Poésie chinoise et japonaise aux éditions Moundarren

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(peinture représentant une cigale et une mante religieuse, Qi Baishi, 1864-1957)

Le travail des éditions Moundarren, spécialisées dans la poésie chinoise et japonaise et dans les sagesses zen et tao, mérite vraiment d’être connu. Grâce aux éditions Moundarren, j’ai découvert les plus beaux poèmes qu’il m’ait été donné de lire !

La poésie asiatique nous emmène à mille lieues des « carcans » de la poésie occidentale (ponctuation à profusion ; rimes plates, croisées ou embrassées ; nombreuses figures de style). En l’occurrence, les poèmes chinois et japonais sont souples comme des brumes, légers comme des pétales. On n’est pas dans la performance technique mais dans la plus pure expression des sentiments humains, inspirés par la nature et les joies d’une vie simple…

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Voici un poème végétarien de Po Chu Yi (8e siècle), intitulé Un mois de jeûne au milieu de l’été (extrait du formidable recueil Dans la cuisine du poète) :

un mois de jeûne au milieu de l’été
durant trois fois dix jours je me suis abstenu de viande
je me sens le cœur et l’os allègres
dès que je me lève mon corps est agile et léger
je commence à comprendre pourquoi ceux qui s’abstiennent en plus de céréales,
en ont les quatre membres encore plus dispos et alertes
si au début on peut ainsi se libérer des maux et des maladies,
au bout d’un moment on doit sans doute devenir immortel
l’immortel Yu kou chevauchait le vent doux,
l’immortel Pin Rouge se promenait dans les nuées pourpres
j’ai toujours trouvé ces légendes ridicules,
mais aujourd’hui j’en comprends enfin le sens
mon âge a dépassé la moitié de cent
le souffle faible, l’esprit divisé,
à  mes deux tempes la soie blanche déjà pendille,
j’ai du mal à préserver mes trois champs de cinabre
il a suffi que je supprime les aliments alliacés et sanguins,
pour peu à peu renouer des liens avec la pureté et la quiétude
j’ai ôté mon bonnet d’officiel  pour me consacrer à cultiver ma santé,
et finir ainsi les années que le ciel m’a accordées

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Je vous propose également un court poème de Yuan Mei (18e siècle) (extrait du recueil qui lui est consacré : Yuan Mei, épicurien taoïste) :

je me suis installé à l’écart du monde de poussière
que je bouge ou que je me repose, je vis à ma guise
mes grues blanches à ma place accueillent les visiteurs
le vent printanier pour moi tourne les pages du livre

*

Les ouvrages publiés aux éditions Moundarren sont souvent conçus sur le modèle de la reliure chinoise (voir ci-dessous, à droite). De plus, ils proposent systématiquement le bilinguisme : d’un côté la calligraphie chinoise ou japonaise et sur la page d’en face, le poème traduit en français.

On peut commander les bouquins des éditions Moundarren sur leur site internet et en librairie. La librairie Junkudo, grande librairie japonaise et bilingue, située au cœur de Paris (18, rue des Pyramides, 75001), propose un bel éventail de leurs ouvrages.

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