Peu importe le flacon ?

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Hier soir, j’ai assisté à la conférence Histoire de l’emballage en France (le résumé est ici), délivrée par Denis Woronoff qui a écrit un bouquin à ce sujet. C’était très intéressant ! Le Centre national des Arts et Métiers propose régulièrement des conférences gratuites et très appréciées, dans les domaines les plus variés. Les prochaines auxquelles j’assisterai : De l’animal à l’homme, existe-t-il réellement des frontières ? et ensuite, en février : Art et astronomie.

J’ai un rapport très ambigü à l’emballage : entre souci d’écologie et goût du design, mon coeur balance. J’ai bien l’impression que c’est aussi le cas de Denis Woronoff, qui a passé beaucoup plus de temps, le coquin, à partager son amour (carrément !) de l’emballage, du XVIIIe siècle à nos jours, plutôt qu’à dénoncer le manque d’avancées écologiques plus drastiques dans ce domaine.

Il me serait difficile de résumer ici tout ce que le conférencier a évoqué. En l’occurrence, il a ouvert mille fenêtres : l’économie portuaire à partir de 1700, l’évolution des transports, le souci de protéger et d’identifier les produits, l’arrivée du chemin de fer, l’emballage qui « remplace » le vendeur (puisqu’il attire et retient le client, comme le vendeur), la naissance des grands magasins et en premier lieu celle du Bon Marché en 1852, les flacons de parfum qui représentent parfois 60% du prix de la fabrication du produit, etc.

Mais Denis Woronoff est aussi un amoureux de la peinture et il a commenté plusieurs oeuvres ravissantes, sous l’éclairage très particulier de l’emballage, comme le tableau Nature morte aux gaufrettes de Lubin Baugin :

naturemorte

J’ai ainsi appris que ce type de bouteille était appelé une fiasque et qu’on emballait ainsi les fiasques au XVIIe siècle car les récipients en verre étaient encore très fragiles. La fiasque est ici bouchée par ce que l’on appelle une étoupe (c’est-à-dire un chiffon en lin ou en chanvre), comme c’était souvent le cas à l’époque. Quand on fait quelques recherches sur le web, on apprend aussi que la fiasque était paillée (clissage) soit à la florentine (bandes verticales, pour le vin exclusivement), soit à la siennoise (bandes horizontales) et qu’elle a suscité l’intérêt de nombreux peintres (natures mortes).

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Ci-dessous, quelques exemples d’emballages glanés sur le web, dont je trouve le design poétique, original, parfois merveilleux :

 

Pour finir, une bonne alternative au gaspillage tout en restant « design » : le furoshiki, un joli morceau de tissu qui, selon sa taille et la dextérité de l’utilisateur, permet de tout emballer (les cadeaux, le pique-nique, le repas du midi). Les Japonais sont décidément formidables…

 

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