz), qui a développé la question de l’animal dans l’éducation des enfants.

Mon post du jour sera donc consacré à l’exposé du deuxième intervenant : Jean-Marc Neumann, juriste, chargé d’enseignement en Droit de l’animal à l’Université de Strasbourg et secrétaire général de l’EuroGroup for Animal Law Studies (EGALS). Le sujet de son exposé : le Droit de l’animal dans l’enseignement supérieur.

Voilà ce que j’ai retenu de son intervention :

  • En France, on ne s’intéresse au Droit de l’animal dans l’enseignement supérieur que depuis 2015 ! On est donc en retard par rapport aux autres pays européens. On y revient un peu plus bas…
  • Les États-Unis sont la terre de naissance du Droit de l’animal, dans les années 70, grâce au bouquin du philosophe australien Peter Singer : La Libération animale. C’est en 1978 qu’est donné le premier cours consacré à ce sujet, aux Etats-Unis, à la demande d’une juriste, pour faire progresser la cause animale. Pour plus d’informations sur Peter Singer et son bouquin : ici.
  • Dans le monde, on est passé de 2 cours sur le Droit de l’animal en 2000, à 150 cours en 2015 ! Il s’agit donc d’une progression tout à fait fulgurante. Cette expansion extraordinaire est très encourageante ! Exemples de quelques pays qui donnent des cours en Droit de l’animal : l’Espagne depuis 2011, la Suisse depuis 2012, l’Angleterre, la Finlande, mais aussi plus curieusement la Pologne, le Brésil, l’Afghanistan… Car c’est parfois dans les pays où le manque de réglementation pour la protection de l’animal est le plus cruel que certains individus, choqués, désemparés, réagissent en faisant instaurer un enseignement sur la question.
  • L’EuroGroup for Animal Law Studies (EGALS) (dont le secrétaire général est justement l’intervenant Jean-Marc Neumann) est créé en 2013, pour promouvoir le développement du Droit de l’animal dans les universités. EGALS a effectivement pour objet « d’accroître l’intérêt de la communauté juridique européenne pour le Droit de l’animal et d’encourager ainsi l’enseignement du Droit de l’animal dans les universités européennes et le développement de la recherche dans ce domaine ».
  • Voici comment EGALS se présente sur le web : « La création de l’EuroGroup for Animal Law Studies est un acte novateur et ambitieux devant permettre de renforcer l’impact académique et l’efficience des membres fondateurs dans leur projet de développement du Droit Animal en tant que matière nouvelle enseignée en Europe en combinant leur expertise, leurs compétences et leur connaissance dans le domaine de l’enseignement et de la recherche en Droit Animal. Cela permettra aussi à la communauté juridique européenne de partager connaissance et pratique ainsi que de se constituer en réseau. »
  • Deux étapes importantes pour la France en 2015 : premièrement, la sensibilité animale entre enfin dans le Code civil (un résumé en 20 lignes par la fondation 30 Millions d’amis : ici), et deuxièmement, on voit apparaître le premier cours en Droit de l’animal (à l’université de Strasbourg) ainsi que la création du diplôme universitaire en Droit équin (pour les chevaux) (à l’université de Limoges).
  • Les forces de l’ordre, policiers, gendarmes, ne connaissent pas les textes, il faut les former, ils ont un grand rôle à jouer pour prendre la souffrance animale au sérieux, et c’est également le cas des magistrats, des avocats.
  • Se spécialiser dans le Droit animal ne rapporte pas d’argent. Le seul moteur qui vaille est la conviction, la sensibilité à la cause animale.
  • La conclusion optimiste et assurée de Jean-Marc Neumann : l’enseignement du Droit de l’animal va évidemment contribuer à une meilleure application de la réglementation ET à une amélioration de cette même réglementation.
  • Note : l’intervenant souligne, en écho à l’intervention de la psychologue Dominique Droz, que l’éducation doit être la base d’un développement de la protection animale : l’éducation est la base, et la législation fait le reste. Mais c’est parfois dans la famille qu’on apprend la violence sur les animaux, d’où l’importance de l’école…
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