Quintessence de la féminité

keishu takeuchi

(Beauté chassant les lucioles, Keishu Takeuchi, 1861-1942)

(A propos de l’oeuvre ci-dessus : cette bijin – jolie femme – chasse les lucioles – hotaru. Sous l’éventail qu’elle manipule, on devine d’ailleurs la faible lueur de la petite bête en question. J’imagine que c’est plus visible sur la version originale. Les Japonais ont toujours aimé les lucioles et une de leurs traditions consiste à aller les contempler quand arrivent les soirs d’été – hotary gari).

Il n’y a pas que des hommes qui ont écrit des haïkus au Japon. Voici quelques poèmes de la poétesse Chiyo-Ni (période d’Edo). Ses haïkus, publiés en français par les éditions Moundarren (le recueil s’intitule Bonzesse au jardin nu), sont littéralement imbibés de féminité. En voici quelques-uns…

*

pluie de printemps
toute chose
en devient plus belle

dormant seule
réveillée par le gel nocturne
pur ravissement

le liseron du soir
la peau d’une femme
au moment où elle se découvre

au parfum des fleurs
je ne montre que mon dos
changement de robe

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