Boudoir exquis

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L’expo s’intitule : Intérieur coréen, oeuvres de In-Sook Son. Elle est organisée par le Musée national des arts asiatiques Guimet, mais se situe à 50 mètres de là, au 19 de l’avenue d’Iéna, c’est-à-dire dans les Galeries du Panthéon bouddhique. Il faut dire que ces jolies galeries constituent un écrin parfait pour cette exposition aux couleurs lumineuses, dont la scénographie est par ailleurs ultra-séduisante. Au programme : suavité, délicatesse, chatoiement, enchantement…

Qui est In-Sook Son ? Une artiste coréenne contemporaine, héritière d’une longue lignée de brodeuses. Elle a appris à broder dès son plus jeune âge. Son travail est un hommage à sa mère, à sa grand-mère et à toutes les autres. Il s’agit toujours de soie (et parfois de fils d’or). L’élevage des vers à soie, le tissage et la broderie étaient de grandes traditions coréennes, typiquement féminines. Mais In-Sook Son refuse l’étiquette de l’artisanat et revendique ainsi un art à proprement parler (quand on voit ce qu’elle fait, on se dit qu’elle a bien raison). Elle refuse d’ailleurs l’appellation de Trésor national vivant, résolument occupée à dépasser le cadre de la tradition.

Elle se consacre à deux domaines en particulier :

  • la confection de costumes coréens traditionnels : le hanbok.
  • la broderie sur mobilier (meubles dont la marqueterie est entièrement réalisée en broderies cloisonnées au niveau des parties ajourées)

Dans les deux cas, on ne peut que constater la créativité, l’audace et la technique maîtrisée de l’artiste !

Ce que je trouve intéressant et très émouvant dans le travail de In-Sook Son : sa revendication de l’ultra-féminité coréenne et son travail évident de mémoire, de solidarité féminine. En reconstituant à l’infini la garde-robe coréenne et les meubles dans lesquels conserver ces vêtements, l’artiste tisse un lien sacré avec toutes les femmes de sa lignée. Concept saisissant. Elle choisit également de personnaliser chaque création, en l’adaptant à la morphologie, au teint et à la personnalité de la principale concernée (« Chaque femme doit porter son hanbok avec une couleur, un tissage et une broderie différente ») : on quitte donc le carcan de la tradition, et tout cela ressemble finalement beaucoup à un manifeste du désir et de la joie !

Le hanbok (dont j’avais entr’aperçu la magnificence sans savoir ce que c’était, il y a 10 ans, dans le film Ivre de femmes et de peinture) est le costume traditionnel coréen. Impossible de résumer la chose en 10 lignes, je vous invite plutôt à découvrir cet univers avec quelques explications claires : ici. Wikipédia en parle également : ici.

Et pour vous affoler la rétine, voici quelques exemples de hanbok :

 

Ci-dessous, quelques photos (ce sont les miennes, j’ai fait ce que j’ai pu).

Je pourrais rédiger des tartines sur tout un tas de détails croustillants (l’importance du bijou de cheveux, les souliers rebiqués qui « serraient » les pieds des femmes pour que ces derniers ressemblent à des « graines de concombre », l’érotisme de la nuque et du pied, la poitrine féminine qui se devait d’être plate, la fonction de certains accessoires…), mais cela me prendrait trop de temps. Heureusement, on trouve tout sur internet en quelques clics !

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