Au pays du Matin calme

corée (2)

(jolie petite fille coréenne en tenue traditionnelle, le hanbok)

En 215-2016, à l’occasion des 130 ans de l’établissement des relations diplomatiques entre les deux pays, c’est l’année France-Corée ! Au programme, de nombreuses manifestations culturelles ont lieu un peu partout (musées, bibliothèques, Cinémathèque française dans le 75012, salons, théâtres…). Je savais que j’allais me régaler et pour le moment, je ne suis pas déçue !

Bon, à la base, mon ignorance sur le pays du Matin clair (ou Matin calme) est tout simplement effarante. Je n’aurais même pas su dire où se situait le pays exactement. Mon seul point de repère : le film Ivre de femmes et de peinture de Kwon-taek Im, que j’ai vu il y a 10 ans et qui m’avait enchantée esthétiquement parlant (beauté époustouflante des robes bigarrées qui transforment les femmes en fleurs de soie, beauté désarmante des maisons coréennes traditionnelles).

J’ai donc entamé ma découverte il y a 15 jours avec une conférence intitulée La longue marche des coréennes, délivrée à la Maison de la Chine (ils aiment aussi parler de leurs voisins) par une spécialiste de la Corée : Juliette Morillot.

Entre autres choses, cette conférence m’a appris :

  • que la Corée se résume plus ou moins aux invasions subies par la Chine et le Japon ; un proverbe dit d’ailleurs « quand les baleines se battent, les crevettes ont le dos rompu » (la péninsule coréenne se trouve exactement entre la Chine et l’archipel nippon)
  • que la Corée s’est, en l’occurrence, construite en opposition à ces deux pays puissants, et qu’elle est extrêmement différente de la Chine ou du Japon (autant que les Suédois sont différents des Espagnols ou des Portugais)
  • que la langue coréenne est plus proche du hongrois, du finlandais ou du turc (structure similaire) que du chinois
  • que les Coréens se distinguent physiquement de leurs voisins : peau plus blanche, pommettes hautes, pas de paupières, type mongoloïde et ils sont plus grands
  • qu’en Corée, le chamanisme est une culture vivante et non folklorisée (ce qui est rare en Asie) et que ce chamanisme viendrait de Sibérie
  • que la femme coréenne ressemble davantage à la mama italienne qu’à la soumise japonaise (ce sont des femmes fortes, de poigne) et que l’homme coréen est macho ; bref, les coréens ont un tempérament franchement méditerranéen !
  • qu’avant le 15e siècle, la femme coréenne est très moderne : elle a le droit de divorcer sans raison, d’être propriétaire, indépendante, de monter à cheval et de tirer à l’arc, c’est donc pour elle une liberté immense par rapport à la période qui va suivre : la période Choson (15e – 19e siècles)
  • qu’au 19e et 20e siècles, c’est pire encore que pendant la période Choson : après le confucianisme de la période Choson, voici venir le néo-confucianisme, plus dur, plus intransigeant : les femmes ne sortent plus le jour, et quand elles sortent, se couvrent (ce sont des femmes voilées). Elles restent à la maison et brodent, peignent, ont des lectures impérativement vertueuses. Mais du coup, c’est elles qui gèrent : les maisons, l’argent, les exploitations, qui tiennent donc les cordons de la bourse. Elles ne sortent que la nuit, après le couvre-feu, c’est-à-dire en même temps que les eunuques, les aveugles et les courtisanes. Elles disparaissent carrément du registre familial (et ne sont plus que « la femme de »).
  • Ce n’est qu’en 2008 qu’on abolit la loi qui réduisait la femme, dans l’arbre généalogique familial, à une génitrice, à être « la femme de » : elle peut donc de nouveau hériter, être propriétaire, divorcer…
  • Juliette nous a aussi évidemment parlé de ce qu’on a appelé les « femmes de réconfort » : ces coréennes kidnappées et prostituées de force pour l’armée et la marine japonaises durant la Seconde Guerre mondiale (les livres scolaires japonais seraient encore révisionnistes à ce sujet).
  • Le président actuel de la Corée du Sud est… une femme : Park Geun-hye !

Juliette Morillot a écrit plusieurs bouquins et j’ai très envie d’en lire un en particulier : Evadés de Corée du Nord.

Ci-dessous, une jolie illustration de la Corée, présentée comme un tigre, entre la Chine (au dessus) et le Japon (à droite, qu’on ne voit pas ici) :

corée

 

PS : quand j’aurai un peu de temps, je rédigerai quelques lignes sur les deux expos que j’ai vues aujourd’hui au musée Guimet : Tigres de papier, cinq siècles de peinture en Corée puis Intérieur coréen.

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